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Interview –

Jérôme Navier : « C’est bien de se rappeler d’où on vient »

Nommé début décembre à la tête d’une équipe en perdition, Jérôme Navier est en train de redresser la pente avec Cholet.

En battant Rouen la semaine dernière, vous avez repris une victoire d’avance sur Rouen mais aussi sur Nancy, les deux équipes qui se partagent actuellement l’avant-dernière place. Cholet est donc enfin passé au-dessus de la zone de relégation. Peut-on dire que le plus dur est fait ?

Non pas du tout puisqu’on est qu’à un seul point de ces deux équipes. Alors certes, on a réussi à battre ces deux équipes à l’extérieur, on les recevra sur la phase retour mais ce n’est pas une fin en soi. Il reste 18 matches à jouer et qu’un point d’écart. Il y a du mieux, c’est indéniable, mais il faut continuer dans cette voie.

Il n’y a pas si longtemps que cela, Cholet restait sur 10 défaites de suite, une série assez effrayante. Aujourd’hui, vous ne devez plus être du tout dans le même état d’esprit.

Oui parce que sur nos 4 derniers matches on est à trois victoires dont deux à l’extérieur. On a mis derrière nous cette série malheureusement historique pour le club mais c’est bien de se rappeler d’où on vient.

Ce qui avait surpris c’est qu’avant cela, Cholet avait très bien commencé avec deux victoires sur les deux premières journées, notamment une sur le parquet de Villeurbanne. Comment expliquer un tel contraste entre vos bons débuts et cette série de dix défaites qui a suivi ?

Je pense que dès fois, jouer les grosses équipes – et Villeurbanne montre qu’elle fait partie du haut de tableau – en début de championnat, c’est mieux car les grosses écuries ne sont pas encore rodées. Malheureusement, ensuite on perd deux fois à domicile consécutivement et là le doute commence à se mettre en place. Ensuite, Nicolas De Jong se blesse, on a aussi changé des joueurs…

Comment vit-on une telle série noire et surtout, comment on sort-on ?

Déjà, on le vit chacun à son niveau mais que ce soit le joueur ou le staff, c’est très compliqué à vivre. En plus il y avait des entraînements cohérents mais qui ne résultaient pas par des victoires, à un moment on pouvait commencer à se poser la question si on avait le niveau. La confiance était très, très basse et on s’en est sorti avec un déclic qui fut la victoire contre Antibes à la Meilleraie. Elle a fait du bien à tout le monde, l’équipe, le staff mais aussi tous ceux qui travaillent à Cholet Basket et puis au monde extérieur, les partenaires, les supporters.

Il y a aussi eu votre nomination en remplacement de Laurent Buffard. Ca ne s’est pas tout de suite traduit par des résultats positifs puisque vous avez perdu contre Le Havre et Paris-Levallois mais après six matches, votre bilan est de 3 victoires pour 3 défaites. On parle souvent de l’électrochoc que peut induire un changement de coach, pensez-vous que cela a fonctionné pour vous ?

Ce n’est pas facile comme question (il hésite longuement). D’abord, je dirai que l’électrochoc n’a pas eu lieu dans le sens où le changement d’entraîneur a résulté sur deux défaites, contre l’équipe qui était dernière du championnat (Le Havre) et une autre qui n’était pas au mieux (Paris-Levallois). Le choc psychologique, je n’y crois pas trop, je crois plutôt au travail sur la durée. C’est cette première victoire contre Antibes qui a eu valeur de déclic et puis nous les entraîneurs, on a une part à jouer dans les résultats mais c’est avant tout sur le rectangle que ça se passe.

« Je crois qu’il n’y a que la catégorie minime que je n’ai pas entraînée à Cholet »

 

Jérôme Navier a connu Stephen Brun à l'époque où ce dernier était Espoir à Cholet

 

Vous n’aviez jamais coaché en Pro A avant cela, pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

Je suis choletais pure souche, j’ai fait mes gammes de basketteur à Cholet Basket mais je n’avais pas le talent pour être sur le centre de formation. Par contre j’ai vite attrapé le virus du coaching et dès l’âge de 18 ans j’ai arrêté le basket pour coacher. A force de travail et aussi de résultats, j’ai réussi à intégrer rapidement le centre de formation de Cholet, en tant qu’entraîneur adjoint avec les Cadets France au début des années 2000. C’était la génération Mipoka, Gelabale, Mouillard… Et on a fait le doublé. J’ai aussi été assistant des Espoirs. Ensuite je me suis dit que si je voulais en faire mon métier, il fallait que je vois autre chose que Cholet donc je suis parti à Nantes pendant deux ans où j’étais responsable du centre de formation. En 2003, Eric Girard souhaitait m’avoir comme adjoint au Havre, en Pro A, et puis il m’a emmené avec lui vivre des saisons exceptionnelles à Strasbourg pendant 4 ans, où on a été champion de France et connu l’Euroleague. Après cela, Eric a fait un break et j’ai lancé mon aventure de coach en N1 où ça s’est très mal passé. J’ai rejoint Eric Girard à Limoges en Pro B mais la non-accession en Pro A, après la finale perdue contre Poitiers, ne m’a pas permis de rester à Limoges. J’ai tenté une autre aventure en N2 avec Longwy mais au dernier moment le club a été repêché en N1, et ça a été une saison très difficile tant professionnellement que personnellement. J’ai donc décidé de revenir à mes sources, à Cholet, où j’étais responsable du scouting en Euroleague pour Erman Kunter. J’ai ensuite fait un break et en 2013, j’ai retrouvé un poste à Nantes. Et l’année dernière, j’ai reçu un coup de téléphone d’Eric Girard pour le rejoindre au Portel mais quelques jours après, Cholet m’a proposé d’être assistant de Laurent Buffard en Pro A, jusqu’à début décembre où on m’a proposé le très gros challenge de maintenir cette équipe en Pro A.

Quand on est Choletais d’origine, comme vous, qu’est-ce que cela fait de se voir proposer les rênes de son club de cœur ?

C’est quelque chose de très fort parce que même si c’est une situation particulière, prendre la suite de la personne avec qui je travaillais tous les jours, je suis aujourd’hui le coach principal de l’équipe pro de Cholet et pour moi c’est spécial. J’étais gamin dans les tribunes de la Meilleraie pour supporter cette équipe pour ensuite connaître quasiment tous les échelons sportifs de Cholet. Je crois qu’il n’y a que la catégorie minime que je n’ai pas entraînée à Cholet.

Durant toutes ces années, coacher en Pro A constituait-il un objectif à long terme ?

Je ne fais surtout pas de plan sur la comète, ce qui me plaît, c’est d’abord de travailler en staff. Ca a toujours été mon objectif, quel que soit le poste que j’occupe. Pour moi une équipe professionnelle, ce n’est pas qu’un coach et des joueurs. Mais aujourd’hui je donne des directives, j’écoute, j’échange et au final c’est moi qui prends les décisions. Et c’est très intéressant.

Cholet est l’un des clubs historiques du basket français et qui a d’ailleurs connu de grandes réussites récemment, avec un titre de champion de France en 2010 notamment, mais c’est aussi un club qui, depuis, est descendu dans la hiérarchie et n’a plus fait les playoffs depuis 2012 et le départ d’Erman Kunter. Comment expliquez-vous cela ? Cholet n’a pas trouvé le bon successeur à Kunter ou bien y a-t-il d’autres raisons ?

Je ne peux pas répondre à cela puisque moi je suis revenu à Cholet la saison dernière. Et il ne faut pas oublier qu’il y a eu des titres avec Erman Kunter, notamment le plus glorieux, mais auparavant le club avait aussi gagné des choses. Pour diverses raisons, le club est descendu ces dernières années. Médiatiquement, c’est toujours un gros plus d’être champion de France, de faire l’Euroleague, il y a aussi un gros boom financier car c’est plus facile d’attirer des sponsors dans ces conditions. Et même si l’argent ne fait pas tout, ça réduit le risque de mauvais résultats. Depuis quelques années, la masse salariale diminue et automatiquement, il y a un risque de résultats plus compliqués. Et malgré cela, Cholet est avec Villeurbanne le seul club à n’être jamais descendu en Pro B.

« Je pense réellement que le recrutement doit se professionnaliser dans le basket »

 

DaShaun Wood, la bonne pioche pour Cholet ?

 

Cholet a déjà utilisé 9 joueurs non formés localement cette année, avec l’arrivée récente de DaShaun Wood. L’année dernière, 9 aussi et la saison précédente, 8. Ces dernières saisons, il y a un gros turnover des joueurs étrangers. Cela ne traduit-il pas un problème dans le recrutement, le scouting ?

C’est une très bonne question. Je pense que le recrutement estival est très, très important pour la suite des résultats et je pense que ce ne serait pas idiot d’avoir un staff recrutement, composé d’une ou plusieurs personnes qui ne s’occupe que de cela à plein temps. Le marché est tellement ouvert, on a aujourd’hui un turnover de joueurs étrangers à chaque fin de saison, mais aussi dans la saison qu’on ne connaissait pas il y a vingt ans. C’est aussi dû au fait qu’on a le droit à 5 joueurs étrangers par équipes. Tout cela fait que le recrutement est compliqué : il y a tellement de joueurs dans tellement de championnats différents, sachant que certains réussissent dans un championnat et pas dans l’autre, et même parfois dans un même championnat, certains joueurs réussissent dans une équipe et pas dans l’autre… Pour limiter le hasard, je trouve qu’une cellule recrutement dans un club c’est très, très important. Car on ne peut pas simplement recruter sur des chiffres et un bout de vidéo. Avoir un regard sur tous les championnats européens, et même sur les championnats plus exotiques car on se rend compte que des joueurs sortent d’on ne sait trop où et sont performants. Tout ça prend beaucoup de temps et ce n’est pas compatible avec le job d’entraîneur au cours de la saison. Or quand il y a des blessures ou des erreurs de casting en cours de saison, ce serait bien d’avoir au moins une personne qui pourrait passer tout son temps pour voir des matches, rencontrer des agents, des joueurs, des coaches. Je pense réellement que le recrutement doit se professionnaliser dans le basket.

Vous avez d’ailleurs effectué un recrutement tout récemment avec l’arrivée de DaShaun Wood mais il y en a eu d’autres en cours de saison, comme J.P. Prince ou Junior Mbida. Aujourd’hui, l’équipe telle qu’elle est construite vous semble-t-elle mieux outillée pour le championnat ?

L’arrivée de Junior Mbida a eu un impact lors de nos victoires contre Antibes et Nancy car on a pu rééquilibrer l’absence de Nicolas De Jong. Malheureusement, Junior s’est blessé juste avant Noël donc on retombe dans une configuration avec un seul vrai numéro 5 qui est Murphey Holloway, mais ce sont les aléas du sport. L’autre recrutement que j’ai opéré, c’est celui de DaShaun Wood qui pour moi rééquilibre vraiment l’équipe au niveau de la mène. On est plus équilibré désormais sur l’organisation du jeu, le leadership et la complémentarité. Tout le monde va plus évoluer sur son poste naturel, et les résultats parlent pour l’instant en faveur de cet équilibre retrouvé.

Si pour la Leaders Cup il est trop tard, le 8e n’est qu’à trois victoires aujourd’hui. Du coup, les playoffs redeviennent-elles un objectif ?

Très clairement, non. Le premier objectif c’est de gagner le prochain match, que l’équipe soit meilleure match après match sachant que l’objectif premier est de se maintenir le plus rapidement possible en Pro A. Si toutefois, il y avait une éventualité de playoffs à la fin de la saison, on fera tout pour.

Votre prochain match, ce sera au Mans, chez l’un des 4 coleaders du championnat. C’est donc un déplacement difficile. Mais c’est aussi le derby de l’Ouest entre Le Mans et Cholet. Pour vous qui avez connu de gros derby, à Strasbourg notamment entre la SIG et le SLUC, le derby entre Le Mans et Cholet est-il comparable ?

Non, pour moi les derbies existaient quand il y avait une continuité dans les équipes. Aujourd’hui, le turnover est tel que je ne sais pas si J.P. Prince a cette notion de derby contre Le Mans, ou si Mouphtaou Yarou a cet esprit de derby contre Cholet. Alors il peut y avoir une grosse rivalité, comme entre Strasbourg et Limoges ces dernières années mais c’est parce que les effectifs ne changent pas beaucoup. La notion de derby, elle est vraiment présente chez les supporters qui eux connaissent l’historique de ces rivalités. Pour nous, Le Mans est un match à deux heures de bus de chez nous (Rires).

Crédits Photo : Alexandre COURAUD (Photo de Jérôme NAVIER) et Etienne LIZAMBARD (Photo deStephen BRUN).

par LNB

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Calendrier Pro A

Équipe domicile Score Équipe extérieur
23 mai (PROA-Playoffs)
80 – 77 Le Mans
LNB TV
24 mai (PROA-Playoffs)
67 – 61 Lyon-Villeurbanne
LNB TV
26 mai (PROA-Playoffs)
80 – 87 Strasbourg
LNB TV
27 mai (PROA-Playoffs)
65 – 58 Monaco
LNB TV
29 mai (PROA-Playoffs)
80 – 59 Monaco
LNB TV
04 juin (PROA-Playoffs)
80 – 73 Lyon-Villeurbanne
LNB TV
06 juin (PROA-Playoffs)
73 – 61 Lyon-Villeurbanne
LNB TV
09 juin (PROA-Playoffs)
90 – 69 Strasbourg
LNB TV
11 juin (PROA-Playoffs)
60 – 59 Strasbourg
LNB TV
14 juin (PROA-Playoffs)
77 – 80 Lyon-Villeurbanne
LNB TV

Classement Pro A

PROA – Classement à la 34eme journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Monaco 80 27v - 7d
2 Strasbourg 74 25v - 9d
3 Le Mans 68 23v - 11d
4 Chalon/Saône 65 22v - 12d
5 Lyon-Villeurbanne 62 21v - 13d
6 Gravelines-Dunkerque 62 21v - 13d
7 Pau-Lacq-Orthez 62 21v - 13d
8 Nanterre 62 21v - 13d
9 Dijon 56 19v - 15d
10 Limoges 53 18v - 16d
11 Orléans 50 17v - 17d
12 Antibes 42 14v - 20d
13 Châlons-Reims 42 14v - 20d
14 Paris-Levallois 36 12v - 22d
15 Cholet 30 10v - 24d
16 Nancy 30 10v - 24d
17 Rouen 18 6v - 28d
18 Le Havre 12 4v - 30d

Calendrier Pro B

Équipe domicile Score Équipe extérieur
28 mai (PROB-Playoffs Accession)
58 – 77 Le Portel
LNB TV
81 – 65 Poitiers
31 mai (PROB-Playoffs Accession)
83 – 66 Le Portel
LNB TV
93 – 99 Boulazac
LNB TV
02 juin (PROB-Playoffs Accession)
75 – 83 Evreux
LNB TV
65 – 54 Fos-sur-Mer
LNB TV
04 juin (PROB-Playoffs Accession)
61 – 65 Le Portel
LNB TV
114 – 107 Boulazac
LNB TV
07 juin (PROB-Playoffs Accession)
83 – 92 Le Portel
LNB TV
10 juin (PROB-Playoffs Accession)
67 – 52 Evreux
LNB TV

Classement Pro B

PROB – Classement à la 34eme journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Hyères-Toulon 77 26v - 8d
2 Fos-sur-Mer 62 21v - 13d
3 Evreux 62 21v - 13d
4 Boulazac 59 20v - 14d
5 Bourg-en-Bresse 59 20v - 14d
6 Le Portel 56 19v - 15d
7 Nantes 53 18v - 16d
8 Poitiers 53 18v - 16d
9 Lille 53 18v - 16d
10 Vichy-Clermont 50 17v - 17d
11 Saint-Quentin 50 17v - 17d
12 Boulogne-sur-Mer 48 16v - 18d
13 Denain 45 15v - 19d
14 Saint-Chamond 42 14v - 20d
15 Charleville-Mézières 42 14v - 20d
16 Roanne 39 13v - 21d
17 Souffelweyersheim 33 11v - 23d
18 Orchies 24 8v - 26d

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