Jeep® ÉLITE - Playoffs - Finale Episode 1Terminé
Lyon-Villeurbanne81
MonacoMonaco71
15-06-2019 18:30
ProB - Playoffs Accession - Finale AllerTerminé
Orléans68
RouenRouen62
16-06-2019 16:30
Jeep® ÉLITE - Playoffs - Finale Episode 2Terminé
Lyon-Villeurbanne73
MonacoMonaco67
17-06-2019 20:45
ProB - Playoffs Accession - Finale RetourTerminé
Rouen78
OrléansOrléans63
19-06-2019 20:45
Jeep® ÉLITE - Playoffs - Finale Episode 3Terminé
Monaco97
Lyon-VilleurbanneLyon-Villeurbanne62
20-06-2019 20:45
Jeep® ÉLITE - Playoffs - Finale Episode 4Terminé
Monaco89
Lyon-VilleurbanneLyon-Villeurbanne81
22-06-2019 20:30
ProB - Playoffs Accession - Finale BelleTerminé
Orléans80
RouenRouen62
23-06-2019 16:30
Jeep® ÉLITE - Playoffs - Finale Epilogue
Lyon-Villeurbanne0
MonacoMonaco0
25-06-2019 20:45

Actualité

Le Hall of Fame de l’ASVEL

Le club le plus titré de l’histoire du basket français a fêté ses 70 ans en décembre dernier. La LNB rend hommage à cette grande maison à travers ce Hall of Fame.

Avec ses dix-huit titres, l’ASVEL domine assez largement le classement des clubs les plus titrés de l’histoire du championnat de France. Malgré la domination implacable du Limoges CSP (11 bannières) puis de l’Elan Béarnais (9) dans les années 80, 90 et 2000, la veille dame a conservé plusieurs longueurs d’avance, profitant en grande partie de son hégémonie sur les trois décennies précédentes. La LNB rend hommage à ces « Boston Celtics » à la française, à travers ce Hall of Fame réunissant cinq de ses joueurs les plus marquants :


André Buffière
Entraîneur-joueur de 1948 à 1955. Entraîneur de 1974 à 1980. Six fois champion de France.

Il était « le père des entraîneurs, notre maître à tous », d’après Greg Beugnot. Avant d’embrasser la carrière de coach, André Buffière (1,85 m) fut d’abord un formidable basketteur. Capitaine de l’équipe de France médaillée d’argent à Londres en 1948, ce meneur-passeur fut aussi l’un des premiers joueurs à populariser le jump-shot.


« Bubu » arrive à Villeurbanne cette même année en tant qu’entraîneur-joueur-capitaine. Il est accompagné du Hongrois Ferenc Nemeth, l’un des meilleurs pivots d’Europe. Dès leur première saison, l’ASVEL remporte le Championnat d’Excellence au « Vel d’Hiv » face à l’Union athlétique de Marseille, puis réussit le doublé la saison suivante, cette fois face à l’AS Monaco. 

 
André Buffière est le moteur de l’ASVEL, sur et en dehors du terrain. Il est un recruteur avisé et amène dans le giron de l’ASVEL les meilleurs talents de la région lyonnaise. Parmi eux Gérard Sturla (44 sélections en équipe de France), Henri Rey puis un certain Henri Grange. « À l’époque, on n’appelait pas ça recrutement mais racolage. J’ai même été évincé de la Ligue du Lyonnais parce que les autres clubs en avaient marre que je prenne tous leurs meilleurs joueurs », raconta-t-il à l’hebdomadaire Basketnews il y a une vingtaine d’années. Avant de prendre sa retraite de joueur en 1955, André Buffière fut encore deux fois champion de France avec l’ASVEL (52, 55). Il emmena les Verts vers deux nouveaux titres, cette fois comme entraîneur (1974 et 1977), puis poursuivit sa moisson à Limoges (champion de France en 1983, deux coupes Korac en 1982 et 1983). « Il sentait, comprenait, imaginait le basket », lui rendit hommage Jacques Monclar au moment de son décès, à 91 ans, en octobre 2014 dans Le Progrès. « Il avait un demi-siècle d’avance sur tout le monde. C’était un homme bourru mais un homme magnifique. »


L'ASVEL championne en 1950. André Buffière porte le numéro 12. 


Henri Grange
Joueur de 1954 à 1969. Sept fois champion de France.

Né dans la Drôme, puis parti au Maroc pendant son enfance, Henri Grange fut remarqué par Robert Busnel et l’incontournable André Buffière lors d’un match amical entre la France et le Maroc en 1952. « Bubu » l’attira dans le Rhône deux ans plus tard. Henri Grange effectua toute sa carrière, de 1954 à 1969 sous le maillot de l’ASVEL. Deux années de suite, il refusa les avances du Real Madrid pour rester fidèle à son club de toujours. Leader de l’équipe de France, l’international aux 142 sélections, dont deux participations aux Jeux Olympiques et une au championnat du monde, fut 7 fois champion de France et remporta trois coupes de France avec l’ASVEL. Grand (1,93 m), capable d’évoluer aussi bien à l’aile qu’à l’intérieur, celui qu’on surnomma « le Marocain » était un scoreur très complet. Il fit le lien entre la génération d’André Buffière et celle d’Alain Gilles.

 

 
Henri Grange avec son numéro 10 (photo : ASVEL)


Alain Gilles
Joueur de 1965 à 1980. Entraîneur-joueur de 1980 à 1983. Entraîneur de 1983 à 1989. Huit fois champion de France.

Un monument. Le meilleur joueur de l’histoire du basket français jusqu’à l’avènement d’Antoine Rigaudeau dans les années 90 puis d’un certain Tony Parker dix ans plus tard. Ce talent formidablement précoce dispute son premier match en sénior à l’âge de 15 ans et 8 mois. En 1965, le meneur-arrière de 20 ans est transféré de Roanne à l’ASVEL. « Gillou » ne paie pas de mine physiquement avec son 1,88 m et ses 75 kilos sur la balance, mais son instinct pour ce sport fait de lui un joueur unique. Il combine vision du jeu, changements de rythme, maniement de balle, adresse de loin et endurance hors du commun. Alain Gilles est une infatigable mobylette et un génie sur le terrain. « André Buffière et mes autres entraîneurs disaient : « Gilles c’est le plus frêle en apparence (1,88 m, 75 kg), mais en fait c’est le plus costaud. » Je passais une nuit blanche et le lendemain, je courais comme un lapin », raconta-t-il à Maxi-Basket. 



Le palmarès de « Monsieur Basket » (8 fois champion de France avec l’ASVEL de 1966 à 1981) et sa longévité sont exceptionnels, puisqu’il couvrit deux décennies de l’histoire de la Maison Verte. Alain Gilles connut l’arrivée des premiers Américains en championnat de France. Il forma un duo terrible avec Bob Purkhiser, fantastique shooteur US. Avec eux, l’ASVEL atteignit par deux fois la demi-finale de la Coupe des Champions en 1976 et en 1978. Alain Gilles fut ensuite entraîneur-joueur (1980-83) puis entraîneur (1983-89). En 1983, à 38 ans, il amena la Maison Verte à la finale de la Coupe des Coupes, perdue face à Pesaro. L’année suivante, ses deux meneurs sortis en cours de match (Jacques Monclar et Alain Larrouquis), il enfila les baskets pour aider son équipe à remporter sur le fil la finale de la Coupe de la Fédération à Grenoble. 



Alain Gilles (à gauche) entraîneur de l'ASVEL en 1987, aux côtés d'Eric Beugnot. 


Delaney Rudd
Joueur de 1992 à 1999. Deux fois MVP étranger en 1996 et 1997.

L’ASVEL a perdu de sa splendeur dans les années 80. (Pau-)Orthez, Limoges sont devenus les deux clubs phares de l’élite. Depuis leur dernier sacre en 1981, les Villeurbannais ne gagnent plus. Pis, à l’orée de la saison 1992-93, le club historique du basket français est proche d’être liquidé. Deux hommes vont symboliser le retour au premier plan de l’ASVEL : Greg Beugnot et son meneur US, Delaney Rudd (1,88 m). L’ancienne doublure de John Stockton à Utah a 31 ans lorsqu’il signe à l’ASVEL. Il va vite se mettre le public de la Maison des Sports dans sa poche. Rudd est un tueur. Ses statistiques (17,9 points et 7,3 passes en 165 matches sous le maillot de l’ASVEL) ne disent pas tout de son emprise phénoménale dans le jeu. L’Américain est un général, qui bonifie les joueurs autour de lui – les Pluvy, Digbeu auront progressé à vitesse à grand V à ses côtés. Il est surtout l’homme des moments chauds. Ses tirs en suspension en fin de possession sont un modèle du genre. Delaney Rudd fait partie des tous meilleurs Américains passés dans le championnat de France. Il aura amené l’ASVEL, club exsangue en 1992, au Final Four de l’Euroleague cinq ans plus tard ( !). Seul point noir de son passage dans le Rhône, il n’a jamais été champion de France. Trois finales en quatre ans, en 1996, 1997 et 1999, pour trois échecs. Le 8 mai 1999, on a vu un Rudd en pleurs, inconsolable, quand l’Elan Béarnais est venu s’imposer en finale à l’Astroballe. Ce titre, l’Américain l’aurait tant mérité. 


 

"Mister D" : Delaney Rudd (Photo : ASVEL)



Amara Sy

Joueur de 2001 à 2002, 2005 à 2007, 2008-09, 2012 à 2015. Deux fois champion de France.


Aucun joueur ne personnalise mieux l’ASVEL des années 2000 qu’Amara Sy. Quand il prend la succession de Greg Beugnot en 2001, le Monténégrin Boscia Tanjevic remarque très vite des jeunes pousses intéressantes au sein du club villeurbannais. Parmi elles, Amara Sy, à qui il offrira un vrai rôle chez les professionnels. L’Amiral n’oubliera jamais que cet entraîneur étranger lui a donné sa chance. Quelques mois plus tard, l’ASVEL remporte face à Pau le 16e titre après lequel le club courrait depuis plus de vingt ans. S’il part au Mans dans la foulée, Amara Sy reviendra… trois fois dans son club formateur. En 2009, il est à nouveau champion de France sous les ordres de Vincent Collet cette fois, et termine MVP de la finale face à Orléans. Il évoluera encore trois autres saisons à l’ASVEL entre 2012 et 2015. 


Amara Sy (bras tendu au centre) et l'ASVEL championne de France en 2009 à Bercy


Depuis lors, l’un de ses plus proches amis a repris le flambeau du capitanat : Charles Kahudi, champion de France en 2016, est le nouveau franchise player du club du président Parker. Lui aussi entrera vraisemblablement dans le Hall of Fame de l’ASVEL à la fin de sa carrière. « L’Homme » est sous contrat jusqu’en 2022, prêt à relever un énorme défi à la rentrée prochaine : le retour de LDLC ASVEL en Euroleague, dix ans après sa dernière participation.