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LDLC ASVEL parmi les grands d'Europe

Après trois ans d’absence, la Jeep® ÉLITE sera représentée en Euroleague à partir de la rentrée prochaine. LDLC ASVEL a obtenu une invitation pour les deux prochains opus. Une chance pour le basket français que salue Alain Béral.

CSKA Moscou, Real Madrid, Fenerbahçe, Olympiakos, Barcelone… ils seront tous là, et bien d’autres grands noms du basket continental, à partir de la rentrée prochaine sur le parquet de l’Astroballe. L’ASVEL, et avec elle le basket français, est de retour en Euroleague. Le club de Tony Parker a apporté les garanties nécessaires et va bénéficier d’une invitation pour les deux prochaines saisons dans la compétition reine. Le club rhodanien profite de l’élargissement de l’Euroleague de 16 à 18 clubs – le deuxième bénéficiaire est le Bayern Munich, déjà présent cette saison. 

« Amener un club français dans la meilleure ligue européenne, c’est une grande fierté, une vraie récompense », a réagi Tony Parker, mardi, après l’annonce officielle du board de l’Euroleague, réuni à Tel-Aviv. « Je suis vraiment très heureux pour la France et pour la Métropole de Lyon. » Le triple champion NBA a la fâcheuse tendance de réussir tout ce qu’il entreprend. Il l’a encore démontré en ramenant un club de Jeep® ÉLITE à la table des grands d’Europe, après trois années d’absence. 

La dernière apparition de l’ASVEL à ce niveau remonte à la saison 2009-10. Une autre époque. Car entre-temps, l’Euroleague a fait sa révolution en adoptant un format de type championnat, où chaque équipe se joue sur des matches aller-retour. En intégrant cette compétition de 34 matches, l’ASVEL devra négocier un calendrier tout simplement inédit dans l’histoire du basket hexagonal, et digne d’une équipe NBA, soit entre 75 et 85 matches. 


Amine Noua devrait découvrir l'Euroleague en 2019. Cinq joueurs français de l'ASVEL seront toujours sous contrat (Photo : Infinity Nine Media)


Une telle entreprise nécessitera un effectif à rallonge (15, 16 joueurs professionnels au lieu de 12 cette saison ?). Cependant, Tony Parker a déjà prévenu que l’ASVEL ne ferait pas de folie sur le plan financier et présenterait un budget autour des 10 millions d’euros lors des deux prochaines saisons – celui-ci est de 9,2 M€ cette année. « On va essayer d’être compétitif, bien sûr, mais ce n’est pas ma priorité pour être honnête », a-t-il révélé dans L’Équipe. De fait, l’ASVEL ne jouera pas dans la même cour que les mastodontes dont les budgets dépassent les 20, 30M€ voire 40M€ pour le CSKA Moscou. 

L’objectif de Tony Parker est ailleurs. Il s’agit de pérenniser la place de l’ASVEL en Euroleague en intégrant à moyen terme le groupe des « franchisés »*. Pour ce faire, la construction de la nouvelle aréna, toujours dans les cartons, est un prérequis indispensable. Cette salle de 10 000 places est censée voir le jour courant 2021, à deux pas de l’Astroballe, sur le site du Stade Georges Lyvet. Le permis de construire était espéré avant la fin de l’année, mais le dossier semble traîner, nous indique Alain Béral (voir plus bas) « Il faudra que l’Euroleague voie des grues », a glissé Gaëtan Muller dans L’Équipe. L’enjeu est capital pour espérer s’installer au plus haut niveau continental. 

 
*Les onze clubs suivants bénéficient d’une licence à long-terme : Anadolu Efes, Fenerbahçe (Turquie), CSKA Moscou (Russie), Milan (Italie), Barcelone, Vitoria, Real Madrid (Espagne), Olympiakos, Panathinaikos (Grèce), Zalgiris Kaunas (Lituanie), Maccabi Tel Aviv (Israël). Les autres clubs bénéficient d’un ticket annuel (Bayern Munich, Khimki Moscou, Buducnost Podgorica, Gran Canaria et Darussafaka en 2018-19).



Alain Béral : « Tous les autres clubs vont en bénéficier » 

Le président de la Ligue Nationale de Basket se réjouit du retour d’un club de Jeep® ÉLITE dans la compétition reine. 

L’ASVEL va retrouver l’Euroleague pour les deux prochaines saisons. Comment réagissez-vous à cette annonce ? Une bonne nouvelle pour l’ensemble du basket français ? 

« On est très content qu’il y ait un club français à ce niveau-là. Tous les autres clubs vont en bénéficier en France. L’ASVEL sera l’ambassadeur de notre championnat. Et des joueurs qui partaient dans des pays étrangers vont peut-être revenir ou rester pour jouer l’Euroleague. On a toujours dit que c’était nécessaire pour que le basket français monte un palier (…) Bien sûr, on aurait bien aimé que ce soit le champion qui soit qualifié, mais quand on a compris que l’Euroleague ne reviendrait pas sur son principe d’invitation, on a dit qu’on espérait qu’on aurait 2 équipes et que le deuxième serait le champion. À l’ASVEL de démontrer maintenant qu’on a le niveau. L’ASVEL a travaillé sur le sujet en amont en termes de gouvernance, de budget et de sportif. On l’a fait en bonne communication avec eux. On s’est tout dit et on a regardé ensemble avec Gaëtan et Tony tous les enjeux de l’Euroleague. 

Se pose la question du calendrier. Comment gérer une saison de potentiellement plus de 80 matches ? 

Pour jouer deux championnats à 18, plus les playoffs, il faudra plutôt avoir deux équipes, parce qu’il y aura parfois trois matches par semaine, et peut-être plus. Il faut aussi des moyens de se déplacer rapidement et un staff extra-sportif et médical très solide. L’ASVEL est prêt à cela aujourd’hui. 

Est-ce que l’ASVEL pourrait bénéficier d’aménagements de la part de la LNB ? 

On a toujours dit qu’on pourrait faire des aménagements de calendrier, à la marge, uniquement pour l’Euroleague. On ne le ferait pas pour l’EuroCup. Il est clair que le diffuseur va avoir des demandes. Il ne s’agit pas de fausser le championnat avec une équipe qui va jouer des matchs en retard 8 mois après. 

Tony Parker a indiqué que l’ASVEL attaquerait l’Euroleague avec un budget autour des 10M€. Vous saluez ce discours qui se veut prudent et réaliste ? 

Oui, parce qu’il faut expliquer simplement que si l’ASVEL était à -3, -4, -5, -10M€ en fin de saison comme la plupart des clubs d’Euroleague, le sort de l’ASVEL en championnat de France ce serait la Nationale 3 direct ! Chez nous c’est comme ça. C’est très agréable d’entendre cela parce que cela veut dire que Tony a bien les pieds dans ses bottes. Et en même temps, je pense qu’une équipe française avec 10M€ peut faire aussi bien que d’autres équipes avec 15 voire 20M€ de budget. Ils ne sont déjà pas loin de cette jauge de 10M€ avec d’autres clubs. La marche n’est pas tellement haute. Cette hiérarchie qu’on voulait, elle est là aujourd’hui et elle va se confirmer même si cela fait peur à certains, ce qui est dommage. La hiérarchie va dynamiser le championnat français. 

L'objectif prioritaire de Tony Parker est que la nouvelle aréna sorte de terre, avant de voir plus haut. Qu'en pensez-vous ?

Sans l’aréna, il n’y aura pas l’économie suffisante pour tenir. Il est très important que la nouvelle aréna se fasse vite. Je sais que des problèmes se posent en ce moment, c’est dommage, et que le projet de Strasbourg est largement plus avancé que celui de l’ASVEL, malheureusement pour l’ASVEL. Mais il faut que ça se fasse parce que l’économie d’une salle de 6 000 places n’est pas suffisante pour produire le budget et tenir sur les deux championnats. »