Sixième homme

DLSIxiemeHomme - J15 : Jonathan Tabu (Le Mans)

Jonathan Tabu (1,89 m, 33 ans) a été l’un des détonateurs de la large victoire mancelle contre Fos-sur-Mer (108-84). L’international belge s’est confié à lnb.fr.


Jonathan, tu as réalisé de loin ton meilleur match de la saison, contre Fos-sur-Mer avec 28 points, 11 passes et 35 d’évaluation. après une période difficile individuellement, et notamment un dernier match à 0 points, cinq jours plus tôt à Chalon. Qu’est-ce qui t’a permis de te débrider sur ce match ?
Je pars toujours du principe qu’il faut toujours essayer de rebondir. En plus, c’était un match hyper important pour nous pour rester dans la course à la qualification pour la Leaders Cup. Cela passait aussi par un bon match de ma part. Contre Chalon par exemple, je n’avais réussi à avoir beaucoup de temps de jeu. Je suis rentré un peu par intermittence et je n’ai pas réussi à avoir de l’impact sur le match. J’avais vraiment à cœur d’aider l’équipe au mieux que je pouvais. Alors je me suis dit, il faut jouer, tout simplement.

Tu as tout de suite trouvé de bonnes sensations au début de ce match contre Fos ?
Ce qui nous avait fait défaut dans les matches précédents, c’est qu’on avait du mal à se partager le ballon tous ensemble. Là, on a eu aussi 32 passes décisives. Je pense que c’est la clé. C’est toujours plus facile pour n’importe quel joueur de rentrer dans le match en ayant des shoots ouverts, et des paniers faciles. Sur ce match, mes deux-trois premiers paniers sont sur des shoots faciles, ouverts. Cela permet de rentrer dans le match. Et tout s’est mis en place. La réussite passe par un travail d’équipe.

Tu n’es pas le joueur qui va forcer des actions individuelles. Tu dépends d’abord de la réussite collective ?
Ces 6 ou 7 dernières années, dans toutes mes équipes, ça a toujours été ma manière de jouer. Le coach me demandait de jouant en fonction du flow du match, de laisser venir le jeu à moi, d’autant plus à ma position de meneur où on doit créer pour les autres et prendre les shoots ouverts. C’est aussi pour cela que par moment cela a été un peu difficile pour moi (au MSB). J’essayais de laisser venir mais on avait du mal à se trouver et au final je forçais quelques shoots. 

 
Tu es passé par des bons clubs en Allemagne, en Italie et en Espagne. Est-ce que tu as beaucoup occupé ce rôle de 6e homme ou de joueur sortant du banc dans ta carrière ?
Je l’ai beaucoup tenu dans mes débuts à l’étranger, quand je suis arrivé en Italie et à mes débuts en Espagne. Et après, j’ai eu un rôle de titulaire. Mais pour moi, commencer les matches n’est pas super important. Le tour est d’avoir de l’impact sur le match, d’essayer l’équipe au mieux, que l’on commence dans le cinq ou sur le banc. Je suis capable de faire les deux.

Avant cette dernière sortie record, tu tournais à 6 points et 5 d’évaluation en moyenne en championnat. As-tu été frustré par tes stats et tes propres performances ?
Je ne suis pas quelqu’un qui regarde beaucoup mes stats. Mais à un moment donné quand on voit à la fin du match qu’on a joué 20 minutes, qu’on a mis un tir sur sept, voire aucun, on se demande ce qui se passe. Là effectivement on veut essayer de comprendre pourquoi. C’est sûr que c’était frustrant parce qu’on se dit qu’on vaut mieux que cela. Mais encore une fois il y a des choses qu’on ne peut contrôler. Il faut continuer à travailler, à croire en soi. Il ne faut pas se morfondre sur soi-même. Et à un moment donné, cela va se débloquer. 

 
Ce n’est que la deuxième fois de ta carrière que tu arrives dans une équipe en cours de saison (En 2014-15, il était passé de Berlin à Milan). Cela peut compliquer les choses ?
Bien sûr, parce qu’il faut s’intégrer à une nouvelle équipe, à une nouvelle manière de jouer, parce qu’en plus c’est un nouveau championnat pour moi. Je dois m’adapter à tout cela, très rapidement. Cela a joué un peu aussi. Il ne faut pas oublier qu’on a eu un mois difficile où on a rencontré tous les gros, ASVEL, Monaco, etc… des déplacements assez difficiles. Tout cela n’a pas été simple. Mais cela fait des années que je fais ce métier. C’était à moi de trouver la parade le plus rapidement possible.

Comment expliques-tu que le MSB, champion en titre, et bien armé a priori, peine à donner sa pleine mesure. Vous êtes à 8 victoires et 7 défaites, à la lutte pour une place à la Leaders Cup ?
On parlait tout à l’heure du fait que je sois arrivé en cours de saison. On a enlevé un joueur (Demetrius Conger) et je suis arrivé. Ensuite, Antoine s’est blessé. Juste avant qu’Antoine revienne, c’est Cam (Clark) qui se blesse. Il y a plein de facteurs qui font que Le Mans n’a pas montré son vrai visage. Il y a aussi le fait de jouer deux matches par semaine. Cela a joué un peu contre nous avec notre effectif réduit. Mais aujourd’hui on a récupéré tout le monde et je pense qu’on va progresser au fil des matches.

Tu sens que la trêve a fait du bien au MSB, notamment pour permettre aux blessés de revenir à leur meilleur niveau ?
Bien sûr parce qu’on avait quelques petits bobos. Cam est revenu juste avant la trêve. Tout cela va nous donner la chance de travailler tous ensemble et de pouvoir essayer de progresser semaine après semaine. Je pense qu’on a une très bonne équipe. Le tout est de comprendre ce qu’on doit faire sur le terrain et de jouer ensemble.

Il vous reste deux matches pour tenter de vous qualifier pour la Leaders Cup. Vous allez à Bourg ce week-end puis recevez Dijon. Votre objectif est de gagner les deux ?
Oui, clairement, parce qu’on ne peut commencer à calculer et jouer en fonction des résultats des autres. Non, on veut se concentrer sur nous et essayer de gagner les deux matches.