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Les quarts de finale à la loupe : la grande bagarre peut commencer !

Les Playoffs de Jeep® ÉLITE démarrent ce vendredi à 19 heures. Gros plan sur les quatre affiches des quarts de finale, sous l’œil avisé de Thomas Andrieux, l’entraîneur de Boulazac.

1er quart : ASVEL – Le Mans 


Deux semaines tout juste après la finale de la Coupe de France remportée par les Villeurbannais à l’AccorHotels Arena (70-61), la meilleure équipe de la saison régulière affronte le champion de France en titre. Cette superbe affiche est aussi le remake du quart de finale de 2018, dont le MSB était sorti vainqueur après avoir cédé la première manche à Antarès. Antoine Eito, Wilfried Yeguete étaient déjà là côté sarthois. Charles Kahudi, A.J. Slaughter, DeMarcus Nelson et David Lighty également côté villeurbannais. Zvezdan Mitrovic également, n’a pas oublié sa finale perdue au match décisif face aux Manceaux d’Éric Bartéchéky. Difficilement prenables à l’Astroballe cette saison (deux défaites en Jeep® ÉLITE et deux autres en dix matches d’EuroCup), les Villeurbannais ont retrouvé leur efficacité défensive en fin championnat (69,4 points concédés en moyenne sur les cinq dernières journées). Ils sont les favoris logiques de ce quart de finale. Mais gare aux Sarthois, qui eux aussi ont resserré la vis en défense à l’approche du grand rendez-vous des Playoffs (71,4 points concédés sur les sept dernières journées).


L’œil de Thomas Andrieux 


« L’expérience du champion en titre n’est pas à négliger, même si Le Mans s’est qualifié sur la dernière journée de championnat. Cette équipe a l’expérience des playoffs, avec un coach Eric Bartéchéky, champion de France en titre. Il y a un leader important, Antoine Eito, qui peut être clutch par séquence. Et puis ils peuvent matcher avec l’ASVEL parce qu’ils ont un effectif de qualité et profond. Cette équipe a pas mal de joueurs à l’arrière, possède un quatuor de joueurs intérieurs. Pour jouer l’ASVEL sur une série de Playoffs, il faut déjà la jouer les yeux dans les yeux sur le plan de l’effectif. Et là, je pense que Le Mans est capable de rivaliser.

De l'importance de défendre 

La défense est le maître-mot, encore plus en Playoffs que sur la saison. Sur le plan stratégique et tactique, il n’y a plus vraiment de surprise à cet instant de la saison. On connaît les schémas, les systèmes de chacun. On connait la défense de l’ASVEL qui presse énormément le ballon, qui coupe les lignes de passes, qui propose un vrai défi physique à son adversaire. L’objectif de l’ASVEL est de faire déjouer son adversaire sur le plan collectif et de le pousser à prendre des initiatives individuelles. Quand on joue cette équipe, il faut être capable de garder sa cohérence collective.

Kendrick Ray, facteur X ? 

Il a besoin de libertés avec le ballon. On le catalogue un peu trop vite comme un scoreur, il est à ranger dans la catégorie des créateurs. Il est capable de se créer son tir, mais aussi de faire briller les autres. C’est le joueur capable de décanter des situations à tout moment, il peut prendre feu, il est capable de trouver un décalage si on le presse un peu trop. Il y a toujours une part de mystère autour de lui, il peut surprendre sur une série de playoffs.

Dans la boule de cristal 

L’ASVEL est favorite sur le papier mais c’est une nouvelle compétition qui démarre et surtout les pourcentages (de l’emporter) se réduisent à cause du format du quart de finale. Au meilleur des trois manches, il y a toujours une part d’incertitude sur la première rencontre. Une équipe comme Le Mans peut tout à fait s’imposer à l’Astroballe, et dans ce cas, la pression s’inverse. C’est un peu la loterie néanmoins je mettrais l’ASVEL devant parce qu’ils ont l’avantage du terrain.»



2e quart : Nanterre – Pau-Lacq-Orthez 


0-4. C’est le bilan de Nanterre face à l’Elan Béarnais ces deux dernières saisons. Les Palois de Laurent Vila viennent tout juste d’aller gagner au Palais des Sports Maurice Thorez, privant du même coup leurs hôtes de la troisième place. Manifestement, les Béarnais possèdent les armes – à commencer par Donta Smith - et le plan de jeu pour perturber le jeu nanterrien. Pascal Donnadieu et son staff devront opérer les ajustements pour retrouver le passing game et le spacing qui ont fait leur force, et leur ont permis de gagner 11 matches sur 12 avant de chuter deux fois de suite à Bourg et face à Pau. Maintenant, il n’est pas dit que Taqwa Pinero ressorte une copie à 6/9 à trois-points comme il l’a fait le week-end dernier. Dernier point important, Mickey McConnell, C.J. Harris et Donta Smith sont fort sollicités côté palois. Ceci pourra peser dans cette série, tout particulièrement si elle va au bout des trois manches.


L’œil de Thomas Andrieux

« Pau monte en puissance parce qu’ils ont récupéré Cavalière et Smith. C’est une équipe bien équilibrée, bien dans son basket, académique avec McConnell. Face à une équipe de Nanterre qui peut s’enflammer à tout moment, cela fait une belle opposition.

L’équation Donta Smith 

Il y a une forme de polyvalence. Son concurrent direct est Haukur Palsson qui est un très bon joueur. Donta Smith, quand il joue posté dos au cercle, n’est pas toujours simple à gérer. Au poste 4, il peut emmener les joueurs au large. C’est un deuxième meneur de jeu sur le terrain. Le trio de créateurs McConnell-Harris-Smith, c’est quand même du haut niveau, avec Chikoko à la conclusion. Pau a des armes. Après, peut-être que la palette est plus large sur l’aspect offensif du côté de Nanterre. Sept ou huit joueurs peuvent marquer entre 15 et 20 points dans un bon jour. Ils vont vouloir accélérer le rythme, augmenter le nombre de possessions, face à Pau qui voudra avoir la maîtrise du rythme et de la rencontre.

L’importance de l’avantage du terrain 

Je ne pense pas que ce soit déterminant. On peut tout à fait imaginer que cette série aille en trois matches, c’est crédible. Allez s’imposer au Palais des Sports de Pau, qui sera copieusement garni, ne sera pas une partie de plaisir. Pau a montré qu’ils étaient capables de s’imposer à Maurice-Thorez. Ce n’est pas neutre dans la confiance engendrée. Ils seront quand même sur leur garde. Je ne les vois pas se présenter la fleur au fusil. Cela leur a peut-être donné des idées.

Dans la boule de cristal 

En sachant qu’ils ont battu deux fois Nanterre, les Palois ont un petit ascendant psychologique. Maintenant, si j’avais une pièce à jouer, ce serait très compliqué. 55-45 pour Nanterre. »



3e quart : Monaco – Limoges 


Comment battre deux fois en une semaine une équipe qui a gagné 16 de ses 17 matches sur la phase retour, son unique défaite ayant été concédé sur le fil chez le leader ? Voilà la difficile équation à résoudre pour les Limougeauds. Absent du top 8 à mi-parcours, la Roca Team a bouclé la saison régulière en boulet de canon, jusqu’à chiper la deuxième place à Nanterre. Elle semble taillée pour le titre qui se refuse à elle depuis trois ans. Sasa Obradovic a l’embarras du choix, avec douze joueurs à disposition dont sept étrangers. En face, le couac subi par les Limougeauds dans le clasico à Pau a fait oublier leur bonne fin de saison – 8 victoires en 10 matches. Jordan Taylor a régné sur la fin de saison, et peu d’équipes possèdent autant d’arguments offensifs que le CSP. Le gros bémol de cette équipe se situe en défense. Les trous d’air ne pardonneront pas face à Monaco.

L’œil de Thomas Andrieux 

« Monaco, pour les avoir affronté lors de l’avant-dernière journée, c’est un rouleau compresseur. C’est un petit peu la même recette que l’ASVEL. Dans un premier temps, il faut pouvoir tenir face à leur impact physique et athlétique. C’est l’équipe la plus athlétique du championnat, à mon avis devant Villeurbanne. C’est une philosophie de jeu où il n’y a rien de facile pour l’adversaire, un basket total, en attaque ou en défense. Il y a du jeu de relance, du jeu en première intention. Cette équipe est capable de faire de gros cartons, notamment à partir de sa défense. Pour Limoges, le challenge est énorme. Mais s’ils avaient la bonne idée de créer la surprise sur le premier match, après, un match numéro 2 à Beaublanc… Monaco joue gros sur ce premier match et la pression est clairement sur eux au départ. Limoges possède de gros talents et est à même de malmener Monaco en quart de finale. 


Les problèmes défensifs du CSP 

Ils ont pianoté un peu toute la saison. Mais c’est une équipe capable de se sublimer dans les moments forts de la saison. Ils ont été capable d’arracher un dernier match en coupe d’Europe (qualificatif pour le Top 16). Le talent est présent, il y a peut-être un manque d’expérience. En tout cas, il y a les arguments pour titiller cette équipe monégasque. Mais évidemment Monaco est favori. 


Dans la boule de cristal 

Clairement s’il doit y avoir un coup pour Limoges, c’est sur le match 1. Ce serait très compliqué sur un match 3 à Monaco. Et ensuite, sur une série en cinq manches, ce sera très compliqué d’aller chercher Monaco ou l’ASVEL.»  


4e quart : Dijon – Strasbourg 

On ne parlera pas de surprise car la JDA a déjà bouclé le précédent opus à la 5e place, mais combien voyaient les Dijonnais se hisser à la troisième place de la saison régulière juste derrière les mastodontes ASVEL et Monaco ? Laurent Legname a confirmé son statut de valeur montante du coaching français. Peu de formations ont affiché un fond de jeu aussi cohérent et une telle alchimie. L’ensemble a été sublimé par la partition de MVP de David Holston. Redoutable dans son Palais des Sports, la JDA y a tapé tous les gros, à l’exception de Monaco. Les Strasbourgeois sont allés se casser les dents en Bourgogne lors de la 16e journée (-25 !). Sur la dynamique de la fin de saison (7 victoires de suite pour la JDA), on serait tenté de miser très clairement sur les Dijonnais. En face, la SIG a arraché péniblement sa qualification dans le grand huit. L’équipe de Vincent Collet s’est cherchée une constance défensive pendant toute la saison. Est-elle capable de défendre le plomb, condition sine qua non pour aller loin en Playoffs ?

L’œil de Thomas Andrieux

« On aura la fougue côté Dijon, la volonté de bousculer la hiérarchie. Mais sur les forces en présence, le rapport budgétaire et l’expérience, Strasbourg se place en favori. Dijon va mordre à pleine dent dans ces playoffs. Cela ne sera pas une partie de plaisir pour la SIG dans un Palais des Sports de Dijon quasiment inviolable. Les équipes se sont joué 3 fois. La SIG mène 2-1. C’est une opposition de style. Cela apporte du piment à ce quart de finale.

L’expérience des Strasbourgeois

C’est une nouvelle compétition qui démarre. On peut imaginer certains joueurs être porté par le fait de vivre les Playoffs. Ces matches couperets peuvent créer un éveil. La motivation de certains peut changer le visage de cette équipe strasbourgeoise. Forcément, elle sera très dangereuse.

Un joueur clé à la SIG ? 

Des joueurs comme Mike Green, Mardy Collins ont connu le plus haut niveau européen. Green est champion de la BCL l’année dernière avec l’AEK. Il y a aussi Youssoupha Fall qui représente un grand danger à lui seul. Mais si je dois ressortir un joueur, c’est Jarell Eddie. Dans un bon jour, il peut changer la face d’un match par son adresse extérieure. Avec la défense de Dijon qui interdit l’accès au cercle, qui ferme beaucoup la raquette mais qui autorise des tirs extérieurs à trois-points, c’est un joueur qui peut être déterminant. À l’inverse, l’absence de Nicolas Lang peut leur faire très mal.

Dans la boule de cristal

Strasbourg a les armes pour jouer mais ils auront face à eux une armée dijonnaise qui sera prête à mordre à pleine dent dans ces playoffs. Petit avantage à Dijon, grâce à leur dynamique actuelle et l’avantage du terrain. Leur salle n’est pas évidente à jouer ! 60-40 pour Dijon.»