Actualité

Bathiste Tchouaffé : « Je passe mes journées à la salle, c’est parfait ! »

En mal de temps de jeu à Nanterre, Bathiste Tchouaffé (1,96 m, 20 ans) a rejoint Bourg-en-Bresse cet été. Le jeune ailier nous raconte son quotidien à la JL, qui se déplace à Dijon ce lundi (20h45, en direct sur RMC Sport 2).


Bathiste, tu as quitté Nanterre après deux saisons, un an avant la fin de ton contrat là-bas. Était-ce ta décision de partir ou y a-t-il eu une entente entre les deux parties ? 

"C’était plus de moi. Je suis compétiteur et je voulais avoir un rôle plus important que celui que j’avais. C’était essentiel d’évoluer, de jouer. J’ai eu ce discours auprès des dirigeants, ils ont écouté ce que j’avais à dire et on a essayé de trouver un terrain d’entente. Il n’y avait pas forcément de frustration mais un peu d’incompréhension. Je suis un basketteur avant tout, et un basketteur est le plus heureux quand il est sur le terrain. J’avais besoin de cela, clairement.

Est-ce que retires plus de positif que de négatif de ces deux années passées à Nanterre ? 

Honnêtement, il y a beaucoup, beaucoup de positif. Dès ma première saison et alors que je viens de signer mon contrat à 18 ans, on gagne une coupe d’Europe et la Coupe de France, avec des joueurs qui connaissaient vraiment le basket. Je prends l’exemple de Spencer Butterfield, Heiko Schaffartzik, Chris Warren, Mykal Riley. Je défendais sur eux à chaque entraînement et à chaque entraînement j’apprenais. Dans la deuxième saison, même si par moment cela a été « up and down », il y a eu aussi des joueurs comme Jamal Shuler, Heiko qui est resté, Hugo Invernizzi… J’ai appris de chaque joueur.

L’ambiance dans l’équipe 2017-18 n’était plus celle de la première année ? 

Forcément. Quand tu gagnes une coupe d’Europe et une Coupe de France, c’est beaucoup plus facile d’avoir une espèce d’alchimie dans un groupe. Quand on a gagné ces deux titres, pour nous on avait déjà fait un truc de malade et le reste n’était que du bonus. Or, la deuxième saison, on a juste gagné le Match des Champions. Et quand on connaît la philosophie du club, qui veut gagner des titres, c’est plus difficile.

Bourg, c’est un club que tu avais visité à l’été 2016 à ta sortie du Centre Fédéral et qui était dans la balance avec Nanterre et d’autres clubs. Tu as pu mesurer l’évolution de la JL depuis deux ans ? 

Oui, beaucoup. Je suis un passionné de basket. Quand j’étais petit, à l’époque du PB86, il y avait souvent des confrontations entre Poitiers et Bourg. Je me souviens de la salle qui était petite par rapport à Ekinox aujourd’hui. Cela ne s’était pas fait à ma sortie de l’INSEP parce qu’il y avait eu un changement de coach. Christophe Denis était parti. Et cela a fait changer ma décision (…) Je pense que le club sera un bon club en Jeep®ÉLITE dans les années à venir. C’est pour cela que ce projet-là me plaît. Ce club a envie de progresser. J’ai envie de progresser. Là-dessus, on s’est entendu directement.

Qu’est-ce qui t’a séduit dans ce club pour y signer un contrat de 3 ans ? 

C’est un club ambitieux et je suis un joueur ambitieux. Quand tu regardes les infrastructures, peu de club ont la chance d’avoir une salle d’entraînement avec plein d’outils de travail, une bonne salle de musculation. Moi qui suis jeune, j’ai 20 ans, la salle est ouverte presque 24h/24 et 7 jours/7. En plus j’habite à deux minutes de la salle à vélo. Je peux passer mes journées à la salle. C’est parfait. En plus ils ont recruté des coaches individuels. Il suffit juste d’appeler le coach et il est disponible tout le temps pour nous.

(Photo : JL Bourg)


À quoi ressemblent tes semaines à Bourg ? On peut imaginer que c’est différent de Nanterre où vous jouiez une Coupe d’Europe… 

Ce qui me manque, c’est la succession des matches. À Nanterre, si on perdait un match, on savait qu’on allait s’entraîner une fois ou deux et qu’on allait repartir une fois une deux. À Bourg, entre le match de samedi dernier (contre Châlons-Reims) jusqu’au lundi suivant (ce soir à Dijon), on fait toute une semaine d’entraînement sans match. Le côté positif, c’est qu’il y a vachement de temps pour travailler pour toi. C’est ce qui m’a donné envie d’aller à la JL, d’avoir un maximum de temps pour s’entraîner collectivement et individuellement, et progresser. Après, concernant la ville, je suis originaire de Poitiers, donc je ne suis pas vraiment dépaysé.

Sur quels points travailles-tu en particulier lors de tes séances individuelles ? 

J’essaie de tout travailler, mes appuis, mon dribble, mon jump-shoot, mon shoot à trois-points, mes sorties d’écran. Le club veut que je sois un joueur complet, polyvalent, que ce soit en attaque et en défense.

Jusque-là, tu joues 19 minutes par match. C’est presque deux fois plus qu’à Nanterre la saison dernière. En forçant le trait, à Bourg, tu ne sors plus à la moindre bêtise. Comment cela se traduit au niveau de ta confiance ? 

Ça fait du bien ! Il n’y a pas de meilleur sentiment que d’être sur le terrain. Que tu contribues à la victoire ou à la défaite, ce sont des sensations importantes. Le coach me donne beaucoup de confiance, des responsabilités. Fred Sarre, le général manager aussi. Il regarde les matches et me dit ce que je dois perfectionner sans jamais être oppressant. C’est vraiment quelqu’un de disponible.

Après cinq journées, tu tournes à 6 points à 35,5%, 2 rebonds, 2 passes, 7,4 d’éval en 19 minutes. On suppose que ton 3 sur 19 à trois-points ne te satisfait pas… 

Oui, c’est le plus frustrant. Je rate des shoots que je mets d’habitude. D’un autre côté ça me motive. Je travaille sur cela. J’espère que j’aurai une meilleure adresse dans les matches qui vont arriver. Et ce n’est pas pour autant que je vais m’alarmer. Non, si je rate, tant pis je mettrai le prochain. C’est comme cela que je pense. 

 
Votre bilan est de trois victoires et deux défaites avant de vous rendre à Dijon ce lundi. Vous avez vos gagné vos trois matches à la maison, pour deux larges défaites à Nanterre (-21) et à Limoges (-29). Il va falloir se mettre à défendre plus dur pour s’imposer à l’extérieur ? 

C’est sûr, mais, pour un début de championnat, se taper deux déplacements à Limoges et Nanterre, qui sont peut-être les deux salles les plus difficiles pour aller chercher une victoire à l’extérieur, ce n’est pas cadeau. On va à Dijon pour essayer de gagner notre première victoire à l’extérieur (la JDA est invaincue dans sa salle cette saison). Défensivement, on peut être encore plus durs et plus se soutenir. Mais on est une équipe assez offensive. On a eu 7 joueurs à plus de 10 points dans notre dernier match. Cela prouve qu’il y a un potentiel offensif. Mais si on arrive à défendre tous ensemble, on pourra être difficiles à jouer.

Tu découvres le vestiaire de la JL. Est-ce que Zack Peacock, le MVP en titre, est très clairement le leader ? 

Complètement. Il nous parle à chaque entraînement, dans le vestiaire avant, à la mi-temps et après les matches. Il a ce rôle de leader et c’est un bon leader parce qu’il montre l’exemple. C’est l’un des premiers à être à la salle. Moi qui suis jeune, quand je vois un Américain comme lui, cela me donne envie de me donner pour l’équipe." 




L’œil de son coach, Savo Vucevic

" Je veux en faire un joueur complet "

" C’est difficile pour un club comme Bourg d’avoir des jeunes joueurs français. Les meilleurs sont repérés tout de suite, ils sont en NBA, en Euroleague. C’est difficile également d’avoir de bons joueurs français de 25 ans, des internationaux. Donc il faut les former et grandir avec eux. Devenir un club exemple et en même temps être compétitif (…) Nous les Yougos, on aime bien les shooteurs, qui ont un shoot naturel. Mais il ne faut pas que Bathiste se concentre uniquement sur son shoot, parce qu’avec les shooteurs, c’est pile ou face. Il a un potentiel mas il y a beaucoup de travail, en défense surtout où il a beaucoup de lacunes, et aussi en attaque. Je veux en faire un joueur complet, polyvalent. Ce travail ne se fait pas en quelques semaines. C’est pour cela qu’on l’a signé trois ans. On travaille tous les jours avec lui. Il a un coach en individuel. Donc il a un potentiel mais il y a beaucoup de travail, il en est conscient. Au niveau physique, comme on a un très bon staff, on travaille au quotidien. Il faut faire attention car il est encore en croissance (…) Il n’exprime pas toujours son potentiel mais il joue. Je l’ai pris dans cette optique. J’ai envie de lui donner sa chance quel que soit son rendement sur le terrain. Je ne suis pas un coach impatient. Avec un jeune joueur, c’est peut-être plus compliqué à court terme qu’avec un vétéran. Mais après, on sera tous contents."