Espoirs - 22ème journéeTerminé
Le Mans80
Lyon-VilleurbanneLyon-Villeurbanne87
10-03-2019 15:30
Jeep® ÉLITE - 22ème journéeTerminé
Le Mans89
Lyon-VilleurbanneLyon-Villeurbanne83
10-03-2019 18:30
Jeep® ÉLITE - 22ème journéeTerminé
Cholet61
DijonDijon67
11-03-2019 20:45
ProB - 22ème journéeTerminé
Roanne90
NantesNantes63
12-03-2019 20:00
ProB - 22ème journéeTerminé
Denain84
RouenRouen95
13-03-2019 20:00
Espoirs - 21ème journéeTerminé
Pau-Lacq-Orthez91
BoulazacBoulazac78
15-03-2019 17:00
ProB - 22ème journéeTerminé
Vichy-Clermont93
EvreuxEvreux83
15-03-2019 20:00
ProB - 22ème journéeTerminé
Nancy90
ParisParis64
15-03-2019 20:00
ProB - 22ème journéeTerminé
Poitiers92
CaenCaen80
15-03-2019 20:00
ProB - 22ème journéeTerminé
Gries-Oberhoffen81
ChartresChartres91
15-03-2019 20:00
ProB - 22ème journéeTerminé
Aix-Maurienne93
QuimperQuimper101
15-03-2019 20:00
ProB - 22ème journéeTerminé
Lille76
Saint-ChamondSaint-Chamond87
15-03-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 21ème journéeTerminé
Pau-Lacq-Orthez97
BoulazacBoulazac95
15-03-2019 20:00
ProB - 22ème journéeTerminé
Blois80
OrléansOrléans92
17-03-2019 16:00
ProB - 21ème journéeTerminé
Paris67
RoanneRoanne65
18-03-2019 20:45
Espoirs - 23ème journée
Le Portel0
BoulazacBoulazac0
22-03-2019 15:00
Espoirs - 23ème journée
Fos-sur-Mer0
NanterreNanterre0
22-03-2019 16:30
ProB - 23ème journée
Caen0
LilleLille0
22-03-2019 20:00
ProB - 23ème journée
Chartres0
Aix-MaurienneAix-Maurienne0
22-03-2019 20:00
ProB - 23ème journée
Saint-Chamond0
Vichy-ClermontVichy-Clermont0
22-03-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 23ème journée
Fos-sur-Mer0
NanterreNanterre0
22-03-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 23ème journée
Le Portel0
BoulazacBoulazac0
22-03-2019 20:00
ProB - 23ème journée
Evreux0
Gries-OberhoffenGries-Oberhoffen0
22-03-2019 20:00
ProB - 23ème journée
Rouen0
OrléansOrléans0
22-03-2019 20:30
ProB - 23ème journée
Paris0
PoitiersPoitiers0
22-03-2019 20:30
Espoirs - 23ème journée
Cholet0
Gravelines-DunkerqueGravelines-Dunkerque0
23-03-2019 14:30
Espoirs - 23ème journée
Monaco0
Le MansLe Mans0
23-03-2019 15:00
Espoirs - 23ème journée
Pau-Lacq-Orthez0
Châlons-ReimsChâlons-Reims0
23-03-2019 15:30
Espoirs - 23ème journée
Levallois0
Bourg-en-BresseBourg-en-Bresse0
23-03-2019 15:30
Espoirs - 23ème journée
Lyon-Villeurbanne0
Chalon/SaôneChalon/Saône0
23-03-2019 16:30
Espoirs - 23ème journée
Strasbourg0
AntibesAntibes0
23-03-2019 17:00
Jeep® ÉLITE - 23ème journée
Monaco0
Le MansLe Mans0
23-03-2019 18:30
Jeep® ÉLITE - 23ème journée
Pau-Lacq-Orthez0
Châlons-ReimsChâlons-Reims0
23-03-2019 20:00
ProB - 15ème journée
Blois0
NantesNantes0
23-03-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 23ème journée
Strasbourg0
AntibesAntibes0
23-03-2019 20:00
ProB - 23ème journée
Quimper0
DenainDenain0
23-03-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 23ème journée
Lyon-Villeurbanne0
Chalon/SaôneChalon/Saône0
23-03-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 23ème journée
Cholet0
Gravelines-DunkerqueGravelines-Dunkerque0
23-03-2019 20:00
Espoirs - 23ème journée
Dijon0
LimogesLimoges0
24-03-2019 15:30
ProB - 23ème journée
Roanne0
NancyNancy0
24-03-2019 17:00
Jeep® ÉLITE - 23ème journée
Dijon0
LimogesLimoges0
24-03-2019 18:30
Jeep® ÉLITE - 23ème journée
Levallois0
Bourg-en-BresseBourg-en-Bresse0
25-03-2019 20:45
Espoirs - 24ème journée
Gravelines-Dunkerque0
LimogesLimoges0
29-03-2019 16:30
Espoirs - 24ème journée
Levallois0
Pau-Lacq-OrthezPau-Lacq-Orthez0
29-03-2019 17:00
Espoirs - 24ème journée
Antibes0
Fos-sur-MerFos-sur-Mer0
29-03-2019 17:30
Espoirs - 24ème journée
Dijon0
Le PortelLe Portel0
29-03-2019 17:30
ProB - 24ème journée
Aix-Maurienne0
CaenCaen0
29-03-2019 20:00
ProB - 24ème journée
Gries-Oberhoffen0
BloisBlois0
29-03-2019 20:00
ProB - 24ème journée
Denain0
NancyNancy0
29-03-2019 20:00
ProB - 24ème journée
Evreux0
QuimperQuimper0
29-03-2019 20:00
ProB - 24ème journée
Lille0
RoanneRoanne0
29-03-2019 20:00
ProB - 24ème journée
Saint-Chamond0
PoitiersPoitiers0
29-03-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 24ème journée
Gravelines-Dunkerque0
LimogesLimoges0
29-03-2019 20:00
ProB - 24ème journée
Rouen0
ParisParis0
29-03-2019 20:30
Jeep® ÉLITE - 24ème journée
Levallois0
Pau-Lacq-OrthezPau-Lacq-Orthez0
29-03-2019 20:30
Jeep® ÉLITE - 24ème journée
Dijon0
Le PortelLe Portel0
29-03-2019 20:30
Jeep® ÉLITE - 24ème journée
Antibes0
Fos-sur-MerFos-sur-Mer0
29-03-2019 20:30
Espoirs - 24ème journée
Bourg-en-Bresse0
Lyon-VilleurbanneLyon-Villeurbanne0
30-03-2019 15:00
Espoirs - 24ème journée
Nanterre0
StrasbourgStrasbourg0
30-03-2019 15:30
Espoirs - 24ème journée
Chalon/Saône0
CholetCholet0
30-03-2019 17:00
Espoirs - 24ème journée
Le Mans0
BoulazacBoulazac0
30-03-2019 17:00
Jeep® ÉLITE - 24ème journée
Nanterre0
StrasbourgStrasbourg0
30-03-2019 18:30
Jeep® ÉLITE - 24ème journée
Chalon/Saône0
CholetCholet0
30-03-2019 20:00
ProB - 24ème journée
Orléans0
NantesNantes0
30-03-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - 24ème journée
Le Mans0
BoulazacBoulazac0
30-03-2019 20:00
ProB - 24ème journée
Vichy-Clermont0
ChartresChartres0
30-03-2019 20:00

Actualité

Le grand puzzle estival !

Les coaches commencent à se faire une idée sur les options de leur recrutement estival. Mais comment s’y prend chacun pour construire une équipe. Plongée dans les coulisses du recrutement, activité prépondérante dans les résultats d'une saison.

À chaque intersaison, avant même d’entamer le recrutement, la priorité des priorités est d’effectuer un bilan de la saison passée et d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Qui garder ? Qui laisser partir ? Ou plutôt, vu le contexte économique où la Pro A comme la ProB ne peuvent pas s’aligner sur les grands clubs européens, quels sont les joueurs essentiels dans l’effectif de la saison précédente que l’on va pouvoir conserver ? Dans ce domaine, la situation varie énormément en fonction des moyens économiques des clubs. En Pro B, à Évreux par exemple, où Rémy Valin s’est construit une jolie petite réputation de dénicheur de talents dans les steppes du Grand Nord (Finlande, Suède…), on est très proche du Mythe de Sisyphe, d’un éternel recommencement : «La plupart du temps, les Américains, en Pro B, au prix où on les paye, s’ils sont très bons, on sait très bien qu’on va avoir un mal fou à les conserver », raconte le technicien de l’ALM Évreux. « On est parvenu à garder Jeremiah (Wood) ou Drake (Reed) une fois, mais ça veut dire que l’enveloppe diminue sur les autres postes. Donc, nous, on commence par faire le bilan de qui va partir. On fait des propositions à ceux qu’on souhaite conserver afin d’obtenir une réponse rapide de leur part. C’est effectivement le point de départ. Après, on s’attache à combler les postes vacants. »Éric Girard, qui a connu les deux divisions, estime que les enseignements sur les retouches à effectuer sont très vite connus. «On sait très rapidement, à partir de la trêve de Noël pour la majeure partie du groupe, ceux qu’on aimerait garder, mais aussi ceux qu’on voudrait conserver mais qui vont vouloir tenter leur chance ailleurs ou qui désirent une augmentation. Mais, à ce niveau, il faut soit attendre l’évolution financière - ou pas - du budget … »

 

Frédéric Sarre, qui a été l’un des pionniers du scouting, à une lointaine époque où il assistait Michel Gomez à Limoges ou Pau, souligne cette indispensable anticipation pour pouvoir enchaîner très rapidement une fois la saison terminée. « On y a réfléchi avant, c’est vrai. On a mené une réflexion sur le futur, avec des hypothèses qui peuvent être différentes en fonction d’une montée éventuelle ou pas. Dans notre cas, cet été, on avait des idées par rapport à ce qu’on pouvait tenter de faire si, par bonheur, nous montions et d’autres si on restait en Pro B. Cela se vérifie ou pas en fin de saison, et comme on a tenté d’anticiper tout ça, les options se finalisent assez rapidement. » Des coaches qui pensent et entament des démarches de recrutement alors que leur équipe a des playoffs à jouer ? Voilà qui peut confiner à la schizophrénie ! « Malheureusement oui ! », rigole le coach de la JL Bourg, « On connaît l’histoire : soit on passe les playoffs et il faut adapter l’effectif et le club au niveau Pro A, soit on connaît l’échec et il faut vite voir comment rebondir. Il faut bien qu’on essaie de réfléchir à tout ça en amont. Je ne dis pas que c’est notre sujet de réflexion principal avant et pendant les playoffs, mais, et c’est normal, la direction du club attend de nous de savoir anticiper un minimum. Donc, nous sommes obligés de nous livrer à l’exercice des études de cas », lance-t-il encore dans un éclat de rire.

Pascal Donnadieu

Pascal Donnadieu, qui a (presque) toujours dû "bricoler" des effectifs avec un tout petit budget, au fil des montées avec Nanterre, souligne un point du "bilan" de la saison écoulée qui complique encore certains choix : « Oui, tu sais qui tu voudrais garder ou pas. Mais avec les quotas de JFL, le départ d’un joueur que tu souhaitais conserver peut entraîner le fait que tu n’en gardes pas un autre. C’est vraiment un puzzle qui peut beaucoup évoluer en fonction des circonstances et te conduire à changer de position. »

Par où commencent-ils ?

 

Mais une fois le constat des carences de la saison écoulée effectué et les départs entérinés, par où commencent les entraîneurs pour construire l’équipe qu’ils peuvent avoir en tête ? Par les JFL (joueurs formés localement) ? Un axe meneur pivot ? Une philosophie d’équipe, offensive ou défensive ? Gregor Beugnot nous raconte son approche. « Tu commences bien sûr par tenter d’appréhender le marché français. Tu sondes un peu pour savoir qui pourra se libérer parmi les JFL, ce que tu pourrais obtenir. Là, tu entames très tôt les négociations pour voir quels seront les potentiels que tu peux éventuellement avoir, soit en joueur expérimenté, soit en jeune à développer. Après, en fonction des manques que tu peux avoir, en amont ou pendant la saison, tu t’ouvres au marché américain. Tu y penses pendant la saison, parce que pendant la phase de construction d’équipe ou la préparation, même si tu as ton quota de JFL, tu regardes quand même quels sont les Français encore sur le marché pour voir quels postes tu pourras éventuellement remplacer par un JFL performant en cas de grosse blessure d’un de tes joueurs français. Tu peux anticiper soit en prenant un jeune, pas cher, en rotation, soit prévoir un remplaçant américain dans ton effectif. Ou alors tu fais comme nous cette saison en prenant au départ un US de moins en te disant : "si j’ai un tendon d’Achille ou des croisés, je pourrais toujours prendre un "gros" Ricain sur le poste". Après, tu cibles les postes sur lesquels tu souhaites être dominant. Et là, tu prends un US où tu n’as pas pu trouver ton bonheur parmi les JFL. En fait, tu dresses un tableau sur la rentabilité offensive anticipée de ton effectif. C'est-à-dire que tu regardes si tu vas obtenir tant de points de tes lignes arrière, idem à l’intérieur… Et après, en fonction de tes hypothèses et des manques défensifs que tu peux aussi prévoir, tu essaies de trouver des joueurs pouvant couvrir ces manques. Tu adaptes tes profils tout en essayant, déjà, de penser à la hiérarchie que tu veux mettre en place. »

Gregor Beugnot

Pour Sarre, l’idée est plus de trouver un équilibre sur chacun des postes, une "paire" apportant, par la variété des qualités de chacun, une palette technique et tactique permettant au coach de disposer d’un maximum de solutions. Il explique : « L’axe 1-5 est déterminant, c’est vrai. Mais aussi et surtout la complémentarité sur un même poste. Avoir une paire qui ne possède pas les mêmes qualités pour vous offrir la palette de solutions la plus large possible. Par exemple, sur nos meneurs cette année (Simon Darnauzan et O.D. Bassett, ndlr), sachant que j’ai un joueur de petite taille qui a un gros Q.I. basket et connaît bien le jeu, mais manque peut-être de qualités athlétiques et d’impact offensif, je choisis avec lui un O.D. qui possède les qualités physiques et la vitesse. »

 

Mais en Pro B par exemple, quand il faut aller trouver des renforts US performants à des tarifs de 30 à 50.000 $, on imagine bien qu’on ne va pas tomber sur LeBron James, mais plus sur des joueurs dotés de qualités spécifiques mais… carencés dans d’autres domaines. Alors, est-ce que certains optent pour se construire des points forts spécifiques en faisant l’impasse sur certains autres secteurs ? « Oui, on met souvent une grosse priorité sur la dureté défensive et les qualités athlétiques, raconte Rémy Valin. Et dans notre budget, forcément, on va trouver des joueurs qui ont des défauts par ailleurs, sinon on ne les aurait pas à ces tarifs. Tu dois prendre des jeunes aussi, donc tu vas devoir beaucoup bosser sur la lecture de jeu, le tir extérieur. Tu acceptes l’idée d’être en difficulté sur ces paramètres-là. »

Scout toujours !

 

Mais pour dénicher ces oiseaux rares à la fois dans les prix des clubs hexagonaux et pouvant convenir, un énorme travail de scouting, en amont, est indispensable. Bien sûr, l’époque où coaches et agents s’échangeaient des cassettes VHS, par la poste ou DHL, est révolu. Avec Internet, l’accès aux plates-formes vidéo des ligues, qui se développent peu à peu, ou des abonnements pris auprès de sociétés comme Scouting For You et d’autres, trouver les images de matches d’un joueur repéré sur ses stats ou conseillé par un agent est devenu beaucoup plus simple. Reste à savoir regarder vers des profils compatibles avec… le budget du club. Chacun a ses recettes, comme Rémy Valin : « Je sais par exemple de manière fiable ce que les joueurs gagnent en Finlande, en seconde division allemande ou Israélienne, en Hollande, etc. J’oriente mon scouting vers des pays où les joueurs sont dans mes tarifs. » Problème, un même joueur se voit souvent proposé à des tarifs… adaptés au budget de chaque club. « On connaît le marché mais les sommes demandées pour les mêmes joueurs sont incroyablement différentes quand on est à Limoges ou au Portel, raconte Éric Girard, son niveau reste le même, mais la proposition peut aller du simple au triple ! »

On l’a vu, l’aspect technique des recrues potentielles peut être jaugé avec une certaine fiabilité sur vidéo. Mais l’aspect humain, la "coachabilité" du joueur et ses facultés d’adaptation à un groupe n’apparaissent pas forcément. Là, il est question de débrouille, de réseau qu’on se constitue au fil du temps. « Maintenant, j’ai constitué un bon réseau, raconte Pascal Donnadieu, des gens en qui j’ai confiance et qui savent comment je travaille et ce que je recherche. Ils savent qui pourra coller avec ma philosophie et avec qui ça ne passera pas. » Entre coaches, on s’appelle et on prend le temps de donner l’avis le plus objectif possible à propos d’un joueur qu’on a vu passer. Sarre encore : « Moi, quand on m’appelle, j’essaie de donner tous ces éléments, de renseigner mes confrères sur les aspects basket, mais aussi sur les paramètres de comportement du joueur. Mais, toujours, en précisant le contexte dans lequel il était placé. » Valin enfin : « Je trouve que les coaches étrangers sont à 95% très coopératifs. Ils m’ont toujours répondu et avec objectivité. J’en connais pas mal en Finlande, maintenant. Après, ce n’est parfois pas facile de les joindre. Pour avoir leurs coordonnées ? Bah, soit tu te débrouilles, soit tu demandes ça à l’agent qui te présente le joueur. Il suffit d’être clair avec eux. »

Remy Valin (Evreux)

Ensuite, on parle souvent, pour Le Havre - éternel plus petit budget de la Pro A par exemple, de "deuxième ou troisième marché", c'est-à-dire de la nécessité d’attendre que les prix demandés par un joueur en mai-juin chutent alors qu’approche la reprise de la saison. « C’est vrai que quand tu es au Havre, il est urgent d’attendre, raconte ainsi Christian Monschau, aujourd’hui "doté" d’un budget plus conséquent au BCM. « Si tu contactes très tôt un joueur que tu as ciblé, ta proposition risque fort de ne pas lui convenir, alors que fin juillet ou début août, confronté à la réalité du marché, il peut douter et privilégier un beau projet sportif, où il pourra se mettre en valeur, à 20 ou 30.000 dollars de plus … »

Un gros chantier : les cellules de scouting

 

Mais si nos coaches sont débrouillards et malins, cela ne les empêche pas de reconnaitre que, sur le dossier "scouting", nos clubs sont encore à des années-lumière de ce qui se pratique ailleurs - sans même parler de la NBA -, dans les grosses écuries ou les grandes ligues du continent. Jean-Christophe Prat, "rookie coach" à Denain et qui a suivi un parcours atypique (assistant au PL, à l’ASVEL puis à Orléans, avant de travailler avec Erman Kunter l’an passé, au Besiktas Istanbul) lui ayant permis de voir ce qui se pratique ailleurs, raconte : « L’impact du recrutement sur une saison est fondamental. On est tous d’accord là-dessus. Et quand, en Turquie ou en Espagne, tous les clubs ont un ou deux scouts dédiés au recrutement, en France, on continue à bricoler. Ces scouts voyagent toute l’année, vont voir des matches, des Summer Leagues, etc. Nous, on n’est pas là-dedans faute de moyens, mais aussi sans doute faute de capacité de conviction de nos dirigeants sur l’importance de ce ou ces postes.» Un avis corroboré par Fred Sarre, qui décortique le phénomène en vieux sage : « Une chose importante. On dit souvent qu’un bon recrutement, c’est 50 ou 60% de la réussite ou non d’une saison. On consacre, dans une année, un mois ou un mois et demi au recrutement, ce qui représente 10 à 12% de notre temps de travail. Là, forcément, il y a un gros décalage. Et un gros travail à faire par nous pour pousser nos dirigeants vers la création d’une véritable cellule de scouting. C’est compliqué à faire passer mais… je trouve que la ligue comme les clubs avancent ces derniers temps. Je pense que l’on va évoluer vers ça, de pouvoir consacrer plus de temps ou de moyens à cela. »

 

Reste donc une grosse marge de progression. Néanmoins, le travail passé et la réputation de formateur d’un entraîneur peut aussi être un gros avantage. Ainsi, lorsque l’on demande à Greg Beugnotquel pourrait être le plus joli "coup" de recrutement qu’il a pu faire, l’entraîneur du PL raconte : « C’est très dur à dire. Peut-être Malcolm Delaney ou Will McDonald. L’agence américaine avec qui je travaille depuis longtemps me les met un peu de côté parce qu’elle sait que je vais les faire travailler. Delaney avait de grosses offres ailleurs, mais son agent lui a dit va à Chalon bosser un an, puis tu partiras ailleurs, mais avec une saison d’expérience, d’adaptation de ton jeu aux standards européens. McDonald idem. Avec Delaney, on fait le triplé et depuis, partout où il passe, il est champion ! L’important, c’est de montrer que tu les respectes. Et de leur expliquer qu’en dehors de la NBA, ils ont aussi moyen, en bossant, de faire des grosses carrières en Europe. Quand tu les revoies après, ils sont très respectueux de ce que tu as pu leur apporter. Construire cette relation-là avec des agents, c’est rentable parce que tu obtiens à des prix raisonnables de super potentiels à polir… Le jour où l’on pourra les conserver…»

Jean-Christophe Prat (coach de Denain)

L’exemple de Denain 2014-15

 

Jean-Christophe Prat, pour sa première expérience d’entraîneur en chef, à Denain, nous raconte dans le détail la démarche mise en place lors de son premier recrutement estival…

« À partir du moment où j’ai signé à Denain, j’avais deux problématiques. La première, c’est de faire la bascule d’assistant-coach à rookie-coach. Savoir quel coach je voulais être. Très vite, j’ai su que je voulais former des jeunes joueurs. La suite a découlé de cette volonté-là. La seconde, ça a été de faire l’état des lieux du club, de savoir qui l’on souhaitait conserver. Cela a été vite fait, puisque nous n’avions qu’un joueur sous contrat et que… je n’en voulais pas ! J’ai donc demandé au président de se débrouiller de ça. Il a assumé. Après, il y avait trois joueurs que je souhaitais garder, deux jeunes et un confirmé. Un seul a souhaité rester, Vafessa Fofana. D’abord, j’ai voulu trouver des jeunes à fort potentiel. Yakuba Ouattara m’a dit oui très vite, tout comme William Howard et Jerry Boutsiele. Je voulais aussi que ces 4 jeunes à fort potentiel ne soient pas en concurrence, pour qu’ils aient une vraie fenêtre d’expression. Restait 6 joueurs à trouver. Je voulais 6 jeunes et 4 confirmés. Côté US, on a eu vite l’opportunité, fin mai je crois, de signer deux joueurs confirmés, Bing et Ivey, qui venaient d’Aix. Après, je me suis positionné sur des jeunes qui avaient déjà une année d’expérience de la division. Comme Henri Kahudi et Jérôme Cazenobe. Henri, je le suivais depuis ses années espoir au Mans. Enfin, Sacha, c’est une histoire sympa. Je suis Parisien, donc bercé par les Cardiac Kids dans ma jeunesse. Alors, pour Sacha, je me suis dit que c’était sans doute une belle façon de boucler la boucle : encadrer des jeunes comme lui a eu la chance d’avoir un coach comme Ron Stewart qui a fait confiance à des jeunes. »