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Jeep® ÉLITE : 44 jours pour un maintien

La lutte pour le maintien fait rage en Jeep® ÉLITE à dix journées de la fin de la saison régulière. Focus sur les cinq clubs directement concernés : Antibes, Le Portel, Fos-sur-Mer, Cholet et Châlons-Reims.

Les Sharks n’avaient pas besoin de ce nouveau coup de massue au cœur d’une saison galère. Vendredi dernier, un panier à trois-points assassin de Pierre Pelos à 12 secondes de la fin a scellé leur défaite face à Fos-sur-Mer à l’Azur Arena. Un match que les Antibois ont dominé quasiment de bout en bout avant de céder sur la fin. En cas de succès, les hommes de Nikola Antic seraient revenus à une seule victoire de Fos au classement. Au soir de la 24e journée, les voilà relégués à trois succès des premiers non relégables, Fos et Cholet. Trois victoires qu’il faudra rattraper dans un dernier sprint de 10 matches en 44 jours. 


Dit autrement, les Sharks devront gagner autant de matchs en six semaines que lors des six mois écoulés. On a connu défi plus abordable, d’autant plus que le club azuréen a déjà usé de tous ses leviers pour tenter de redresser la barre, entre changement de joueurs (Taurean Green, Chris Otule, Jerel Blassingame) et changement d’entraîneur (Nikola Antic arrivé début mars pour remplacer Julien Espinosa). Le démarrage raté – 9 défaites d’affilée pour commencer - a laissé des traces. Quatre ans après son retour en Jeep® ÉLITE, le club azuréen n’a jamais paru autant en danger. 


En dépit de la belle prestation d'Isaïa Cordinier, les Sharks ont laissé filer un match crucial contre Fos le week-end dernier (Photo : Nans Even)


En vérité, la situation sportive des Sharks répond à une certaine logique, puisque le club présentait la plus faible masse salariale de la Jeep® ÉLITE sur la ligne de départ. On peut d’ailleurs remarquer que les quatre plus petites masses salariales occupent actuellement les quatre dernières places. Les clubs concernés ont rarement la latitude financière pour rattraper des erreurs de castings ou remplacer des cadres blessés. Ceux-là n’ont pas les moyens, comme l’Elan Chalon l’an passé, de recruter un Nate Wolters pour redresser un navire en péril – bons derniers après 18 journées, les Chalonnais avaient fini 12e. 


Au Portel, la douce euphorie des deux premières saisons en Jeep® ÉLITE s’est envolée, en même temps que sa forte paire intérieure Donaldson-Hassell et ses vaillants soldats, Jessie Bégarin et Gary Chathuant, partis en Pro B. Cette saison, Eric Girard ne reconnait plus ce qui faisait la force de son équipe, défense et liant collectif. L’ESSM concède 9 points de plus en moyenne que la saison dernière (84,5 contre 75,1). Sans repère défensif, les Portélois ont été incapables jusque-là de gagner à l’extérieur (0v-12d). Leur dernier déplacement, à Dijon, s’est soldé par une défaite de 36 points (94-58). Depuis sa victoire contre Fos le 19 octobre (6e journée), l’ESSM n’a gagné trois matchs en cinq mois et demi, et a plongé au classement.


La signature de l’arrière trinitéen DeVaughn Akoon-Purcell (1,96 m, 25 ans) n’a rien solutionné jusqu’à présent (5 d’éval au cumul de ses deux premières sorties). « Tant qu’on ne sera pas collectivement conscients, ça sera très dur à l’extérieur où on tombe vite dans l’individualisme et la frustration alors qu’on n’a pas le talent de la plupart des équipes », a pointé Eric Girard dans La Voix du Nord, après le lourd revers en Bourgogne. Le même journal rapporte qu’un joueur, dépité, a pleuré de honte dans le vestiaire après cette déroute. Il y a urgence. Pour sauver leur peau en Jeep® ÉLITE, les Stellistes devront s’en remettre à leur public et faire le plein de victoires dans leur Chaudron. Les deux réceptions à venir de Nanterre et Levallois, vaudront déjà cher dans la course au maintien. Ensuite, les Portélois aborderont les déplacements à Cholet (J30) et à Fos (J32) comme autant de finales. 


Le chiffre : 6


Les six plus mauvaises défenses du championnat en termes de points concédés occupent les six dernières places au classement. 


Un cran au-dessus du Portel, l’équipe de Cholet a l’occasion de se donner un peu d’air si elle l’emporte samedi soir contre Châlons-Reims. Depuis le retour d’Erman Kunter fin novembre, les Choletais ont redressé la barre. La Meilleraie est redevenue une salle hostile pour les adversaires. Nanterre, Le Mans, Bourg, Gravelines-Dunkerque sont venus mordre la poussière à Cholet. En conservant son rythme actuel, l’équipe des Mauges pourrait éviter de se faire peur dans la dernière ligne droite. Elle bénéficie d’un calendrier relativement clément puisque sur les dix dernières journées, CB n’affrontera que trois équipes du Top 8. « Il nous faut faire de vraies séries ! Pour le moment, on en gagne un on en perd un, puis deux victoires suivies de deux défaites », indique Erman Kunter. « Si l’on peut aligner au moins une série de trois rencontres consécutives, on devrait s’en sortir. » De fait, il faudra faire le métier ce week-end contre Châlons-Reims, l’une des formations les moins dangereuses de la Jeep® ÉLITE à l’extérieur. 

London Perrantes et les Choletais sont sur la bonne voie... mais rien n'est fait (Photo : Simon Godet)


Le CCRB n’a gagné que deux fois « on the road » (à Antibes, 8e journée et à… Strasbourg 15e journée) et il y a une bonne raison à cela. L’équipe de Cédric Heitz est la plus mauvaise défense de la Jeep® ÉLITE, avec 87,3 points concédés par match à 50% de réussite pour l’adversaire. Pour sa cinquième saison parmi l’élite, le club marnais a choisi de miser sur de forts attaquants. L’équipe vit et meurt par le talent offensif du top-scoreur de la Jeep® ÉLITE, Devin Ebanks, ou celui de Blake Schilb. La recette a montré ses limites. Malgré le changement de meneur opéré fin novembre (Zabian Dowdell pour Alex Abreu), le CCRB n’a pas changé fondamentalement son approche collective et défensive, et s’est éloigné de la lutte pour le Top 8, jusqu’à se rapprocher dangereusement de la zone de relégation. Les trois prochaines semaines s’annoncent périlleuses, puisqu’en plus de se déplacer trois fois, à Cholet, à Limoges et à Fos-sur-Mer, soit deux de ses poursuivants directs, le CCRB recevra l’ASVEL et Strasbourg ! Gare à la mauvaise série avant l’emballage final. 


Châlons-Reims dépend énormément des exploits de son top-scoreur, Devin Ebanks, ici face à Fos-sur-Mer (Photo : CCRB)


Dernier club directement concerné par la relégation, Fos-sur-Mer n’est pas confronté à la même pression que Cholet ou Châlons-Reims. Car pour la première saison de leur histoire à cet échelon, les Black-and-Yellows n’aspiraient à rien d’autre que le maintien. C’est pourquoi Rémi Giuitta et ses hommes ne se sont pas affolés après avoir perdu leurs six premiers matches. Avec ses petits moyens, le club a réalisé des réajustements malins pour pallier ses blessures. La signature du Grec Giannis Athinaiou est un pari gagnant. Depuis que ce joueur altruiste et polyvalent a renforcé l’équipe au début de la phase retour, Fos a gagné quatre matchs sur sept, soit autant que sur toute la phase aller. Autre point positif dans leur quête du maintien, les BYers vont jouer six fois dans leur Halle Parsemain lors des dix dernières journées. Un avantage non négligeable sur la concurrence. Le petit détail qui pourrait faire la différence sur la ligne d’arrivée, et ainsi valider leur présence pour une deuxième saison en Jeep® ÉLITE. On sait déjà que la bataille pour le maintien sera encore plus ardue la saison prochaine. À l’issue de l’exercice 2019-20, il n’y aura pas deux mais trois descentes en Pro B !