Sixième homme

DLSIxiemeHomme - J24 : David Michineau (Levallois) : « Tout ce que je veux, c’est gagner »

Dans leur courte victoire face à Pau, les Metropolitans ont pu compter sur l’énergie et l’efficacité de David Michineau en sortie de banc (17 points, 4 rebonds, 4 passes). Le numéro 0 traverse une excellente passe.

David Michineau (1,84 m, 24 ans) ne partage pas seulement son numéro 0 avec Russell Westbrook. Comme l’extraterrestre d’Oklahoma City en NBA, le meneur-arrière détonne par ses qualités athlétiques et sa capacité à avaler les espaces. Cette saison, il a ajouté à sa panoplie un tir longue distance plus fiable (24 sur 58 soit 41,3%). Mieux, David Michineau fait partie des meilleurs scoreurs français depuis le début de la phase retour. Comme si le joueur drafté par les Los Angeles Clippers en 2016 (39e position) arrivait doucement à maturité...



David, vous avez dû batailler jusqu’au bout pour arracher la victoire contre l’Élan Béarnais (68-66). Que retiens-tu de ce match ?
J’ai retenu que quand on reste ensemble qu’on se bat ensemble et qu’on ne relâche pas notre défense, on peut être vraiment bons sur 40 minutes. 


Vous avez été particulièrement maladroits, avec un faible 7 sur 35 à trois-points. C’est important de savoir gagner même sans adresse ?
Exactement. Dans un match, il y a des moments hauts et des moments bas. Des moments où on va ne pas être adroit et ne pas scorer. C’est à ce moment-là qu’il faut toujours garder l’intensité et continuer à se battre en défense. Cela a été un problème parfois sur certains matches. On ratait des paniers. On faisait des mauvaises attaques, et du coup on baissait les bras et on lâchait un peu en défense. Sur ce match, on est resté intense en défense. 


Vous avez bien défendu sur Mickey McConnell et C.J. Harris (12 points à 3/15 aux tirs pour le duo). Freddy Fauthoux avait insisté sur ce point ?
Oui, il nous avait dit que McConnell et Harris font le jeu à Pau, et que si on arrivait à les bloquer, c’était une grosse partie du travail de réalisée. Rasheed, Roko et moi, on avait une grosse mission sur ces gars-là. 


Contrairement à tes coéquipiers, tu as été adroit puisque tu as terminé à 17 points à 7/13 aux tirs. Tu es d’ailleurs dans une bonne période en attaque (13,5 points depuis 8 matches). Comment l’expliques-tu ?
Déjà, c’est dû au travail. Le travail paie à un moment ou à un autre. J’ai trouvé mes marques dans cette équipe. Je m’entends bien avec l’équipe, avec le coach. Levallois a une bonne organisation. Donc c’est un tout. Roko m’aide beaucoup parce le poste de meneur de jeu n’est pas facile. Tout commence à se mettre en place et ça se voit. Je me sens beaucoup mieux. 


As-tu ressenti l’arrivée de Maalik Wayns début février comme une concurrence supplémentaire ?
Cela n’a rien changé à mon temps de jeu donc je n’ai rien ressenti. Je suis resté dans mon rôle. Il nous a apporté un gros plus, mais personnellement cela ne m’a pas impacté. D’ailleurs, c’est la première fois qu’on en parle. 


Votre roster a été remodelé au moment de la Leaders Cup, avec le départ de Julian Wright, la blessure de Mouphtaou Yarou, les signatures de Will Daniels et Nathan Jawai. Comment as-tu vécu tous ces changements ?
C’était dur parce que c’était un moment où on avait besoin de gagner. Il y avait la Leaders Cup, la Coupe de France. On avait une très bonne équipe pour faire quelque chose. Cela s’est passé comme cela, il a fallu s’adapter. Au final, on s’est bien battu à la Leaders Cup. On a gagné un match en Coupe de France. Il ne fallait pas trop y penser et ne pas se trouver d’excuses et pleurer sur notre sort. On a montré du caractère. 


Cependant, vous avez perdu 5 matches sur 6 en Jeep® ÉLITE avant de recevoir Pau. La victoire était indispensable pour rester dans la course aux playoffs…
Ce n’était pas simple parce qu’on s’est retrouvé un peu comme en pré-saison, avec une nouvelle équipe, de nouveaux joueurs. Il a fallu un petit temps d’adaptation. On travaille dur pour trouver une bonne alchimie. Cela va de mieux, il faut confirmer. On va essayer d’aller choper ces playoffs. 


Revenons à ta distinction de DLSIxièmeHomme de la journée. On se souvient qu’il y a trois ans, tu étais le meneur titulaire du HTV. Derrière, avec Cholet, et aujourd’hui avec Levallois, tu as un rôle en sortie de banc. Est-ce que ce rôle te va bien ou tu aspires à plus que cela ?
Je prends ce qu’on me donne. Franchement, que je commence sur le banc ou dans le cinq, cela ne me prend pas spécialement la tête. Ce qui compte pour moi, c’est le temps que tu passes sur le terrain, et être là en fin de match pour faire gagner l’équipe. Après, j’aime bien ce rôle d’entrer en cours de match, d’amener de l’énergie, d’être un peu le « game changer ». Quel que soit ce que le coach veut, je serai là parce que tout ce que je veux, c’est gagner. 


Levallois est ton troisième club en trois ans. Tu t’es engagé pour deux ans. Est-ce que tu as trouvé la stabilité que tu recherchais ?
Exactement, après avoir fait trois clubs, j’avais besoin de stabilité pour progresser et m’épanouir. Je l’ai trouvée. J’ai fait le choix parfait. Même hors basket, c’est un super club, que ce soit le président, le GM, les salariés, tout le monde. 


On parlait des playoffs juste avant. Six équipes sont à la lutte pour deux places. Serait-ce un échec pour Levallois de ne pas se qualifier ?
Pour moi, oui. Cela n’a pas été facile pour nous avec tout ce qui s’est passé, mais je ne suis pas quelqu’un qui aime chercher des excuses. Je pense qu’on peut le faire et qu’on va le faire, parce qu’on a l’équipe pour pouvoir y aller.