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Jean-Baptiste Maille : « J’ai énormément appris à Limoges… »

Blessé dès le premier entraînement, à l’été 2017, alors qu’il s’apprêtait à découvrir l’élite, Jean-Baptiste Maille (1,90 m, 25 ans, poste 1-2), a connu 12 mois très chargés en émotion lors de son passage à Limoges. Revenu de blessure mi-avril, s’il n’avait pu disputer que 6 matches et passer une petite douzaine de minutes sur les parquets de Jeep® ÉLITE l’an passé, il ne semble pas loin d’avoir retrouvé toutes ses sensations cette saison. Cet ancien espoir manceau, passé ensuite par Le Portel (Pro j), puis Challans (N1), pour parfaire sa post-formation, avait effectué deux très belles saisons avec Fos avant son passage à Limoges. Cette année, il est un rouage essentiel du Rouen Métropole Basket, qualifié pour la finale de la Leaders Cup, encore en course en Coupe de France et dans les temps pour obtenir une qualification pour les playoffs d’accession…

Jean-Baptiste Maille face à Roanne (Crédit Photo : Maéva CARPENTIER)


Jean-Baptiste, il y a dix-huit mois, vous entamiez une préparation avec Limoges, dans la perspective d’une première saison en Jeep® ÉLITE. Là, vous vous rompez les croisés. Comment avez-vous vécu les douze mois qui ont suivi, entre rééducation, disparition de Fred Forte, etc. ?

Cela a été une année très, très forte en émotion. À tous les points de vue. C’est vrai qu’au moment où je me suis pété les croisés, j’étais au cœur d’une préparation qui me tenait à cœur, super motivé à l’idée de mettre les pieds sur les parquets de l’élite. Je me sentais très bien en plus. Alors cela n’a pas été le moment le plus fun de ma carrière, c’est certain. Après, à titre individuel, je n’ai pas eu de coup de mou mental. Je me suis mis en mode combattant, en travaillant dur tous les jours pour revenir au mieux et le plus rapidement possible. J’ai eu ce leitmotiv-là en permanence. J’avais toujours été plutôt bosseur, mais là, ça a été encore plus vrai. Ensuite, il y a la disparition du président… Cela a affecté tout le club, les joueurs aussi bien sûr, dont moi. Une année pleine d’émotions c’est vrai, tant sur le plan personnel qu’en raison de cet environnement émotionnel qui a été si fort, si perturbant. J’ai énormément appris pendant cette saison à Limoges. Tant sur le plan basket que sur la vie en général. 


En ayant une aussi longue blessure, parvient-on quand même à se sentir intégré au groupe, à l’équipe…

Oui, bien sûr. J’ai toujours bossé avec les kinés puis le préparateur physique au bord du terrain pendant que l’équipe s’entraînait. Hormis les déplacements, que je ne faisais pas, j’étais un membre de l’équipe à part entière. Et dès que j’ai pu reprendre l’entraînement collectif, j’étais déjà au fait des systèmes, de tout ce qui concernait l’équipe.


Votre saison dernière se résume, par la force des choses, à six matches en toute fin de saison. Est-ce frustrant de ne pas avoir eu la chance de démontrer ce que vous pouviez faire dans l’élite ?

Oui, évidemment. Quand tu bosses depuis de nombreuses années pour parvenir à ça et que tu as la chance qu’un club comme Limoges te fasse assez confiance pour te proposer un contrat, se blesser d’entrée c’est rageant ! Je suis revenu le 17 avril alors que l’équipe n’était pas encore qualifiée pour les playoffs. J’étais prêt physiquement comme techniquement, même si bien sûr je manquais de rythme. Ensuite, je n’ai pas beaucoup joué et c’est frustrant, même si je respecte totalement les choix qui ont été faits par le coach à ce moment-là. 


À votre retour, mi-avril, le public de Beaublanc vous avait accueilli avec beaucoup de chaleur…

Oh oui ! C’est ce que je disais avant : en terme d’émotions, c’était incroyable. Ces débuts à Beaublanc, j’y avais forcément beaucoup pensé lorsque je travaillais seul au bord du terrain… Et de sentir ça, que tout le public se met à acclamer un joueur lors de sa première entrée en jeu alors qu’il ne l’a même pas encore vu jouer une seule fois, c’était vraiment fort comme instant. Surtout que toute ma famille était venue pour ce match face à Boulazac. 


Vous n’aviez signé que sur un an et n’aviez pas eu l’occasion de démontrer à quel niveau vous étiez revenu. Une petite appréhension au moment de devoir retrouver un club ?

Pas forcément, parce que j’avais effectué les efforts nécessaires pour revenir au meilleur niveau possible. Après, j’ai eu la chance que Rouen et Alexandre Ménard me contactent très vite pour me proposer ce projet. Et je suis vraiment très heureux de ce que j’ai trouvé ici. 



À Rouen, le coach s’appelle Alexandre Ménard, que vous aviez connu lors de votre formation au Mans (au Mans Sarthe Basket), où vous êtes né et avez grandi. Est-ce que sa présence à la tête de Rouen Métropole a été déterminante dans votre choix ?

Oui, forcément. Même s’il ne m’avait jamais coaché au MSB. Quand j’étais espoir, lui était assistant sur le groupe professionnel. Mais quand je l’ai eu au téléphone, j’ai de suite senti qu’il était intéressé pour qu’on travaille ensemble, pour m’aider à encore progresser. Cela m’a plu d’entrée, cette perspective de retrouver des minutes et un vrai rôle, surtout après l’année que je venais de passer. 

 

Repartir en arrière, vers la Pro B, ne vous faisait pas peur ?

Je ne sais pas si en passer à nouveau par la case Pro B était un besoin, mais c’est juste une opportunité qui s’est présentée à moi et que j’ai saisi avec plaisir. Je pense aujourd’hui avoir effectué le bon choix parce que j’avais besoin de ce genre de rôle et de relation de confiance à ce stade de ma carrière.


On dit souvent qu’il faut 18 mois après une rupture des ligaments croisés pour revenir au top. Pourtant, vous produisez les meilleures stats de votre carrière depuis le début de saison (9,3 pts, 3,9 rbds et 3,6 pds pour 11,8 d’évaluation)…

Oui, après, comme je l’ai dit, j’ai énormément travaillé sur tous les aspects de mon jeu comme le tir ou encore la vision périphérique, grâce à un outil qui s’appelle le neurotracker. Dès mon retour, je n’avais aucune appréhension. Donc dès mon arrivée ici, je pense que je n’étais pas loin du top, même si je manquais un peu de rythme. Mais j’avais énormément d’envie, de soif de terrain. Je donne le maximum pour aider cette équipe à gagner. Alors, si mes stats sont en progrès, tant mieux, c’est la récompense de tout le travail que j’ai pu effectuer, mais l’important c’est ce que nous produisons ensemble sur le terrain. J’ai toujours eu un bon volume de jeu, mais c’est vrai que cette blessure m’a aussi permis d’effectuer un boulot important sur mon tir. Cette saison, on travaille aussi tous les jours sur du volume de tir. Résultat, la confiance est là et c’est vrai que ça se traduit pour le moment dans les matches. C’est très encourageant, même s’il me reste encore plein de progrès à faire.



Quel regard portez-vous sur cette première partie de saison avec cette qualif’ brillante pour la finale de la Leaders Cup et une première partie de championnat correcte (7e, 9V-7D après 16 journées) ?

Un regard plutôt positif. Pour le moment, nous sommes qualifiés pour la finale de la Leaders Cup, encore en course en Coupe et dans les temps pour une qualification pour les playoffs. En championnat, il y a quand même deux ou trois rencontres qui nous ont bêtement échappé, ce qui nous placerait dans le Top 4. Mais nous ne sommes pas loin et toujours en progrès. Nous avons aussi dû intégrer un nouveau joueur avec Lasan Kromah (arrivé de Boulazac début décembre, ndlr), qui nous a apporté pas mal de choses. Depuis quelques matches, nous nous trouvons beaucoup mieux sur le terrain et je pense que la 2e partie de saison sera positive. 

 

Quel a été le moment le plus fort de la saison jusque-là, le retour de demi-finale de Leaders Cup à Nancy ? 

Oui, même si j’espère bien que le plus fort est encore à venir. Mais oui, jusqu’ici, cette victoire à Nancy nous a fait énormément de bien. Il y a eu aussi quelques victoires à l’extérieur en championnat qui ont été fondatrices, comme à Gries (Oberhoffen), où il est toujours compliqué d’aller gagner, ou encore Orléans la semaine dernière. Mais ce match à Nancy a été un déclic, je crois.


L’an dernier, l’équipe s’appuyait sur deux joueurs dominants, Stevens et Emegano, alors que cette saison, les responsabilités sont bien plus réparties ?


Nous avons un groupe très complet, c’est vrai. C’était vraiment ce que le coach souhaitait mettre en place sur le terrain. Nous sommes une équipe très dense défensivement et, en attaque, le danger peut venir de partout. En fonction de qui est chaud sur un soir donné, on essaie de le servir au maximum et je pense que ça nous rend assez difficile à jouer. C’est une vraie force de pouvoir s’appuyer sur beaucoup de joueurs sur le plan offensif. 



Quels sont les points forts et les points faibles de Rouen cette saison, mais surtout, jusqu’où peut aller cette équipe ?

Le plus loin possible. (Il rit) On a un groupe très travailleur et c’est essentiel quand on veut atteindre le meilleur niveau possible. Je crois qu’on est sur la bonne voie. Nous gagnons chaque jour au niveau du liant en attaque et si nous parvenons à conserver notre intensité défensive comme cette agressivité qu’on parvient déjà à mettre, je crois qu’on peut devenir une équipe très dangereuse. Après, ça reste du basket, de la Pro B en plus, où tout se joue sur des détails et où le niveau des équipes est assez proche. 

 

À titre personnel, est-ce qu’obtenir de nouveau votre chance dans l’élite est un objectif à court terme ?

On verra bien ce que l’avenir me réserve et là, je reste 100% focus sur cette saison avec Rouen. Après, je ne vais pas mentir, j’ai vraiment envie de retrouver la Jeep® ÉLITE. Je bosse à fond tous les jours pour y retourner au plus vite. Là, je suis dans une très bonne équipe et pourquoi pas y parvenir avec Rouen.


Cet article est à retrouver dans le Soir de Match papier distribué dans les salles de PRO B pour la J17.