30 ans LNB

Saison 2009-2010 : Une marée rouge à Bercy

Pour célébrer les 30 ans de la LNB, nous vous proposons un retour sur les saisons passées. La saison 2009-2010 a été marquée par le premier titre de champion de Cholet en Pro A. En Pro B, Pau-Lacq-Orthez ne perd pas de temps et s'impose pour faire l’ascen

La photo du champion de France 2010 : Cholet

Pro A

 

 

Champion de France : Cholet
Finale : Cholet bat Le Mans : 81-65

L’instabilité règne au sommet de la Pro A. En 2010, les playoffs couronnent un septième champion de France différent en sept ans ! Ce champion, inattendu, c’est l’équipe de Cholet entraînée par Erman Kunter. 22 ans après sa première et unique finale (pour sa saison de promue, en 1987-88), le club des Mauges décroche à Bercy son premier titre de champion devant plus de 3 000 de ses supporters.

A l’orée de la saison 2009-10, une équipe se dégage très nettement dans la hiérarchie de la Pro A. L’ASVEL, championne de France en titre, a mis le paquet pour faire le doublé. Le Mans, Orléans, Nancy font figurent d’outsiders. Cholet, absent des playoffs la saison précédente (9e), n’est pas perçu comme un candidat crédible au titre. Le club des Mauges a perdu ses deux fleurons, Nando de Colo et Rodrigue Beaubois, partis respectivement à Valencia et à Dallas. Et, hormis quelques valeurs sûres (Antywane Robinson, Randal Falker, le « virus » John Linehan de retour d’Estonie, Fabien Causeur chipé au Havre), l’effectif n’offre pas toutes les garanties. Les recrues étrangères intriguent. A commencer par l’Américain Alex Barnett et cet ailier sans gros point fort apparent, Samuel Mejia (1,98 m, 26 ans), très à la peine en début de championnat. Après cinq journées, le Dominicain tourne à 1,4 d’évaluation. Une misère ! Barnett ne fera pas long feu. En revanche, Erman Kunter laissera à Mejia le temps de trouver ses marques. A raison, puisque passée sa difficile adaptation à la Pro A, le Dominicain s’affirmera comme un attaquant ultra-complet et un joueur de classe européenne – il quittera Cholet en 2011 pour rejoindre le CSKA Moscou.

Le retour de Gelabale

Le deuxième élément déclencheur est le retour au bercail de Mickaël Gelabale. Quinze mois après sa rupture du ligament croisé – alors chez les Seattle SuperSonics - et une longue période de doute, l’ancien joueur NBA signe à Cholet à la fin du mois de novembre. Gelabale s’intégrera en douceur dans le collectif choletais. Dernier renfort d’impact, celui de Marcellus Sommerville, qui débarque en février. Avec son effectif ultra-dense de 11 joueurs, la meilleure défense du championnat décroche la pole position à l’issue de la saison régulière (23v-7d). Au passage, CB a battu à deux reprises le voisin manceau, son dauphin au classement.

Le quart de finale face à Poitiers est expédié deux manches à zéro. Puis en demi-finale aller, le BCM, déjà vainqueur à Cholet en saison régulière, vient s’imposer à la Meilleraie après prolongation sur un dernier contre venu d’ailleurs de Cyril Akpomedah. Néanmoins, Erman Kunter garde une confiance inébranlable en son équipe. Avant le match retour à Gravelines, il glisse à Jacques Monclar : « Si nous battons Gravelines ce soir, nous serons champions. »

Sportica sera le théâtre d’un incroyable retournement de situation. Après vingt-cinq minutes, les Choletais sont au bord de l’élimination, menés de 17 points (61-44). Deux coups de pattes plein de culot de Fabien Causeur les relancent. En quelques minutes, CB passe un 18-1 à son adversaire, s’en va remporter le dernier quart-temps 28-12 et s’imposer dans le Nord. Il n’y aura pas de suspense lors de la belle. Les Gravelinois ont laissé passer leur chance.

Direction la finale à Bercy et un derby de l’ouest face au Mans. Les hommes de J.D. Jackson privés d’Antoine Diot résistent une mi-temps. Zack Wright est chahuté par la défense pot de colle de John Linehan. Marc Salyers passe à travers. Après la pause, le collectif choletais pose une main de fer sur ce match. Mike Gelabale est de tous les bons coups (11 points, 9 rebonds, 5 passes). Sammy Mejia régale (12 points, 6 rebonds, 7 passes, 5 interceptions). Randal Falker fait le ménage dessous, Antywane Robinson et Marcellus Sommerville envoient des flèches mortelles. Cholet est champion de France (81-65), en route pour la deuxième saison d’Euroleague de son histoire. La prédiction d’Erman Kunter s’est vérifiée.

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Les faits marquants de la saison

Le 21 février 2010, l’ASVEL remporte sur le fil la Semaine des As à domicile face à Orléans (70-69). Une maigre consolation pour le champion de France dans une saison ratée, sans playoffs. Le pivot américain Curtis Borchardt (5,9 points et 4,2 rebonds), top-salaire du championnat avec ses 550 000 € annuels, symbolise cet échec. L’Entente Orléanaise de Philippe Hervé effacera sa déception en remportant la Coupe de France contre Gravelines-Dunkerque.

Ricardo Greer est le MVP étranger la saison. Au sommet de son art, l’ailier dominicain a compilé deux triple-doubles dans la saison et d’autres performances marquantes comme ces 43 d’évaluation à Dijon, ou ces 20 points et 19 rebonds à Roanne. Il termine 7e marqueur, 3e rebondeur, 3e passeur, 5e intercepteur et 1er à l’évaluation de la Pro A. Une usine à stats.

Quelques semaines après avoir reçu son trophée de meilleur espoir, Andrew Albicy (20 ans, Paris Levallois) devient champion d’Europe U20 et est élu MVP du tournoi.  Dans la foulée, Vincent Collet l’appelle chez les A pour disputer le championnat du monde en Turquie. Une saison faste !

Les récompenses individuelles :

Les autres compétitions

Vainqueur Coupe de France : Orléans bat Gravelines-Dunkerque : 73-69

Semaine des As : Lyon-Villeurbanne bat Orléans : 70-69

Pro B

Champion de France : Pau-Lacq-Orthez

Aussitôt descendus, aussitôt remontés ! L’Elan Béarnais a conservé un gros budget en Pro B (4 M€) et assemblé une équipe hors classe : Teddy Gipson, Slaven Rimac, Antoine Mendy, Jean-Fred Morency, Georgi Joseph, Mike Bauer, Marko MaravicDidier Dobbels dirige un effectif cinq étoiles.

La phase aller est bouclée avec 14 victoires en 17 matches. Lors de la 18e journée, le Limoges CSP remporte le classico à Beaublanc sur les épaules d’un grand John McCord (19 points, 13 rebonds, 30 d’éval). Les Limougeauds reprennent la main en tête du championnat. Mais pas bien longtemps. En effet, les Palois enchaînent 12 victoires de suite tandis que  les Limougeauds piétinent (4 défaites en 5 matches).

L’Elan a assommé le championnat, avec cinq victoires d’avance sur le CSP. Les Béarnais joueront le jeu jusqu’au bout en playoffs. Après avoir sortie difficilement Evreux puis Aix-Maurienne, ils retrouvent leurs meilleurs ennemis en finale à Bercy. Slaven Rimac (24 points) et Teddy Gipson (18 points,  6 rebonds) sont dans un grand soir – comme souvent pour Gipson, qui a fini MVP étranger. La défense est à l’avenant. Les Limougeauds d’Eric Girard sont terrassés 78-62, mais montent néanmoins en Pro A à la faveur de leur deuxième place au classement. Les deux grandes maisons feront un tour supplémentaire dans l’antichambre (en 2011-12 pour Limoges, en 2012-13 pour Pau) avant de s’installer durablement en Pro A.

 

Pau

Pau-Lacq-Orthez, Champion de France PRO B 2010

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Les récompenses individuelles :