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Martin Hermannsson (Châlons-Reims), le visage du basket islandais

Martin Hermannsson s'est installé parmi les top-meneurs de l'élite. Meilleur scoreur, 2e à l'évaluation des postes 1, il est aussi le 4e passeur...

Le jeune meneur de Châlons-Reims, passé par Charleville-Mézières en Pro B l’an passé (1,90 m 23 ans) est une des révélations de la saison en Jeep® ÉLITE. Pourtant, il enchaîné sur tous les fronts cette saison avec notamment une participation remarquée avec la sélection nationale d’Islande lors des fenêtres de qualifications pour la coupe du monde 2019. Un engagement qui lui tient à cœur.

« J’aime vraiment le nouveau calendrier que la FIBA a adopté », expliquait Martin en mars 2018. « Je trouve que ça rend la saison plus facile à vivre. Ces coupures font du bien. Evidemment, c’est toujours positif de revenir à la maison et de voir les amis mais là, on fait ça, on reste en forme, on joue des matches et on revient plus frais après. Revigoré. En ce qui me concerne, ça s’est vraiment vu dans mon jeu. Les deux fois où je suis revenu après les fenêtres internationales, j’ai mieux joué. »

Après la première fenêtre en novembre 2017, Martin signe effectivement le 8 décembre dans la réception de Hyères-Toulon son meilleur match du début de saison (21 pts, 7 pds, 27 d’évaluation en 40 minutes) dans une victoire cruciale contre un concurrent direct au maintien. Victoire qui met également fin à une série inquiétante de cinq défaites consécutives pour son équipe. Lors de ce match, Hermannsson joue alors en Pro A comme il l’a fait avec la sélection dont il est désormais le patron.

Sur les quatre matches avec la sélection (2v-2d), il n’est jamais descendu sous la barre des 21 points et tourne sur l’ensemble à 24,5 points (57,6% aux tirs dont 9/19 à 3-pts), 4,3 passes et 3,3 rebonds pour 25,5 d’évaluation. A son retour de sélection, il est surprenant de constater que les bonnes sensations vibrent encore chez l’Islandais. Les habitudes, la confiance et les responsabilités qui sont évidentes pour lui avec l’équipe nationale restent et se transposent sous le maillot de Châlons-Reims.

Depuis la fenêtre de février, Martin a atteint trois fois la barre des 20 points, dans la victoire contre Strasbourg (21 pts), une très belle performance, dans la défaite d’un point face au Mans (20 pts) et surtout dans la victoire face au Portel (27 pts, 6 pds, 5 rbds pour 29 d’évaluation).

Hermannsson est le fils de l’ancien International de basket Hermann Hauksson (2,00 m, 46 ans), présent notamment avec l’Islande à l’Euro 1997 (7,7 pts et 1,7 rbds en 19 min). La sélection est donc pour lui une fierté nationale mais également une affaire de famille. « Depuis que j’ai commencé le basket, mon objectif ultime était de jouer pour l’équipe nationale », confie Martin. « Le rêve le plus fou est de jouer pour son pays. A chaque fois que je revêts le maillot de l’Islande, c’est un feeling différent que celui de jouer pour son club. On joue pour autre chose. On est douze et on représente l’Islande. On veut tout donner, pour montrer que notre pays a le niveau et aussi pour montrer au monde entier ce qu’on vaut individuellement. On est toujours à 110%. »

La carrière d’Hermannsson a grandement bénéficié de l’exposition dont il a bénéficié avec la sélection nationale, notamment lors deux derniers Eurobasket. En 2015, Martin n’a pas encore 21 ans. Il joue peu (4,6 pts et 1,2 pd en 15 minutes) mais il se frotte au top-niveau du Continent (Allemagne, Italie, Serbie, Espagne, Turquie) et en tire une expérience incomparable. Pour lui, formé à Reykjavik en Islande dans un petit championnat difficile à évaluer, passé par la case NCAA (Long Island) où se côtoie le meilleur comme le pire parmi les plus de trois cent établissement de division I, ce plongeon dans le top du basket FIBA permet de le placer sur la carte.

Mais c’est surtout après une superbe saison en Pro B à Charleville (17,2 pts et 5,7 rbds, dauphin de Zachery Peacock à l’élection du MVP de Pro B) à l’Eurobasket 2017 que le meneur explose au grand jour. 12,6 points et 3,6 passes, meilleur joueur de son équipe. Certes l’Islande a vraiment souffert (cinq défaites en autant de matches) mais pour un petit pays, jouer les yeux dans les yeux avec les meilleures nations ne peut que faire progresser le basket dans ce pays. Pour les jours encouragés par un formidable public qui se déplace dans toute l’Europe et qui marque les esprits grâce à son fameux « clapping », il s’agit d’une exposition formidable.

« En équipe nationale, on fait plus attention à nous », reconnait Martin. « On a participé deux fois à l’Eurobasket. Le monde du basket regarde ces matches et observe les joueurs sur le terrain. Si on joue bien, l’exposition est là et les gens vous remarquent. On nous reconnait, c’est normal quand on joue contre les meilleurs joueurs d’Europe. Par exemple, moi, après les derniers derniers matches (fenêtres de qualification pour la coupe du monde en février), j’ai reçu des messages du monde entier. Plein de nouvelles personnes m’ont ajouté sur les réseaux sociaux. Beaucoup de gens regardent ces matches, plus qu’on ne pouvait l’imaginer. Pour les Islandais, ce sont vraiment des rendez-vous importants. Maintenant, beaucoup plus d’agents qu’avant se déplacent en Islande pour regarder des matches des équipes locales. Ces fenêtres de qualification, c’est notre chance de briller et de se faire remarquer. »

Le destin du meneur de Châlons-Reims aurait pu toutefois être bien différent. Jeune, le petit Martin se rêve en footballeur. Il a joué avec les pieds jusqu’à l’âge de 16 ans. Le foot reste sur l’île le sport numéro 1. L’idole de cette génération se nomme Eidur Gudjohnsenp, qui a notamment joué dans les années 2000 à Chelsea et à Barcelone. « Il jouait dans les meilleures équipes du monde et cela a donné à tous les gamins islandais l’espoir de faire la même chose. » A la même période, le meilleur basketteur du pays, Jon Arnor Stefansson (1,96 m, 35 ans), est en train de percer en Italie puis en Espagne dans des clubs prestigieux (Rome, Trévise, Valence). Sauf qu’en Islande, impossible de voir ses matches, contrairement aux rencontres de foot jouées par Gudjjohnsen. « Quand les gens voient jouer leur idole, ils veulent suivre ses pas », affirme Martin.

Simplement, à 16 ans, Hermannsson remporte le championnat nordique avec l’Islande dans la catégorie des moins de 16 ans et il est élu MVP du tournoi. « C’est à ce moment-là que j’ai définitivement basculé du côté du basket. Je ne regrette rien même si parfois, je pense à ce qu’il aurait pu se passer si j’avais choisi le foot. » Dans sa famille, mais globalement pour tout le pays, le sport est une composante essentielle de la culture islandaise. « C’est certain. Il doit y avoir quelque chose de spécial dans l’eau de source qui coule de nos volcans. (Il rit) C’est vrai que c’est incroyable de voir ce que nous parvenons à faire en basket, foot ou encore handball. Même dans des sports individuels. C’est difficile à expliquer. Peut-être que cela tient au côté Viking présent dans notre ADN… Personne n’a d’explication, mais j’espère juste que ces bonnes performances vont perdurer encore longtemps… »

L’objectif désormais pour Hermannsson est de faire rêver lui aussi des gamins qui assureront dans quelques années la relève du basket islandais. Pour ce faire, l’opportunité qui est donnée par les fenêtres de qualification pour la coupe du monde de faire jouer la sélection à domicile représente la meilleure publicité possible pour le sport. « Quand vous obtenez deux qualifications comme ça, coup sur coup, cela démontre vraiment les progrès de votre basket. Deux fois de suite, cela ne peut pas être juste de la chance ! On veut continuer. En plus, nous avons beaucoup de bons jeunes joueurs qui frappent à la porte de la sélection. »

En attendant la troisième fenêtre de juin, le meneur de Châlons-Reims entend avant tout bien finir la saison pour sa première dans un championnat d’élite majeur européen. Son coach, Cédric Heitz, qui l’avait eu la saison dernière à Charleville, n’a pour l’instant pas à se plaindre de son relais sur le terrain venu du froid (14,3 pts, 44% à 3-pts, 5,3 pds et 14,3 d’évaluation). 13e marqueur, 5e passeur, 10e plus adroit à trois-points, 18e évaluation. Hermannsson progresse encore et prouve que la LNB peut regarder ailleurs que de l’autre côté de l’Atlantique pour dégotter des talents. Ou du moins s’arrêter en route pour jeter un œil à cette minuscule île érigée de volcans…

Une chose est certaine, au-delà de cette échéance de juin, si les performances de Martin lors de sa carrière en NCAA à LIU Brooklyn (16,2 points, 4,3 rebonds et 4,7 assists en senior tout de même, en 2015-16), ses deux saisons françaises, en Pro B avec Charleville-Mézières l’an passé (17,5 pts, 2e scoreur et 5,7 passes), puis en Jeep® ÉLITE avec Châlons-Reims n’ont pas laissé les recruteurs indifférents. Des chiffres d’abord : 14,1 points à 44,4% derrière l’arc, 5,5 passes pour 14,2 d’évaluation qui en font le 1er scoreur, 2e à l’éval et 4e passeur parmi les meneurs. Mais aussi un vrai leadership et une telle aisance à passer de l’antichambre à l’élite que Hermannsson attise les convoitises de certaines grosses écuries, qu’elles évoluent en Euroleague, en EuroCup voir en Jeep® ÉLITE, où Vincent Collet et la SIG ne cachent pas leur intérêt pour l’Islandais…