ProB - Playoffs Accession - 1/2 Finale RetourTerminé
Saint-Chamond81
OrléansOrléans75
10-06-2019 20:00
ProB - Playoffs Accession - 1/2 Finale RetourTerminé
Gries-Oberhoffen74
RouenRouen78
10-06-2019 20:00
ProB - Playoffs Accession - 1/2 Finale BelleTerminé
Orléans93
Saint-ChamondSaint-Chamond83
13-06-2019 20:00
Jeep® ÉLITE - Playoffs - Finale Episode 1Terminé
Lyon-Villeurbanne81
MonacoMonaco71
15-06-2019 18:30
ProB - Playoffs Accession - Finale AllerTerminé
Orléans68
RouenRouen62
16-06-2019 16:30
Jeep® ÉLITE - Playoffs - Finale Episode 2Terminé
Lyon-Villeurbanne73
MonacoMonaco67
17-06-2019 20:45
ProB - Playoffs Accession - Finale RetourTerminé
Rouen78
OrléansOrléans63
19-06-2019 20:45
Jeep® ÉLITE - Playoffs - Finale Episode 3
Monaco0
Lyon-VilleurbanneLyon-Villeurbanne0
20-06-2019 20:45

Actualité

Hervé Beddelem (Directeur Exécutif du BCM) : « On est en ordre de marche. Ne nous manque que l'outil ! »

En mai prochain, alors que se profilera pour le BCM un déplacement à l’ASVEL pour le compte de la 33e journée et sûrement décisif pour la qualification pour les playoffs, Hervé Beddeleem fêtera ses 60 ans. Dont 35 dans l’organigramme d’un club dont il fait partie des fondateurs. Le sémillant “Direx” de Gravelines-Dunkerque, qui fait partie des personnages emblématiques du basket français, nous raconte son club, son passé et ses grandes heures... Mais il se veut surtout résolument tourné vers l’avenir d’un BCM qu’il a contribué à structurer mais qui est toujours dans l’attente d’un Sportica agrandi ou d’une nouvelle salle pour poursuivre son développement.

Hervé Beddelem (Crédit Photo : BCM Gravelines-Dunkerque)


Hervé, tu es arrivé au club il y a 35 ans. Tu en es le président puis le directeur exécutif depuis 18 ans bientôt. Connais-tu parfois une certaine lassitude ou bien la motivation reste intacte ?

Jamais bien évidemment ! Tout simplement parce que je cours toujours après le titre. C’est ce qui me motive tous les matins en me levant, de tout mettre en œuvre afin d’aller chercher le titre, d’aller chercher de nouveaux partenaires. Pour essayer de construire le budget le plus conséquent possible pour avoir la plus belle équipe possible. Donc, non, aucune lassitude. Après, pour être totalement transparent, si l’on m’annonçait une nouvelle arena ou bien l’agrandissement de Sportica, cela décuplerait encore ma motivation dans la perspective de faire franchir au club une nouvelle étape, de continuer à grandir. 


Le BCM est dans sa 31e saison consécutive parmi l’élite. Est-ce que d’avoir pérennisé le club à ce niveau est ta plus grosse fierté ?

Oui. On est le troisième plus ancien club français au top de la hiérarchie, derrière l’ASVEL, présent depuis 70 ans je crois, et Cholet, 32 ans. Alors oui, c’est une grande fierté. Mâtinée d’un vrai regret quand même, celui d’avoir terminé deux fois premier de la saison régulière, dont une fois avec 27 victoires pour 3 défaites, sans avoir pu aller au bout et être sacré Champion de France. Mais tout de même, être là, présent au plus haut niveau, pendant 31 ans, oui, je suis fier de ce que nous sommes parvenus à faire. Il n’y a pas longtemps, je suis tombé par hasard sur un calendrier qui traînait dans la poche d’un K-Way que j’ai ressorti de l’armoire. C’était celui de 2010-11. Je ne l’ai pas devant les yeux, mais de mémoire, sur les 16 clubs présents dans l’élite cette année-là, il y en a 5 aujourd’hui en PRO B, Nancy, Roanne, Poitiers, Orléans et Vichy, un en N1, Le Havre, un redescendu en N3, le HTV, et même Limoges et Pau-Lacq-Orthez qui sont passés entre temps par la case PRO B. Seuls 7 clubs se sont toujours maintenus depuis, en comptant même Paris Levallois, devenu les Metropolitans. Alors oui, c’est une fierté. Je suis au club, comme tu l’as dit, depuis 1984, en ayant été l’un des fondateurs de la SEM. J’ai repris la présidence en 2001, avant de créer mon poste de directeur exécutif en 2004. Là, Christian Devos, qui était le vice-président, a repris la présidence. Depuis lors, on n’a été encadré au niveau de la masse salariale qu’une seule saison. Sinon, la Ligue n’a jamais rien trouvé à redire sur nos comptes, le club est bien géré. La ville, qui est propriétaire du club, n’a jamais mis un euro de rallonge pour combler des dettes. Connaissant de nombreux présidents de club, propriétaires du club en propre ou via leur société, qui ont été obligés parfois de remettre beaucoup d’argent au pot, oui, ça fait plaisir. Après, je me demande parfois s’il vaut mieux durer comme ça parmi l’élite, en étant toujours ou presque dans les places pour jouer les playoffs, plutôt que d’aller chercher un titre en prenant le risque de s’effondrer ? Je dis ça, mais je ne me pose pas vraiment cette question, parce que creuser un déficit n’est pas dans mes gènes. 

 

Vous n’avez pas souvent flirté avec la descente non plus...

Dans l’histoire, on a été sauvé, en 1988-89, sur le tapis vert. De mémoire, c’était un problème de règlement qui concernait les joueurs africains réintégrés. Cette saison-là, personne n’était descendu. Et avant que je reprenne le club, il me semble qu’on avait été sauvé une autre fois sur le tapis vert, je crois suite à la disparition de Jet Lyon. Mais depuis que j’ai repris le club, on ne s’est jamais battu pour le maintien. Cela n’a été chaud qu’une fois, l’année d’avant l’arrivée de Christian Monschau, cela doit faire 11 ans. Là, on bat Orléans lors de la dernière journée. Heureusement, sinon nous aurions pu descendre.


Avec le recul, si tu ne devais retenir qu’une seule saison de rêve, laquelle choisirais-tu ?

Sans doute l’année où nous avons gagné 27 fois sur 30, en 2011-12. Malheureusement, à l’époque, je n’ai pas savouré ça à sa juste valeur en raison d’un litige entre épouses de joueurs. Cela avait laissé de sacrées traces dans le groupe, ce qu’on a payé ensuite en playoffs. Je n’avais donc pas pu vraiment savourer ce qui était au final une saison idyllique, avec un bilan qui n’a jamais été égalé depuis. Après, pour être juste, le tout premier titre du BCM, c’est-à-dire la victoire en Coupe de France à Bercy (en 2005, ndlr), cela reste un très grand moment. C’était une vraie fierté de l’emporter à Bercy. À part ça, on a gagné la Semaine des As, à Pau, en 2011, mais nous étions entre nous, sans notre public, puis la Leaders Cup (2013), à Disneyland® Paris, mais là-encore, tous nos fans n’étaient pas là, ça n’a pas exactement la même saveur. À Bercy, avec 3.000 de nos fans qui avaient effectué le déplacement, c’était encore plus fort niveau émotion que cette saison régulière de rêve.


Sur tes 18 années à la tête du club, tu en as passé 13 avec un Monschau comme entraîneur (3 avec Jean-Luc puis 9 avec Christian)...

13 avec les Monschau oui... Ce sont eux qui ont apporté au club ses meilleurs résultats. Jean-Luc avait commencé à fabriquer le premier étage de la fusée. Avec Christian, on a tout gagné... ou presque, devrais-je dire. Les deux sont très intelligents. Surdoués même, pour la fonction. Ils sont faits pour ça. Il y a eu des heurts, des hauts et des bas, mais tout cela s’explique très bien. Le bas, avec Christian, il est naturel. Je prolonge Christian alors que l’arena de Dunkerque était signée. Après, les élections font que le nouveau maire remet en cause l’arena, ce que je comprends avec le recul. Christian avait été très déçu de ne pas pouvoir continuer à faire grandir le club. Il a donc un peu baissé les bras sur les dernières années mais c’est compréhensible. Sur la salle, je ne veux surtout pas rentrer dans la polémique. Je m’entends très bien avec le nouveau maire de Dunkerque, qui continue à nous aider énormément. (à l’époque, le maire de Dunkerque et ancien Ministre d’Etat, Michel Delebarre, avait valider la construction d’une salle de 12.000 places, dont le coût, qui se montait à 120 millions d’euros, était sans doute un peu démesuré pour une ville comme Dunkerque. Battu lors des élections municipales de 2014 par Patrice Vergriete, ce dernier a remis en cause cette construction, ndlr). 


Depuis, tu as donné ta confiance à Julien Mahé, un jeune coach dont c’était la première expérience de head-coach. Premier bilan ?

L’an dernier, il ne nous a pas manqué grand-chose pour aller à la Leaders Cup comme en playoffs. Nous lui avons donc renouvelé notre confiance. Cette saison, pour Disneyland® Paris, on termine 5e ex æquo à mi-championnat. Malheureusement, au point-average, on se retrouve 9e et chocolat ! Il faut admettre qu’il n’a pas que de la chance... Edgar Sosa s’est blessé, Benjamin Sené aussi. Maintenant c’est Alain Koffi qui s’est pété avec l’équipe de France. Je me demande s’il a eu l’équipe au complet une seule fois depuis la reprise. L’équipe ne s’est jamais délitée malgré ça et c’est à mettre à son crédit. C’est un très gros travailleur. Il aime le basket. Malheureusement, il joue de malchance un petit peu.


Cette saison, l’objectif affiché était d’atteindre les playoffs. Vous êtes actuellement 10es (12V-10D), en ayant été plutôt très fiables face aux “petits” mais en ayant plus de mal face aux supposés gros. Quel regard portes-tu sur cette première partie de saison ?

Il y a trois interrogations. La première, c’est notre élimination en Coupe de France face à un club de N1 (défaite face à Souffelweyersheim, début novembre, en 32e de finale, ndlr). Là, j’étais fou furieux et je leur ai fait savoir. C’était honteux, surtout que nous avions fait de cette Coupe de France un objectif. Parce que pour Christian (Monschau), la Coupe n’était pas sa tasse de thé. Là, on avait une équipe pour aller loin et... Bref, ça a été une grosse douche froide. La seconde, face à Pau chez nous, on s’effondre inexplicablement en deuxième mi-temps. Et ma troisième colère, c’est contre Chalon, à Sportica encore, où l’on produit un deuxième quart-temps indigne qui nous coûte le match, parce qu’on est à 20-52 à la pause. 


Le BCM peut tout de même s’appuyer sur un secteur intérieur fiable en défense, avec notamment la paire Taylor Smith - Bangaly Fofana et un sacré groupe d’artificiers à l’extérieur entre Edgar Sosa, Kendall Anthony, Karvel Anderson, Scott Wood et Jean-Michel Mipoka. Si tout le monde est en bonne santé au bon moment, jusqu’où pourrait aller cet effectif ?

Jusqu’aux playoffs, c’est l’objectif. Après, on fera du mieux possible, parce que quand on regarde en arrière, nous n’avons pas fréquenté si souvent les demi-finales. Trois fois je crois. On a connu une finale face à Pau, et seulement deux demies contre Cholet il me semble. On va voir comment jouent ensemble Kendall Anthony, Edgar Sosa et Benjamin Sene et tous ces artificiers autour. C’est vrai que si tout ce met bien en place, ça peut donner quelque chose de très bien. 


Revenons au club. On a longtemps parlé d’une nouvelle salle. Il semble qu’une nouvelle enceinte soit en route à Dunkerque, mais qui serait destinée au club de handball. Quelles sont les perspectives d’évolution pour le BCM, au sein de Sportica ou en dehors ?

Le président de l’agglo a un projet de salle sur Dunkerque qui avance. Mais le Maire de Gravelines souhaite que nous restions sur le Gravelinois. Il y a deux dossiers qui ont été déposés pour aller chercher un financement de la région, à la fois pour la salle de Dunkerque et pour Gravelines. Nous n’avons pas encore la réponse. Je sais que le Maire de Gravelines et Christian Devos ont rencontré la LNB et les dirigeants de sociétés comme GL Events, dans le but d’édifier une nouvelle salle pour nous. Il y a donc plusieurs projets en course et c’est Bertrand Ringot, le maire de la ville, qui détient la réponse. Sur la table, il y a trois projets d’agrandissement de Sportica. Le premier concerne la pose de deux casquettes derrière les panneaux, ce qui nous ferait évoluer vers 2.800 ou 2.900 places assises. Le deuxième concerne la construction d’un deuxième anneau pour passer à 4 000 places assises. Enfin, celui d’une nouvelle salle, construite sur l’emplacement où se trouvent les terrains de tennis, qui nous ferait passer à 5 000 places. 


L’un des projets a-t-il ta préférence ?

J’ai tellement été... (il s’interrompt) C’est quand même l’Arlésienne cette salle à Gravelines ! Moi, j’avoue qu’agrandir Sportica, en passant à 4.000 places, mais avec une salle connectée, aux normes actuelles, c’est-à-dire avec son, lumière, noir salle, écran géant, ça me va très bien. Nous restons dans une petite ville et une agglo moyenne. Donc, il faut trouver la bonne jauge. La clef, c’est aussi de mieux profiter de tout ce qu’il y a à Sportica, qui est un vrai espace de loisirs, pour développer des activités de sport en entreprise, de séminaires, etc. faire grandir la marque BCM et aussi apporter à nos fans tout un panel de services en dehors des jours de match.


Ces dernières années, côté budget, on a vu des clubs monter en puissance comme l‘ASVEL, Strasbourg et quelques autres. Comment faire pour que le BCM franchisse un nouveau cap sur le plan financier ?

Cela en fait partie. Mais pas que ! C’est aussi d’être en mesure d’attirer un ou deux autres gros sponsors. Mais ce que je dis, tout le monde en rêve dans les clubs. Parvenir à trouver un naming pour le club, un autre pour la salle. Bref, des entreprises qui vous accompagnent dans votre développement. Pour ça, c’est certain, il nous faut un outil. Mais l’outil peut ne faire que 4.000 places s’il est performant, confortable et pratique. Le but étant d’annoncer des sold-out à tous les matches. Après, sur les grosses rencontres, rien ne nous empêchera peut-être d’aller à Dunkerque où la salle aura une jauge de 6.000. Tout ça n’est pas si compliqué en fait. Il faut juste qu’on avance. Cette formule-là, elle est intelligente, raisonnable économiquement et elle ouvre de très belles perspectives. En revanche, en toute modestie, que nos équipes parviennent à trouver 2,6 millions d’euros de partenariats, quand tu es dos à la mer et à 20 kilomètres de la frontière belge, ce n’est quand même pas mal. Surtout que, qu’on le veuille ou non, nous avons la plus petite salle de Jeep® ÉLITE. Fos est en dessous, mais ils ont le Palais des Sports de Marseille. Ma fierté, en dehors du sportif, c’est d’avoir développé des structures performantes. Je suis très content des équipes en place. Quand j’ai repris le club, il y avait 3 salariés. Maintenant, nous sommes 14 ! Cela nous offre une force de frappe intéressante. On est prêt. Il nous manque l’outil, mais au niveau des hommes, nous sommes en ordre de marche !


Cet article est à retrouver dans le Soir de Match papier distribué dans les salles de Jeep® ÉLITE pour la 23ème journée