Sixième homme

#DLSIxiemeHomme - J8 : Edouard Choquet

Auteur d'une prestation pleine avec 11 points 6 rebonds et 7 passes décisives pour un très joli 23 d'évaluation en sortie de banc, Edouard Choquet est logiquement élu #DLSIxiemeHomme de la 8ème journée de Pro A.

Son parcours est atypique. Après huit saisons de Pro B, Edouard Choquet est arrivé en Pro A l’année passée… et est devenu champion, avec l’Asvel ! Cet été, en quête de temps de jeu, il a pris la direction de Châlons-Reims. Bien lui en a pris à la vue de ses stats : 8,3 points à 44% dont 39% à trois points, 2,5 rebonds, 3,8 passes pour 10,4 d’évaluation en 21 minutes. Le week-end dernier, le natif de Limoges a joué un rôle important dans la victoire du CCRB face à Nancy avec 11 points, 6 rebonds et 7 passes pour 23 d’évaluation. Une performance qui lui vaut le trophée de #DLSIxieme homme de la 8e journée de Pro A.

Vous avez été élu #DLSIxiemeHomme cette semaine, qu’est-ce que cette récompense vous inspire ?


Il ne faut pas se cacher, c’est toujours gratifiant d’être récompensé après une bonne performance individuelle. Même si c’est un titre individuel dans un sport collectif, ça fait toujours plaisir. Et puis, c’est bien de parler des joueurs du banc parce qu’eux aussi peuvent avoir leur importance dans un match. Ça reste un titre de meilleur sixième homme sur une journée, ce n’est pas un titre NBA mais c’est sympa d’être reconnu pour son travail.

Fais-tu partie de ces joueurs de devoir qui disent ne pas regarder leurs stats ?

Chaque joueur de Pro A vérifie ses stats après le match, il faut être honnête. C’est un moyen de se comparer à l’adversaire, et même au gars qui est sur le même poste que toi puisque, dans le sport de haut niveau, on est sans arrêt en concurrence. Le basket est un sport de statistiques, avec beaucoup d’aspects individuels qui sont mis en relief. J’aime particulièrement la stat du « +/- », qui révèle l’impact qu’on a eu sur le terrain alors que les stats « classiques » ne le disent pas forcément. Après, évidemment, j’apprécie aussi beaucoup les titres collectifs, même avec un petit rôle comme c’était mon cas à l’Asvel.

Existe-t-il une réelle différence entre le fait d’attaquer un match dans le 5 de départ ou depuis le banc ?

Oui, ça change. Quand tu es titulaire, globalement, tu n’as pas la pression d’être immédiatement performant. Tu as le temps de t’installer dans ton match. Dans mon cas, la transition 5 de départ - banc s’est faite la saison passée. A l’Asvel, déjà, j’ai changé de contexte, puisque c’était ma première année en Pro A et que le club avait beaucoup d’ambition. Dès mon entrée sur le terrain, je devais être intense tout de suite, défendre dur. Ce rôle-là n’est pas forcément simple à appréhender. Si tu n’es pas performant au bout de deux, trois minutes, tu sais très bien que le titulaire va reprendre ta place.

Cette année, tu es arrivé à Châlons-Reims en quête de temps de jeu et de responsabilités. Qu’est-ce que le coach attend de toi ?

Quand il était joueur, coach Antic était meneur donc il a une sensibilité particulièrement développée pour mon poste. Il attend beaucoup de communication, que je sache choisir le bon système au bon moment… Il a beaucoup d’attentes par rapport à ses meneurs. On discute ensemble très souvent et il m’a donné un vrai rôle, avec du temps de jeu. Les attentes sont différentes et c’est une autre forme de pression que celle que j’avais connue à Villeurbanne.

En tant que sportif, comment passe-t-on d’une équipe très ambitieuse, très structurée à une équipe où le cadre et les attentes ne sont pas les mêmes ?

L’avantage, dans ma carrière, c’est que j’ai connu beaucoup de choses différentes : des playoffs, un titre mais aussi des saisons où on jouait le maintien. Tout ça m’a appris l’humilité. A l’Asvel, c’était le top au niveau des infrastructures, on effectuait les déplacements dans les meilleures conditions possibles… Mais bon, vu mon parcours passé, ça ne m’a pas posé de problèmes de passer de l’Asvel au CCRB. Châlons-Reims est aussi très bien structuré. La preuve, c’est qu’ils ont réussi à se maintenir plusieurs saisons de suite. Et puis, quand on voit un joueur comme Mark Payne revenir, ça prouve que le club a des atouts.

Une chanson en son honneur… et une pièce dans sa chaussure !


Jusqu’où le CCRB peut-il aller cette saison ?

Je ne sais pas. Le souci, c’est qu’on a connu du très bon (+ 18 face à Dijon, +4 à l’Asvel) et du très mauvais (-38 face à Monaco, -25 à Limoges) donc c’est compliqué de se situer. Une fois de plus, la Pro A va être très serrée, cette année, à part Monaco qui devrait se détacher. Nous, on a accroché le bon wagon en battant Nancy ce week-end. On est dans le milieu du classement, dans le peloton des équipes qui peuvent encore viser la Leaders Cup. Maintenant, à nous de gagner en régularité pour gagner un ou deux matches et être vraiment dans la course à Disney. Sinon, on va très vite voir revenir les équipes derrière nous. 

Toi qui as longtemps côtoyé la Pro B, quelle est LA vraie différence avec la Pro A ?

C’est une très bonne question ! Personnellement, je n’ai jamais trouvé qu’il y avait un tel écart de niveau entre les deux, sauf sur les top clubs de Pro A, qui ont les cinq postes doublés. D’ailleurs, en coupe de France, il arrive que des clubs de Pro B battent ceux de Pro A. Après, sur une saison entière, ça serait une autre histoire, forcément… La plus grosse différence se voit peut-être au niveau athlétique, du fait de la profondeur des effectifs.

Est-ce que les fans du CCRB t’ont déjà créé une chanson, comme ceux de l’Asvel ?

Non, pas encore ! Mais j’espère que ça va venir ! (rires) C’est vrai que je ne suis resté qu’un an à l’Asvel mais j’avais tissé une bonne relation avec les supporters, qui m’avaient donc consacré la chanson « Sapés comme Choquet » (en référence au tube de Maître Gims, « Sapés comme jamais », ndlr). Quand j’y suis revenu cette saison, ils m’ont offert un super accueil, avec des banderoles dans les tribunes, c’était touchant.

Et puis, pour que le CCRB fasse une bonne saison, il faut que tu gardes ton drachme dans ta chaussure ! Raconte-nous.

Oui, l’histoire a fait du buzz quand elle est sortie d’ailleurs ! (L’Union, quotidien local de la région de Reims, avait sorti l’info, relayé par SFR Sport 2, ndlr) L’histoire est vraie : je joue avec un drachme sous la semelle de ma chaussure droite. C’est une pièce de 1988, l’année de ma naissance. Quand j’étais plus jeune, j’avais fait un déplacement avec les supporters de Limoges au Pana, une année où le CSP jouait la coupe d’Europe. Les supporters nous ont envoyés des pièces et j’en ai reçu une, qui est tombée à côté de moi, sans me toucher. Depuis, je joue avec. Je l’ai même perdue lors d’un match, en Pro B… mais ma belle-mère avait la même dans sa collection, donc j’ai pu la remettre !