Espoirs - 1ère journée
Châlons-Reims 0
Pau-Lacq-Orthez Pau-Lacq-Orthez 0
20-09-2019 17:00
Espoirs - 1ère journée
Dijon0
Le Portel Le Portel 0
20-09-2019 17:00
Espoirs - 1ère journée
Boulogne-Levallois0
Orléans Orléans 0
20-09-2019 17:00
Jeep® ÉLITE - 1ère journée
Dijon0
Le Portel Le Portel 0
20-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 1ère journée
Châlons-Reims 0
Pau-Lacq-Orthez Pau-Lacq-Orthez 0
20-09-2019 20:00
ProB - 1ère journée
Aix-Maurienne0
Antibes Antibes 0
20-09-2019 20:00
ProB - 1ère journée
Vichy-Clermont0
Saint-Chamond Saint-Chamond 0
20-09-2019 20:00
ProB - 1ère journée
Quimper0
Nantes Nantes 0
20-09-2019 20:00
ProB - 1ère journée
Nancy0
Souffelweyersheim Souffelweyersheim 0
20-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 1ère journée
Boulogne-Levallois0
Orléans Orléans 0
20-09-2019 20:30
ProB - 1ère journée
Evreux0
Rouen Rouen 0
20-09-2019 20:30
Espoirs - 1ère journée
Lyon-Villeurbanne0
Limoges Limoges 0
21-09-2019 15:00
Espoirs - 1ère journée
Cholet0
Roanne Roanne 0
21-09-2019 17:00
Espoirs - 1ère journée
Chalon/Saône 0
Nanterre Nanterre 0
21-09-2019 17:00
Espoirs - 1ère journée
Bourg-en-Bresse 0
Strasbourg Strasbourg 0
21-09-2019 17:00
Espoirs - 1ère journée
Boulazac0
Le Mans Le Mans 0
21-09-2019 17:00
Espoirs - 1ère journée
Monaco 0
Gravelines-Dunkerque Gravelines-Dunkerque 0
21-09-2019 18:30
Jeep® ÉLITE - 1ère journée
Monaco 0
Gravelines-Dunkerque Gravelines-Dunkerque 0
21-09-2019 18:30
Jeep® ÉLITE - 1ère journée
Boulazac0
Le Mans Le Mans 0
21-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 1ère journée
Chalon/Saône 0
Nanterre Nanterre 0
21-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 1ère journée
Cholet0
Roanne Roanne 0
21-09-2019 20:00
ProB - 1ère journée
Saint-Quentin0
Denain Denain 0
21-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 1ère journée
Bourg-en-Bresse 0
Strasbourg Strasbourg 0
21-09-2019 20:30
Jeep® ÉLITE - 1ère journée
Lyon-Villeurbanne0
Limoges Limoges 0
22-09-2019 16:00
ProB - 2ème journée
Blois0
Vichy-Clermont Vichy-Clermont 0
24-09-2019 20:00
ProB - 2ème journée
Denain0
Lille Lille 0
24-09-2019 20:00
ProB - 2ème journée
Souffelweyersheim0
Gries-Oberhoffen Gries-Oberhoffen 0
24-09-2019 20:00
ProB - 2ème journée
Rouen0
Paris Basketball Paris Basketball 0
24-09-2019 20:30
ProB - 2ème journée
Nantes0
PoitiersPoitiers0
24-09-2019 20:30
ProB - 2ème journée
Fos-sur-Mer0
Aix-Maurienne Aix-Maurienne 0
25-09-2019 19:00
Jeep® ÉLITE - 14ème journée
Lyon-Villeurbanne0
Boulazac Boulazac 0
25-09-2019 20:00
Espoirs - 2ème journée
Roanne 0
Orléans Orléans 0
27-09-2019 17:00
ProB - 3ème journée
Gries-Oberhoffen 0
Nancy Nancy 0
27-09-2019 20:00
ProB - 3ème journée
Blois0
Saint-Chamond Saint-Chamond 0
27-09-2019 20:00
ProB - 3ème journée
Lille0
Saint-Quentin Saint-Quentin 0
27-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 2ème journée
Roanne 0
Orléans Orléans 0
27-09-2019 20:00
ProB - 3ème journée
Poitiers0
Quimper Quimper 0
27-09-2019 20:00
ProB - 3ème journée
Antibes0
Aix-Maurienne Aix-Maurienne 0
27-09-2019 20:30
ProB - 4ème journée
Evreux0
Paris Basketball Paris Basketball 0
27-09-2019 20:30
Espoirs - 2ème journée
Strasbourg 0
Lyon-Villeurbanne Lyon-Villeurbanne 0
28-09-2019 14:30
Espoirs - 2ème journée
Cholet0
Boulogne-Levallois Boulogne-Levallois 0
28-09-2019 17:00
Espoirs - 2ème journée
Limoges0
Le Portel Le Portel 0
28-09-2019 17:00
Espoirs - 2ème journée
Nanterre0
Gravelines-Dunkerque Gravelines-Dunkerque 0
28-09-2019 17:00
Espoirs - 2ème journée
Pau-Lacq-Orthez 0
Bourg-en-Bresse Bourg-en-Bresse 0
28-09-2019 17:00
Espoirs - 2ème journée
Chalon/Saône 0
Monaco Monaco 0
28-09-2019 17:00
Espoirs - 2ème journée
Le Mans 0
Châlons-Reims Châlons-Reims 0
28-09-2019 17:00
Espoirs - 2ème journée
Boulazac0
Dijon Dijon 0
28-09-2019 17:00
Jeep® ÉLITE - 2ème journée
Chalon/Saône 0
Monaco Monaco 0
28-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 2ème journée
Limoges0
Le Portel Le Portel 0
28-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 2ème journée
Le Mans 0
Châlons-Reims Châlons-Reims 0
28-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 2ème journée
Boulazac0
Dijon Dijon 0
28-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 2ème journée
Cholet0
Boulogne-Levallois Boulogne-Levallois 0
28-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 2ème journée
Pau-Lacq-Orthez 0
Bourg-en-Bresse Bourg-en-Bresse 0
28-09-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 2ème journée
Strasbourg 0
Lyon-Villeurbanne Lyon-Villeurbanne 0
28-09-2019 20:30

Actualité

Jean-Christophe Prat (Coach de Denain) : «En France, nous avons de vraies pépites !»

Jean-Christophe Prat vit une première expérience de head-coach tonitruante à Denain. 4e de Pro B avec un groupe construit sur un projet de jeunes à potentiel, Prat est en train de se faire un nom sur la base d’une vraie conviction : la France regorge de t

Vous êtes encore un jeune entraîneur (43 ans), et vous vivez votre premier poste de head-coach. Pouvez-vous décrire votre parcours pour ceux qui ne vous connaissent pas bien ?

Disons que j’ai surtout eu la chance de rencontrer des entraîneurs qui m’ont donné l’opportunité de me développer. De la même manière qu’ils ont eu la volonté de former leurs joueurs, ils ont aussi pris soin de former leur assistant. Et ces dernières années, j’ai eu le bonheur de bosser avec Philippe Hervé et Erman Kunter, qui sont pour moi deux personnes qui ont façonné mon œil à propos de ce que peut être aujourd’hui le basket de haut niveau. Donc, si j’ai pu avoir la possibilité de montrer ce que je pouvais faire, c’est surtout grâce à eux. La chance, en plus, c’est d’avoir assisté deux coaches aux méthodes fondamentalement opposées. Philippe très centré sur l’objectif, que ce soit offensif ou défensif, et Erman beaucoup plus dans la formation et se basant plus sur la responsabilité individuelle. Maintenant, j’essaie de faire le mix de ces deux méthodes…

 

Il y a aussi ce passage à Besiktas, toujours avec Kunter. Est-ce que ce séjour là-bas vous a ouvert ?

Clairement oui ! Tu sais, quand tu as l’occasion de jouer 4 fois dans la saison contre le Barça ou le CSKA Moscou, d’échanger avec des coaches comme Pascual, Obradovic ou Messina, ça te montre encore plus ce vers quoi il faut tendre. Ces coaches-là, même avec des stars du basket mondial, continuent à développer la technique individuelle en permanence. Parce que cette technique, elle bouge d’année en année. Les joueurs font évoluer le jeu et eux sont à la pointe de tout ça, s’observent entre eux tout le temps. J’ai eu la chance de longuement discuter avec Messina. Il regarde tous les matches d’Euroleague et avoue qu’il apprend des choses presque à chaque rencontre. Du coup, depuis trois ans, je crois que j’ai dû louper à peine une dizaine de matches d’Euroleague. Ça formate ton œil aux évolutions du basket au top niveau. Si tu veux former tes joueurs, tu te dois d’être tout le temps en mode recherche. Regarder ce que font les stars et tenter de le transmettre à tes propres joueurs.

 

« Il faut donner leur chance à tous ces jeunes »

 

Sauf que vous ne disposez pas toujours des Teodosic, De Colo ou Spanoulis. Est-ce transposable ?

Oui, bien sûr. Nous avons plein de jeunes truffés de talent en France. De vraies pépites. Tu sais, en Turquie, ils passaient leur temps à me dire qu’on avait les plus beaux potentiels du continent. On nous envie. De par l’histoire de notre pays, la présence des DOM, des TOM, les vagues d’immigrations successives, on a des potentiels athlétiques incroyables. Il faut juste essayer de les travailler au mieux. En plus, le boulot est plutôt bien fait. Quand on a joué à Angers la semaine dernière, j’ai discuté avec Jean-François Martin, qui a quand même poli de sacrés talents avec Cholet depuis des années. Et je lui disais : entre Yakuba Ouattara, William Howard et Vafessa Fofana, j’ai 3 joueurs qui sortent de 3 centres de formation différents, Chalon, Gravelines-Dunkerque et Cholet, et tous les 3 ont reçu une excellente formation. J’ai récupéré des gamins avec un très beau bagage technique. Après, j’essaie d’y ajouter mon œil, certains fondamentaux que je souhaite qu’ils acquièrent, offensifs comme défensifs, mais le travail effectué en centre de formation est vraiment pertinent. Après, qu’est-ce qui leur manque ? C’est de les mettre sur le terrain. Il n’est pas normal, à mon sens - mais je ne veux donner aucune leçon - que Ouattara, à 22 ans, soit en train de vivre sa première saison professionnelle. Ce n’est pas logique !

 

On dit toujours que nous manquons d’argent pour faire face au niveau européen. Mais le Partizan ou le Cibona Zagreb s’en sortent et disputent régulièrement le Top 16 en formant des jeunes et en les mettant très tôt sur le terrain. Est-ce le message que vous voulez faire passer ?

Je ne sais pas s’il y a un message, mais je suis persuadé que c’est une voie à explorer. En Pro B, il faudrait même pousser plus loin la démarche et limiter à 2 étrangers par équipe. On a un vivier incroyable de jeunes basketteurs à qui il faut donner leur chance. En Pro A, je suis persuadé qu’on peut créer des équipes sur le modèle du Cibona ou du Partizan. Mais pour ça, il faut qu’un club ait la volonté de créer une vraie filière de formation. Cela commence dès l’âge de 15 ans au moment de ton recrutement initial. On est étonné de voir des gamins de 18 ans performants en Euroleague avec ces clubs-là, mais ce qu’il faut voir, c’est qu’ils les façonnent depuis trois ou quatre ans. Autant de temps qu’ils travaillent sur des fondamentaux, des systèmes, qui sont communs à toute la filière de formation.

JC Prat (denain)

Mais dans une Pro A aussi dense, il ne faut pas que le coach saute après une vilaine série de défaites…

Oui, c’est vrai. Mais il faut donc que ce soit un club avec les reins un peu solides et qui sait où il veut aller et accepte de prendre le temps qu’il faut pour franchir les étapes. Que le club commence par prendre 8 pros et des gamins du centre pour intégrer un effectif de douze. Puis augmente la dose progressivement, d’année en année. Petit à petit, tu crées une vraie filière. Mais c’est sûr que tu ne peux pas décréter ça et, du jour au lendemain, partir avec 8 ou 9 gamins et trois étrangers. La pression du résultat, elle est réelle. Cette saison, est-ce que Strasbourg n’est pas construit sur ce modèle ? Avec 3 Américains et demi et des Français avec lesquels Vincent (Collet) travaille déjà depuis un bon moment et qui arrivent à maturité. Antoine Diot, Jérémy Leloup ou Paul Lacombe, ça fait 3 ou 4 ans qu’ils bossent dans le schéma de Vincent. Là, tu te rends compte que quand il manque un joueur important comme Ali Traoré, ce n’est pas une catastrophe : Bengaly Fofana est là pour assurer l’intérim. Sans Ali, Strasbourg a quand même démonté Gravelines-Dunkerque ! Je reste persuadé que c’est vers cette démarche qu’il faut aller. Cela prend du temps, c’est sûr. Vincent, il y a un mois, il m’avait dit qu’il allait lancer Frank Ntilikina (1,93 m, né en juillet 1998). Il m’avait dit : « tu vas voir, il est prêt ». Alors les gens disent : incroyable, il lance un môme de 16 ans ! Mais ça fait trois ans qu’il le formate, le façonne, aux fondamentaux qu’il exige. Quand tu bosses avec les mômes dès leurs 15 ans, à 18, ils sont prêts !

 

Le truc, c’est que Vincent Collet peut imposer ses vues après avoir amené les Bleus à trois podiums sur les quatre dernières années. Est-ce qu’un coach sans ce palmarès peut en faire de même ?

C’est vrai que ça prend du temps et de belles réussites pour avoir plus de latitude… Mais est-ce qu’en arrivant avec un vrai discours, en étant convaincant, tu ne peux pas aussi lancer un projet comme ça ? Je me le demande. Il s’agit surtout d’avoir une vraie concordance entre la direction, les objectifs du club et son staff technique. Quand j’arrive à Denain pour mon entretien d’embauche, je dis à mon président : je veux aller sur un projet jeune. Pourtant, j’étais qui ? J’ai osé dire : si vous voulez qu’on prenne 3 Américains pour les faire jouer 35 minutes chacun, je ne suis pas l’homme qu’il vous faut. Après, je rends hommage au président d’avoir osé. Je ne dis pas que c’est facile, attention. La preuve, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de clubs qui prennent ce risque-là…

 

Aujourd’hui, à cinq journées de la fin (cet entretien a eu lieu avant les matches du week-end dernier, ndlr), Denain est quatrième de Pro B avec le 15e budget et la 18e masse salariale. Que vous inspirent ces chiffres bruts ?

(Il rit) Je n’en sais rien ! C’est aussi ça que j’ai découvert en Turquie. Quand tu as 12 joueurs dans l’effectif, il n’y a plus d’âge, de nationalité, ce sont les meilleurs qui jouent. Point. À Denain, j’ai 11 joueurs, pas X Américains, X jeunes et X cadres français. On s’entraîne dur, très dur même. Mais en match, peu importe le temps de jeu. C’est le rendement qui compte. Ce que tu fais de tes minutes. Certains me disent : « coach, je ne joue plus que 15 minutes ». Mais on s’en fout que ce soit 15 ou 22 ! La question est : qu’est-ce que j’ai fait de ces X minutes ? Yakuba (Ouattara), à Angers, qui joue 14 minutes, met 17 points à 6/6 aux tirs, plus 3 passes et 2 rebonds, soit 22 d’éval. Je me dis voilà, il est prêt. Il rentre, il sort, il n’a plus d’état d’âme : il prend ce qu’il a à prendre. Le haut niveau, c’est ça. Quand tu joues tous les 3 jours, tu ne peux pas jouer 35 minutes. Tu fais le taf quel que soit ton temps de jeu sans te poser de questions. Sergio Rodriguez, l’an passé, il est MVP de l’Euroleague en jouant 19 minutes de moyenne. C’est dans ce sens-là que j’essaie de faire bosser  mes joueurs et c’est comme ça que j’ai construit ma saison. Après, qu’est-ce que ça m’inspire ? Une grande fierté pour mes joueurs. Parce que hé ! je n’ai pas mis un panier de la saison moi ! Mais ils ont tous montré qu’il y avait peut-être une voie différente à creuser.

 

Avec le HTV, premier ex æquo et Denain, ce sont les deux équipes à l’effectif le plus jeune qui constituent les deux énormes surprises de la saison. On a l’impression qu’au-delà de la réussite de Denain, c’est ça qui vous rend le plus fier…

Carrément ! Plus que le classement, c’est de constater la qualité de jeu que présentent ces deux équipes. Notre match contre le HTV, c’était un très, très bon match de basket. La différence s’est faite sur un joueur, Davante Gardner, qui est un très beau joueur de basket. Je leur ai répété toute la saison : si vous devenez des joueurs majeurs de Pro B, potentiellement des joueurs de Pro A, et qu’on ne se qualifie pas pour les playoffs, ce sera pour moi le plus important. Pour mémoire, l’objectif du club, fixé par mes dirigeants, c’était le maintien. Toute la saison, jusqu’à ce match face au HTV, nous n’avons jamais parlé de l’adversaire. Toute la semaine, nous étions concentrés sur le développement individuel des joueurs et nos objectifs collectifs. Et uniquement, le matin du match, on faisait un petit brief sur l’adversaire. L’évolution suivante, c’est de mixer la technique et la tactique. Là, depuis deux journées, on apprend à travailler sur l’équipe adverse. Mais parce que je pense qu’on maîtrise aujourd’hui 80% des fondamentaux techniques qu’on s’était fixés comme objectif d’intégrer.

 

« Le plus important, être dans un projet où tu te développes techniquement

et où tu prends du plaisir au quotidien »

Dans votre équipe, les 11 joueurs tournent tous entre 15 et 25 minutes par match et entre 5 et 9 points de moyenne. Certains pourraient vous reprocher votre système qui les conduit à avoir des stats pourries…

C’est une vraie bonne question. L’exemple, c’est Jeb Ivey. Il est venu me voir il y a un mois en me disant : « Coach, je suis inquiet. J’ai 35 ans. L’an passé, je mettais 15 points par match et là, je joue 24 minutes et je ne mets que 9 points. Qu’est-ce que les gens vont penser ? Et qu’est-ce qui va se passer pour mon contrat suivant ? En revanche, je sais une chose : je suis un bien meilleur basketteur qu’il y a un an. » Je lui ai dit : « Ne t’inquiète pas. Si je suis à Denain, tu seras là. Et même si je n’y suis plus, je ferai tout pour qu’ils te gardent.  Peu importe tes stats, tu es devenu, en plus d’un bon basketteur, un vrai leader de groupe. » Donc, oui, les joueurs peuvent avoir de l’inquiétude. Maintenant, les coaches, ce ne sont pas des fans lambda. Ils savent regarder autre chose que des stats. Là, mon problème est autre. Pas un problème de riche, mais de pauvre qui… a réussi. À Angers, Ouattara, je peux lui donner 25 minutes. Howard idem. J’ai Jerry Boutsiele qui est en train de tout exploser à l’entraînement. Sauf que devant lui, il a Jérôme Cazenobe qui est à 20 d’évaluation moyenne sur les 7 derniers matches. La chance que j’ai eue, c’est que mes deux Américains, Bing et Ivey, se sont mis à 100% dans le projet collectif. Mais à Strasbourg c’est pareil ! Howard, Dobbins ou Campbell, ils sont au service du collectif. Et si tu fais un parallèle, même dans un univers aussi business que la NBA, l’équipe qui domine depuis 10 ou 12 ans, les Spurs, elle le fait parce que ses stars se foutent complètement de leurs stats. Le but, c’est d’être dans un projet où tu te développes techniquement, tu grandis en tant qu’individu et où tu prends du plaisir au quotidien. S’il y a un truc de marquant chez nous cette saison, c’est que défaite ou victoire, je retrouvais toujours les joueurs avec la banane à l’entraînement suivant, parce qu’ils savaient qu’ils étaient en train de grandir en tant qu’individus. Et ça, c’est aussi notre mission. Henri Kahudi, aujourd’hui, c’est un vrai meneur. Il était introverti au possible et là, il recadre ses joueurs, parle, dirige… Développer l’humain au-delà de la technique, c’est aussi notre mission.

Les playoffs approchent. Est-ce qu’une montée en Pro A avec ce groupe est quelque chose d’envisageable, voire de souhaitable pour un club comme Denain ?

Sincèrement, même si tout est possible… parce que quand tu fais les playoffs, il ne peut y avoir qu’un seul objectif : les gagner, mais surtout, pour ces joueurs, les playoffs vont être un formidable accélérateur de carrière. Parce qu’ils vont vivre des matches de haut niveau de leur division. Et ces matches vont leur permettre de passer plus vite des caps supplémentaires. Toute la saison, c’est ça qui a été génial : on a disputé une demi-finale de Leaders Cup, on est allé jusqu’en quart en Coupe où l’on a affronté Strasbourg. Du coup, ma grande fierté est d’avoir su rendre ce groupe constant dans la performance et ces joueurs prêts pour ces matches-clés. Après, les playoffs… Denain en Pro A, je ne me projette pas là-dessus, mais ce serait peut-être une catastrophe pour les dirigeants (il rit), parce que le club n’est pas prêt. On vit sur le bénévolat, mû par des gens formidables, mais la Pro A… En revanche, c’est un endroit génial, avec une ferveur basket exceptionnelle. Après, tu peux toujours te mettre à croire à une forme de destinée : il y a 50 ans pile, Denain était Champion de France avec Jean Degros !

 

Mais après une saison comme ça, se pose la question de la suite : vos joueurs vont être chassés ou retourner dans le club qui vous les a prêtés, vous allez être sollicité…

La suite, on en a déjà parlé avec les dirigeants. J’ai toujours dit que mon rêve, c’était d’aller dans un club où existe déjà un centre de formation et où je pourrai structurer l’ensemble de la filière de formation. Si je suis à Denain, je pense que j’irai encore plus loin dans la démarche en prenant 6 ou 7 moins de 23 ans au lieu de 4 cette saison, et seulement deux Américains. Après, si c’est ailleurs qu’à Denain… Je ne me projette pas du tout là-dessus, je suis à fond dans cette fin de saison.

 

Plusieurs fois au cours de la saison, vous avez dit que le profil de votre équipe devait préfigurer ce que devrait être la Pro B : une division dont le but serait de former les potentiels du basket français, mais on fait quoi des joueurs de plus de 25 ans, on les condamne à la N1 ?

Non, du tout ! Il en faut. Ici, j’ai Benoit Gillet. Ils sont nécessaires pour encadrer. Si tu passes à 2 étrangers, il te reste deux ou trois places pour des joueurs cadres pour  entourer tes gamins. C’est parfait ! Il y aurait un très bel équilibre.

 

Vous disposez aussi d’un profil atypique, Jérôme Cazenobe, un intérieur plus vraiment jeune (26 ans en mai prochain), mais qui était encore en N2 il y a trois ans…

Jérôme peut jouer en Pro A. Il décolle de deux centimètres et demi (il rit), mais est très fort au sol. Je l’ai recruté sur deux trucs. D’abord, c’est une éponge : chaque année, quand il monte de division, il s’adapte. En N2, il était bon. Pareil en N1, puis en Pro B. C’est quelqu’un qui a une vraie intelligence situationnelle. Aujourd’hui, il est à 20 dévaluation sur les 7 derniers matches, je crois, avec une justesse de jeu impressionnante. On a bossé sur sa technique dos au panier, son jeu de passes, et dans ces deux domaines, il est devenu très performant. Là, on travaille sa capacité à jouer face au cercle, tirer dans le middle range. Cela fait un mois qu’on bosse là-dessus à fond et ça rentre ! Je pense que, d’ici la fin de l’année, il sera prêt pour la Pro A. Après, la difficulté pour lui comme pour les autres, c’est de se retrouver dans une situation de concurrence accrue, trouver un projet où on leur fait confiance, produire sur un temps de jeu plus faible… Bref, il y a plein de paramètres…

Côté entraîneur, en Pro B, entre vous, Julien Espinosa (Antibes, 31 ans), Laurent Legname (HTV, 37 ans), Fred Brouillaud (Roanne, 37 ans), plus François Sence (Aix, 34 ans) et Thomas Giorgiutti (SQBB, 31 ans), la division joue son rôle de formatrice au niveau du staff technique…

(Long soupir) C’est compliqué de répondre à cette question… C’est compliqué une carrière de coach. Elle ne tient pas à grand-chose. Moi par exemple, pour faire une confession, l’été dernier, si je n’avais pas eu la confiance du président de Denain, j’arrêtais le coaching. J’ai 43 ans, j’étais parti à Besiktas pour avoir une expérience à l’étranger. Au retour, je me remets sur le marché et… je n’ai rien trouvé. Moi, je voulais coacher, parce que je voulais passer à autre chose que l’assistanat. Maintenant, si tu restes deux ans sans rien faire, on t’oublie très vite. Si le milieu ne veut pas de toi… Il faut rester très modeste : les carrières ne tiennent souvent qu’à un fil. Ma chance, c’est d’être tombé sur un président assez fou pour être attiré par le discours un peu différent que je lui ai tenu. Je ne suis qu’un rookie coach, mais ça fait 20 ans que je fais ce métier en tant qu’assistant. Les coaches sont bons et tous sont exigeants. Mais la difficulté, c’est de conserver ton discours et ton degré d’exigence quand tu es dans le dur. Nous, au mois de mars, on perd 4 fois de suite. Là, je me suis dit : c’est là qu’on va voir si je suis capable de faire ce métier ou pas. Dans ces situations, on ne parle plus de technique, mais de gestion des hommes. Et si je n’avais pas été capable de faire relever la tête au groupe, j’aurais pu constater les limites de ce que je pouvais faire en tant que manager. Alors, ce n’est pas toujours facile pour des très jeune coaches de gérer les hommes dans ces situations. Peut-être que, pour ça, l’expérience humaine, le vécu, a quand même un rôle. Mais c’est top de voir des jeunes coaches, d’échanger. Avec François Sence, à Aix, ou Julien (Espinosa), on a beaucoup discuté quand on s’est rencontré en cours de saison. Laurent fait une saison exceptionnelle avec Hyères, tant mieux ! Mais ce n’est pas pour ça qu’il ne faut faire que du jeune coach ! Il y a des entraîneurs expérimentés qui sont sacrément bons !

Les 5 plus beaux potentiels de la Pro B ?

 

J-C Prat nous donne son Top-5 des "potentiels" évoluant en Pro B, en dehors de ses propres jeunes comme Yakuba Ouattara, William Howard, Vafessa Fofana ou Henri Kahudi…

« Je les donne sans ordre. Le premier que je citerais, c’est Timothée Luwanu-Cabarrot (1,97 m, 19 ans, Antibes). Il possède un potentiel incroyable. Il y a encore beaucoup de travail de développement technique à faire, mais c’est déjà un très beau joueur. Un 3-2, ailier de grande taille, un slasher. Il faudrait sans doute qu’il devienne plus poste 2, qu’il développe sa capacité à jouer les pick-n-rolls, mais il a d’énormes qualités, un bon tir, est fort sur le drive et… il ne doute de rien ! Après, côté joueurs prêts pour le niveau au-dessus, Axel Julien (1,85 m, 22 ans, HTV) est une évidence. C’est clairement le 4e Américain du HTV. C’est une sorte de petit Heurtel. Très bon passeur, qui joue juste, qui gère très bien le tempo et perd peu de ballons. La seule interrogation pour lui, c’est que cela fait 10 ans qu’il est à Hyères. Que donnera-t-il ailleurs ? L’idéal  serait de monter avec le HTV. Ensuite, il y a un joueur que j’adore autant que je suis incapable de prononcer son nom : Mathieu Wojciechowski (2,03 m, 22 ans, Le Portel). C’est un petit Emir Preldzic (international turc, d’origine slovène, qui joue au Fenerbahçe Istanbul, ndlr), il peut jouer 1, 2, 3 ou 4. Il est incroyable ! C’est une étincelle sur le terrain, avec le feu en lui. Un joueur atypique, mais encore tout fin. Seul pépin aujourd’hui, c’est qu’il joue 3 mais a encore des problèmes physiques pour défendre sur des 3, il manie le ballon comme un arrière et possède une énergie à la Joakim Noah. Je discutais avec Jim Bilba et il m’a dit que quand Limoges perd au Portel en Coupe après avoir mené de 12 points, je crois, c’est le gamin, qui a semé le vent de la révolte. Je suis fan ! Après, il y a du boulot ! Ensuite, il y a un joueur que je voulais absolument cet été et qui est énorme cette saison, c’est Kevin Dinal (2,02 m, 22 ans, Souffelweyersheim).  Un poste 4 moderne, très dynamique, avec une vraie qualité d’appui, très bon passeur. Il faut encore qu’il progresse dans le tir mais c’est un potentiel très, très intéressant. J’aime beaucoup Hugo Dumortier (1,95 m, 21 ans, Monaco). Je le voulais en 11e homme cet été, mais mon président m’a dit non, on ne prend que 10 joueurs. Savo Vucevic a depuis fait un excellent travail avec lui. Hugo arrive à maturité, joue de plus en plus. C’est un vrai arrière moderne, qui joue 2 mais peut aussi apporter en meneur. Fort sur le tir, sur les pick-n-rolls. Il faut en citer un 6e : Mustapha Fall (2,18 m, 23 ans, Monaco). Je l’avais vu il y a 4 ans à Orléans, mais il a choisi Poitiers où Ruddy Nelhomme et son staff ont fait du bon boulot. À l’époque, il partait vraiment de très loin. Aujourd’hui, il peut tous les jours s’insérer dans une rotation de Pro A. Il fait 2,18 m, avec de bonnes mains, et c’est un gamin très bien dans sa tête. La liste est bien plus longue. Lahaou Konate (1,96 m, 23 ans, Évreux, est prêt pour la Pro A, Isaïa Cordinier (1,94 m, 18 ans, Évreux), est un énorme potentiel, il y en a encore plein ! Sans même évoquer nos joueurs ! »