LDC

Actualités Disneyland Paris Leaders Cup LNB

Strasbourg - ASVEL : choc d'entrée

Les deux plus gros budgets de Pro A s'affrontent dès les quarts de finale de la Leaders Cup. Présentation de Strasbourg et de Lyon-Villeurbanne.

David Logan (SIG) déborde John Roberson (ASVEL) lors de la victoire de Strasbourg au Rhénus le 19 novembre (82-76) (Photo : D.Brault)

SIG Strasbourg (1er ex aequo, 14v-6d)

Du lourd sous le capot !

Ces cinq dernières saisons, la SIG et son entraîneur, Vincent Collet, avaient toujours misé sur la stabilité. Par choix ou opportunisme, il n’en est pas de même cette saison. La F1 alsacienne, même privée de Louis Labeyrie, commence à trouver la bonne carburation. Son potentiel impressionne…

S’il y a bien une chose qu’on ne peut reprocher aux équipes coachées par Vincent Collet, c’est l’instabilité. Le sélectionneur national a toujours tout fait pour travailler et polir la « matière brute » qu’il aura sélectionné l’été précédent, plutôt que de faire valser ses effectifs à la moindre sous-performance de l’un ou de l’autre de ses renforts étrangers. Une politique louable basée sur le collectif et maintenue coûte que coûte ces dernières saisons, même lorsque ses adversaires, comme Limoges en 2015 (Pooh Jeter) ou l’ASVEL en 2016 (Casper Ware, David Andersen et Livio Jean-Charles) finissent par remporter le gros lot à coup d’adjonction tardive d’une (grosse) dose de talent…

Pourtant, cette saison, Collet semble parti pour changer ses habitudes. Un recrutement tardif sur le dernier poste non-JFL après la volte-face de Jerel McNeal (Levi Randolph est arrivé le 31 janvier de Sassari), des corrections d’effectifs assumées (Miro Bilan pour Chris Otule, Dee Bost pour Michael Dixon), plus des « opportunités » saisies dernièrement, comme l’arrivée de Damin Inglis saisie mi-janvier, ou l’embauche de Flo Piétrus jusqu’à la fin de la saison. Bref, la SIG et son head-coach ont changé leurs habitudes pour se donner aussi les moyens d’aller chercher un titre de Champion qui les fuit d’un rien ces 5 dernières saisons. Les dernières prestations indiquent que l’équipe alsacienne est sur la bonne voie. La SIG reste en effet sur six victoires de suite en Pro A, est allé réaliser un clinic à Banvit pour décrocher sa qualification pour les 8e de finale de la BCL et vient de dominer très nettement Bourg-en-Bresse au Rhénus en Coupe de France. Les SIG Men ont les armes pour aller au bout à Disney.

Le joueur à suivre…

David Logan

Enorme scoreur en deuxième division NCAA lors de sa carrière universitaire à Indianapolis (28,6 pts), l’Américain naturalisé polonais, David Logan (1,85 m, 35 ans depuis décembre dernier) a ensuite commencé sa carrière européenne par des ligues modestes (LegaDue, Pologne). Mais révélé très vite en Euroleague avec Sopot (2e scoreur en 2008-09 avec 17,0 pts de moyenne), Logan a ensuite écumé les effectifs des « gros » du continent à Vitoria, Panathinaikos, Maccabi ou Berlin. Son immense expérience profite à la SIG cette saison : 16,8 points à près de 50% et 15,8 d’évaluation en Pro A. Il est l’un des outsiders à considérer pour le Trophée de MVP.


 

ASVEL Lyon-Villeurbanne (6e, 11v-9d)

La T.P. Family en conquête…

Même si Tony Parker a toujours aimé travailler « en famille », en confiant à des très proches (Gaétan Muller ou Marie-Sophie Obama chez les filles de l’ASVEL) la direction opérationnelle, confier le volant du bolide sportif à son frère T.J. n’était pas prévu aussi tôt. Qu’importe !

Perdre sur le terrain du Champion de France en titre n’a sans doute rien d’infamant. Mais le faire de 32 points, en donnant une véritable impression de démission collective, et ce alors que Chalon se traîne dans les bas-fonds de la Pro A, c’en était trop pour Tony Parker. Le meneur des Spurs a dû précipiter l’intronisation de son frère, T.J., devenu ainsi le plus jeune coach de Pro A en activité (3 mois de moins que Julien Espinosa, dresseur de Requins d’Antibes), avec quelques mois ou saisons d’avance sur le programme imaginé.

Charge donc à T.J. de remettre sur les rails la « Ferrari » de la Pro A, un effectif bourré de diamants bruts comme John Roberson, A.J. Slaughter, Charles Kahudi et DeMarcus Nelson, mais qui avait un mal fou à assumer sur le terrain son statut de budget n°1 du basket français depuis le début de saison. Visiblement, si ce groupe estampillé All-Star avait « lâché » le Franco-Canadien, il a entrepris de se solidariser à l’arrivée de T.J.  (4 victoires consécutives). Mais est ensuite retombé deux fois à l’Astroballe, face à Kazan et Pau, avant de laisser échapper la qualification pour le Top 8 de l’EuroCup à Reggio Emilia… Si l’ASVEL dispose d’un effectif cinq étoiles et reste sur un étrillage en règle de la JL Bourg à Ekinox ce week-end, cette équipe est néanmoins très dépendante de sa force de frappe derrière la ligne à trois-points, et manque d’alternance entre jeu intérieur et extérieur. En l’absence d’Amine Noua (out pour la Leaders Cup suite à une inflammation au niveau du pied), le positionnement temporaire de Charles Kahudi sur le poste 4 est une option intéressante, notamment en défense. Cependant, cette équipe est encore loin d’avoir exploité tout son potentiel. Le chantier est encore vaste pour T.J. Parker.

Le joueur à suivre…

John Roberson

Il y a deux ans et demi, Jean-Denys Choulet était allé dénicher e lutin (1,80 m généreusement mesurés, 29 ans depuis fin octobre), plein Nord, aux Sodertälje Kings, avec qui ce natif de Kansas City avait remporté trois fois de suite la Sweden Basketligan. Un choix payant, Roberson ayant produit une saison 2016-17 de feu et offert à l’Elan le titre en juin dernier, on s’attendait à la voir tout aussi dominant avec l’ASVEL cette saison. Il l’a pour le moment été par séquences (42 points à 11 sur 16 derrière l’arc contre Gran Canaria en EuroCup, 25 pts à Cholet fin janvier), mais doit encore gagner en constance…


Le prono de Jérémy Nzeulie (Chalon-sur-Saône)

« C’est la plus belle affiche de ces quarts de finale. La blessure de Louis Labeyrie est assez difficile, même s’ils ont bien géré cela pour l’instant. Ils ont un très, très gros effectif. Je mettrais quand même une petite pièce sur Strasbourg. »