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Special Game #3 : Limoges - Pau-Lacq-Orthez : le 104e Clasico

C’est le PSG-OM du basket français. Le Limoges CSP reçoit l’Élan Béarnais Pau-Lacq-Orthez ce dimanche à 18h30. Que représente ce Clasico pour la nouvelle génération ? Éléments de réponse avec Léo Cavalière et William Howard qui reviennent pour nous sur ce #SpecialGame du mois de janvier !


Tout a été dit et redit sur la plus grande rivalité de l’histoire du basket français. Rivalité née dans les années 80 lorsque l’Élan Béarnais évoluait encore à Orthez, et dont l’événement déclencheur a été la fameuse bagarre survenue lors de la finale 1987. 

Ce Clasico, un joueur américain en a fait un documentaire il y a deux ans. Anthony Goods, aujourd’hui membre du SLUC Nancy en Pro B, est passé brièvement par Pau-Lacq-Orthez lors de la saison 2016-17. Il a eu l’occasion de jouer le 100e Clasico face au Limoges CSP. L’Américain a été fortement marqué par cette expérience et a décidé de réaliser « The Derby », film d’une trentaine de minutes jalonné d’images d’archives et d’une vingtaine de témoignages des acteurs du Clasico, parmi lesquels le regretté Fred Forte, interviewé peu avant sa disparition le 31 décembre 2017. 


Paul Henderson (à gauche) et Richard Dacoury, deux figures historiques de Pau et Limoges. 


La fameuse bagarre de 1987 et l’empoignade de Pierre Seillant sur Clarence Kea, les petites phrases des présidents emblématiques, Pierre Seillant et Xavier Popelier, et deux décennies plus tard, de Didier Gadou et Fred Forte, le transfert de Michel Gomez de Limoges à Pau en 1993, l’odeur de soufre de ces confrontations sans nulle autre pareille, tout est dans le document proprement indispensable pour saisir l’essence de cette rivalité historique entre les meilleurs ennemis de la Jeep® ÉLITE. 

 



Les deux institutions ont raflé 20 titres de champion de France (11 pour Limoges, 9 pour Pau), disputé 25 finales (14 pour Limoges, 11 pour Pau). Leur dernier affrontement en playoffs remonte à la saison 2000, celle du triplé limougeaud. Le CSP s’était imposé 2-1 en demi-finale. Après les 103 Clasico, les deux équipes sont à égalité au nombre de victoires : 51 partout, et un match nul.  


Léopold Cavalière, l’ailier de Pau-Lacq-Orthez avait quatre ans en 2000, quand Palois et Limougeauds se sont affrontés pour la dernière fois en Playoffs. Il n’a évidemment pas vécu ces grands clasicos : « Mais quand on arrive à l’Elan Béarnais, on nous imprègne de toute l’histoire du club », dit-il « Dans cette histoire, il y a une belle partie sur le clasico. On nous a montré la vidéo de la bagarre. Pour moi, ça évoque un match à la saveur particulière, presque en dehors du championnat. Je me souviens de Rémi Lesca qui me disait, « le premier truc que je regarde dans le calendrier, c’est quand est-ce qu’on jouera Limoges. »

 
Léo Cavalière est entré en jeu quelques minutes lors du 100e clasico il y a deux ans. L’un des moments forts de sa jeune carrière : « Il avait eu lieu à Pau. On avait gagné de très belle manière et j’avais eu l’occasion de jouer un peu alors qu’à l’époque, j’avais un petit rôle dans l’équipe. Le Palais était en feu, plein à craquer. J’avais l’impression que chacun des supporters se donnait à fond. Je n’ai jamais ressenti quelque chose comme cela depuis. C’était une ambiance de folie. C’est mon plus beau souvenir de clasico. » 


La saison passée, l’Elan Béarnais a commis le crime de lèse-majesté de s’imposer à Beaublanc (82-71, lors de la 7e journée). « Il y avait eu un pari sur ce match », relate Cavalière. « Le coach avait parié avec un partenaire. Si on gagnait à Limoges, le partenaire en question devait nous repeindre toute la cuisine dans laquelle on mange. Je me rappelle du speech du coach (le Belge Serge Crèvecoeur) à la fin du match. Il était content d’avoir gagné mais encore plus content d’avoir gagné une cuisine toute repeinte. Alors que gagner à Limoges c’était quelque chose d’énorme ! ». 


Léo Cavalière monte au cercle face à Fos-sur-Mer, le week-end dernier. (Photo : Eric Traversié)


« On n’avait pas été bons, pas à la hauteur du match », se souvient William Howard, l’ailier international du CSP, qui jouait à cette occasion le premier clasico de sa carrière – blessé, il avait manqué le match retour à Pau, également remporté par les Palois. « Il y avait une bonne ambiance mais d’autres matches m’ont plus marqué, comme en Playoffs, où l’ambiance était vraiment folle. » 

De part et d’autre, les supporters font bien comprendre à leurs protégés qu’il s’agit pour eux du match le plus important de l’année. « Dès que je suis arrivé à Limoges, c’est direct le match dont ils nous parlent », poursuit Howard. « Cette année, depuis le dernier match à domicile, avant la trêve, ils ont commencé à m’en parler. Ils nous disent qu’on ne peut pas perdre, tout simplement. » Même refrain du côté de Léo Cavalière : « Les supporters nous en parlent un mois avant ! Et puis il y a l’ambiance pendant le match. À un moment donné je me suis demandé si je ne préférais pas jouer les clasico à Limoges parce que se faire siffler est agréable et motivant », souffle l’ailier palois. 


Le 104e clasico du 20 janvier sera sublimé par l’enjeu sportif de la rencontre. Les Limougeauds jouent leur qualification à la Disneyland Paris Leaders Cup sur ce match. Les Palois ne se priveront pas s’ils peuvent empêcher leur rival de rallier le grand 8 du mois de février. « Cela serait un peu la cerise sur le gâteau », sourit Léo Cavalière, membre indiscutable du cinq palois cette saison, et dont l’équipe carbure à plein régime depuis l’arrivée à la mène de Mickey McConnell.

« On est à Limoges donc il faut toujours être au top », rappelle William Howard. « C’est important qu’on fasse la Leaders Cup par rapport à l’institution et pour montrer qu’on est là malgré notre mauvais début de saison. » Une victoire dimanche prochain validerait le retour aux affaires des Limougeauds, en net regain de forme, avec leurs cinq victoires de suite depuis la prise de fonction de François Péronnet. Elle ravirait le peuple limougeaud. Huit jours avant le clasico, toutes les places assises avaient déjà trouvé preneur.  


Les 6 #SpecialGame de la saison :


  1. Strasbourg vs Limoges (J5)

  2. Le Mans vs Monaco (J11)

  3. Limoges vs Pau-Lacq-Orthez (J17)

  4. Le Portel vs Gravelines-Dunkerque (J20)

  5. Nanterre vs Levallois (J22)

  6. Lyon-Villeurbanne vs Monaco (J29)