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Comment se gère une reprise ? –

Le changement, c’est maintenant !

Le Limoges CSP vient de changer de coach. Plus tôt dans la saison, cinq autres clubs pros en avaient fait de même. L’occasion de disséquer, avec cinq entraîneurs ayant déjà repris un club en cours de saison, les coulisses de ces "missions sauvetages"...

Bien sûr, il n’y a pas grand-chose de commun entre le chantier qui s’offre à Philippe Hervé, qui reprend une équipe classée troisième du championnat et disposant sans doute de l’effectif le plus potentiellement rutilant de toute l’élite, et ceux dont ont hérité Jean-Luc Tissot ou Pierre Vincent, tous deux devant se débattre avec un objectif de maintien. D’autant que l’ancien coach de Chalon, l’ASVEL et Orléans, sorti pour l’occasion de son année sabbatique, dispose d’un Pooh Jeter en cadeau Bonux pour remettre les Champions en titre à flot. De la même manière, la reprise en main d’une équipe par l’un des assistants, comme ce fut le cas à Aix-Maurienne (remplacement de Damien Leyrolles par François Sence) ou Saint-Quentin (Sébastien Lambert laissant sa place à Thomas Giorguitti) cette saison, diffère de l’arrivée de J.D. Jackson à l’ASVEL ou de celle du Monténégrin Zvezdan Mitrovic à Monaco, après l’éviction surprise d’un Savo Vucevic alors en tête de la Pro B mais en conflit avec sa direction.

 

Mais quelle que soit la situation de crise poussant les dirigeants à rechercher le très fameux "choc psychologique" en introduisant un nouveau technicien à la barre, tenter de remettre dans le bon sens un groupe de joueurs souvent en plein doute représente un challenge aussi stressant qu’intéressant. Pour en décrypter quelques aspects, plutôt que de consulter les coaches ayant baigné ou baignant encore dans leur expérience parfois toute récente, nous avons préféré appeler cinq entraîneurs ayant connu cette situation au cours de leur carrière. Ainsi, Laurent Buffard a repris Cholet l’an passé en remplacement de Jean-Manuel De Sousa, tout comme Jean-Denys Choulet, intronisé très tôt dans la saison, à Chalon, à la place de Mickaël Hay. Pour Claude Bergeaud, l’expérience est plus lointaine (1997), quand Pierre Seillant, le "prési" palois, le poussa à reprendre le job de son head-coach de l’époque, Jacques Monclar. Enfin, nos deux entraîneurs de Pro B consultés ont tous deux également découvert le job en se voyant appelés à prendre la place de leur "boss", Rémy Valin, en 2007, à Évreux, et Julien Espinosa, déjà à deux reprises dans sa toute jeune carrière, qui dut finir les saisons 2012-13 (après le licenciement d’Alain Weisz) et 2013-14 (celui de Jean-Aimé Toupane) à la tête d’Antibes.

Dealer avec les rumeurs…

Pour commencer, le métier de coach est ainsi fait - avec très peu de places disponibles et beaucoup de prétendants - que pour avoir un boulot, surtout en cours de saison, il faut fatalement prendre la place d’un collègue. Les équipes "dans le trou" sont connues et suivies à la loupe. Le licenciement du coach, souvent précédé de quelques jours ou semaines d’un classique « je lui garde toute ma confiance », signe quasi irréfutable qu’un changement est à venir, paraît souvent prévisible. Et leurs remplaçants, qu’ils viennent de l’extérieur ou soient les assistants en place, doivent donc commencer parfois un job accompagné de vilaines rumeurs qui accompagnent souvent ces périodes de crise. Celle d’avoir savonné la planche, par exemple, pour le cas des assistants. Rémy Valin raconte : « Moi, quand cela m’est tombé dessus, je tombais des nues. Je ne connaissais même pas les membres du directoire. Je les ai découverts le jour où l’on m’a donné le poste. J’avais 28 ans et demi, je n’avais jamais pensé une seconde qu’ils me proposeraient ce poste-là ! C’était ma toute première saison en tant qu’assistant-coach. J’étais très jeune et plongé dans une année hyper difficile. Une fois que Pascal (Thibaud) avait été remercié, j’ai été poussé par certains joueurs à accepter. Humainement, c’est très compliqué à gérer, parce que tu es aux côtés d’un coach que tu as vu se battre toute l’année pour sortir l’équipe de la galère. Et l’année où je reprends l’équipe, le problème n’était pas le coach, mais plutôt un joueur, Michael Hicks, qui était le ver dans le fruit. Le problème, là, c’est que c’était un gars qui mettait 20 points par match, mais à 38% et sans aucun investissement défensif. C’est le type même de joueur qui rend les choses compliquées. M        ais je n’ai pas vraiment eu à affronter cette idée-là vis-à-vis des joueurs, car le groupe focalisait surtout sur ce joueur. Et puis, au cours de l’année, en tant qu’assistant, j’arrivais au bureau à 8 h et je repartais à 21h. J’avais tout donné pour le coach. »

Le cas de Julien Espinosa, intronisé, à Antibes, en 2011-12, à 27 ans seulement, head-coach de son club de toujours, est atypique. Lancé à la tête d’une équipe en transition, avec le maintien comme seul objectif, il s’en tire très honorablement en terminant la saison à la dixième place. La saison suivante, avec l’arrivée de nouveaux actionnaires et une ambition retrouvée, Julien se retrouve assistant d’un monument du coaching, Alain Weisz, plus de trente ans de métier derrière lui dont quatre à la tête des Bleus. Mais à sept journées de la fin de la saison 2012-13, les dirigeants décident de couper l’ancien sélectionneur et de confier l’équipe "au petit". « Quand on m’a dit : on pense à toi pour terminer la saison, dans un club où j’ai toujours évolué, je me suis juste senti intérimaire, raconte-t-il. C’est d’ailleurs ce que j’ai été : intérimaire. Pour moi, je ne prenais pas la place d’un coach, ce n’était pas un job sur le long terme. Je répondais à un besoin ponctuel de mon club de toujours. Alors, je n’ai pas ressenti de conflit de loyauté avec Alain, parce que tout ce qui pouvait se passer en interne, nous en parlions très ouvertement. Les limites de nos performances, tout ça… Avec lui, j’essayais juste de me comporter à livre ouvert, en lui confiant tout ce qui pouvait me passer par la tête pour essayer d’améliorer certaines choses. » Quatorze matches (dont 7 de playoffs) et douze victoires plus tard, voilà les Sharks Champions de France de Pro B. Pourtant, pour retrouver l’élite, Antibes décide d’engager Jean-Aimé Toupane et Julien retrouve son rôle d’assistant… avant de devoir de nouveau reprendre en main l’équipe, en décembre 2013, suite à un départ catastrophique. « Avec Jean-Aimé, les choses étaient un peu différentes. Je le connaissais moins bien, parce qu’avec Alain, quand il coachait Hyères-Toulon, on se voyait tous les ans, pendant les matches amicaux. Alors qu’avec Jean-Aimé, je n’avais pas les mêmes connexions. Et puis le contexte était différent, avec la remontée en Pro A, le fait d’arriver dans une nouvelle salle, la pression était sans doute encore beaucoup plus forte. »

 

Un débrief avec le prédécesseur ?

Par pudeur, souvent, le passage de témoin entre les deux techniciens est au mieux sommaire, au pire inexistant. « Il n’y a pas vraiment eu de débrief, confie ainsi Valin. On s’est revu une fois la saison terminée et Pascal m’avait demandé si j’avais œuvré dans son dos. On a eu une discussion franche. C’était difficile, parce que nous avions une grosse différence d’âge et nous ne nous connaissions que depuis sept ou huit mois, donc sans le temps d’avoir tissé des liens solides. » Pour Bergeaud et Espinosa, la transition s’était plutôt bien passée, Alain Weisz prenant le temps de demander à Julien comment il comptait s’y prendre et de lui prodiguer quelques conseils précieux. Claude raconte : « Avec Jacques, cela s’était très bien passé. C’est même lui qui était venu vers moi, tout jeune dans la profession à l’époque. Moi, je l’avais appelé pour lui dire que le président m’avait proposé le job et qu’il n’y ait pas de malentendu entre nous. Après, c’est lui, grand seigneur, qui m’avait rappelé pour me donner quelques conseils, me dire : "n’oublie pas de faire ça, ça et ça". Cela avait été important pour lever la culpabilité qu’on a toujours quand on accepte de reprendre le job d’un autre. » Jean-Denys Choulet, lui, n’a pas eu de contacts : « Non, la décence fait que tu n’as pas envie d’aller emmerder l’ancien coach avec tes questions. De toute façon, je ne pense pas qu’un coach qui vient de se faire virer ait une vision 100% objective des choses. »

 

Simplifier au maximum…

Mais quelles sont les réelles priorités lors de la reprise d’un groupe forcément en plein doute ? Comment impulser sa "patte" alors que l’on débarque en plein championnat avec, fatalement, un match à jouer quelques jours plus tard ? Là, la réponse des coaches varie peu. D’abord, tous ou presque évoquent avec humilité le fait de bénéficier alors de conditions favorables. « On ne peut pas changer grand-chose en quelques jours, analyse Laurent Buffard. Alors, à part réinjecter un peu de confiance chez les joueurs, tenter de leur remettre la tête à l’endroit… La différence, elle est dans l’état d’esprit et la confiance que peut retrouver le groupe. Il faut rationaliser le travail. Tes leviers, ils ne sont pas à dominante basket, parce que le coach précédent connaissait le basket d’abord, parce que tu ne peux pas tout changer en quelques jours ensuite. Donc, tu joues sur des trucs plus psychologiques, de communication interne, expliquer les rôles de chacun, etc. » On retrouve le même discours ou presque chez Claude Bergeaud : « Il te faut revenir sur des fondamentaux. En situation de crise, tout le monde est dans le stress. Et le stress te conduit à ne plus regarder que le détail en oubliant l’essentiel. Les basiques comme le combat, tout bêtement. La conquête, les duels. Il faut rechercher une simplicité qui va rassurer tout le monde. En fait, c’est un peu du bidon, parce que ces fondamentaux, le coach d’avant devait lui-même les avoir bassinés 50 fois ! Mais ils ont besoin de cette simplification pour se remettre en ordre de marche. Simplifier, au départ, c’est la clé ! Même si c’est un peu de la poudre aux yeux, parce que c’est l’attitude des joueurs qui change les choses. »

Cette indispensable simplification revient chez chacun. « Il faut aller au plus simple, dit ainsi Valin. Donner de suite des repères clairs aux joueurs. Une équipe dont le coach change, elle est forcément en plein doute. Des règles, en attaque comme en défense, une hiérarchie cohérente et surtout ne pas en bouger. Surtout quand on a aussi peu de temps. Il faut que les joueurs retrouvent une forme de sécurité, de sérénité. Aller au plus simple, c’est aussi pour qu’il y ait rapidement beaucoup d’engagement, physique comme mental. Plus tu complexifies, plus c’est difficile pour eux de s’engager. »

Casse-gueule ? Pas toujours…

Mais n’est-ce pas une situation finalement très dangereuse parfois, pour un coach ? « Je ne crois pas que ce soit casse-gueule, non. C’est même parfois plus intéressant encore. Tu sais, au Liban, mis à part les deux Ricains, l’équipe avait été constituée sans moi. Mais c’est à toi d’adapter ton coaching, tes méthodes, ta philosophie en fonction des joueurs dont tu disposes. Après, chaque situation est différente. Là, Philippe Hervé, il récupère quand même onze joueurs de luxe. Tu peux te faire plaisir. Et ce serait difficile de te planter avec un effectif pareil ! Il y a quand même un groupe en or ! » Ah, oui, en conclusion, à travers leurs expériences respectives, tous les coaches s’accordent à dire que… il y a reprise… et reprise. « Quand tu reprends l’effectif de Limoges, ce n’est pas tout à fait pareil que si tu te retrouvais avec celui de Boulogne, hein ! », résume Jean-Denys Choulet dans un rire. Claude Bergeaud le rejoint, et sent bien Limoges capable d’aller au bout : « C’est jouable pour Philippe (Hervé). Parce que quand tu regardes, il y a quand même un sacré matos ! Moi, je t’avoue que quand je regarde l’effectif en face, je me dis souvent : quel matos ! Il y a aussi Strasbourg et Nanterre, qui sont forts, mais Philippe va mettre de la discipline, du management humain, et il y a des chances pour que Limoges aille au bout. »

Laissons la conclusion à Laurent Buffard, un brin philosophe sur l’évolution du métier. « Nous sommes des hommes de passage. Je ne sais pas si on met vraiment sa patte. Le métier, il a changé. Il y a des ego à gérer, des conflits éventuels, l’environnement du club, la presse, etc. Alors, mettre sa patte, ça peut se faire sur plusieurs années, oui, mais pas en trois ou quatre mois… On voit plus vite ça sur une équipe féminine. Chez les garçons, tu peux installer ça dans la durée, mais comme les effectifs changent tout le temps… Je fais souvent aux gens le coup des tribunes à la Meilleraie. En face du banc, c’est la tribune partenaires. Celle où tu entends : "ah bah si j’avais géré mon entreprise comme ça, ça ferait longtemps qu’on aurait mis la clé sous la porte !" Ensuite, à droite, tu as celle des groupes de supporters. Là, c’est plutôt : "Mais pourquoi vous n’avez pas pris Michael Jordan plutôt que machin, c’est lui qu’il fallait !" Les fans, ils ne connaissent pas le budget, la cuisine… Après, tu as la présidentielle, avec les dirigeants qui se demandent "pourquoi il ne prend pas temps mort là ?" ! Bref, tout le monde, aujourd’hui, a son idée sur ce qu’il faudrait faire. »

par LNB
Source: LNB

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Calendrier Pro A

Équipe domicile Score Équipe extérieur
28 avril (29ème journée)
70 – 84 Chalon/Saône
LNB TV
29 avril (29ème journée)
90 – 71 Antibes
LNB TV
30 avril (30ème journée)Pariez
18:30 Pau-Lacq-Orthez
01 mai (30ème journée)Pariez
20:30 Gravelines-Dunkerque
02 mai (30ème journée)Pariez
20:00 Lyon-Villeurbanne
20:00 Hyères-Toulon
20:00 Orléans
20:00 Nanterre
20:30 Le Mans
20:30 Nancy

Classement Pro A

PROA – Classement à la 29ème journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Monaco 90 26v - 3d
2 Chalon/Saône 76 22v - 7d
3 Strasbourg 69 20v - 9d
4 Nanterre 69 20v - 9d
5 Pau-Lacq-Orthez 69 20v - 9d
6 Paris-Levallois 66 19v - 10d
7 Gravelines-Dunkerque 52 15v - 14d
8 Lyon-Villeurbanne 52 15v - 14d
9 Le Portel 52 15v - 14d
10 Limoges 49 14v - 15d
11 Cholet 38 11v - 18d
12 Le Mans 38 11v - 18d
13 Dijon 35 10v - 19d
14 Hyères-Toulon 35 10v - 19d
15 Antibes 32 9v - 20d
16 Châlons-Reims 32 9v - 20d
17 Orléans 28 8v - 21d
18 Nancy 25 7v - 22d

Classement Pro B

PROB – Classement à la 30ème journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Bourg-en-Bresse 74 22v - 8d
2 Fos-sur-Mer 67 20v - 10d
3 Charleville-Mézières 57 17v - 13d
4 Lille 57 17v - 13d
5 Blois 54 16v - 14d
6 Evreux 54 16v - 14d
7 Boulazac 54 16v - 14d
8 Poitiers 54 16v - 14d
9 Nantes 50 15v - 15d
10 Le Havre 50 15v - 15d
11 Rouen 50 15v - 15d
12 Denain 47 14v - 16d
13 Roanne 44 13v - 17d
14 Saint-Quentin 40 12v - 18d
15 Boulogne-sur-Mer 40 12v - 18d
16 Vichy-Clermont 40 12v - 18d
17 Saint-Chamond 37 11v - 19d
18 Aix-Maurienne 37 11v - 19d

Matches TV

BILLETTERIE

  • Strasbourg
    Nanterre

    PROA, 30ème journée

    Le 02 mai 2017 à 20h00

    A partir de 8€

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  • Chalon/Saône
    Gravelines-Dunkerque

    PROA, 32ème journée

    Le 09 mai 2017 à 20h00

    A partir de 6€

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  • Nanterre
    Limoges

    PROA, 31ème journée

    Le 06 mai 2017 à 18h30

    A partir de 7€

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  • Chalon/Saône
    Hyères-Toulon

    PROA, 30ème journée

    Le 02 mai 2017 à 20h00

    A partir de 5€

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  • Bourg-en-Bresse
    Denain

    PROB, 32ème journée

    Le 09 mai 2017 à 20h00

    A partir de 9€

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  • Roanne
    Fos-sur-Mer

    PROB, 31ème journée

    Le 05 mai 2017 à 20h00

    A partir de 4,50€

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  • Lille
    Poitiers

    PROB, 32ème journée

    Le 09 mai 2017 à 20h30

    A partir de 0€

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