Sixième homme

DLSIxiemeHomme - J5 : Charles Kahudi (LDLC ASVEL)

Charles Kahudi (1,99 m, 32 ans) a été étincelant au Colisée de Chalon-sur-Saône, inscrivant 16 de ses 18 points avant la pause. Interview du DLSIxiemeHomme de la cinquième journée.


Dans un rôle inhabituel de sixième homme, Charles Kahudi a été étincelant en première mi-temps au Colisée de Chalon-sur-Saône, inscrivant 16 de ses 18 points avant la pause. L’ASVEL est sorti du piège chalonnais et a préservé son invincibilité depuis le début du championnat. Le capitaine (1,99 m, 32 ans) nous a accordé un entretien. 


Charles, prenons d’abord des nouvelles de votre cheville. Samedi, au Colisée, vous avez été obligé de sortir après un choc avec Assane Ndoye. Mardi soir, vous avez joué en serrant les dents contre Ankara en EuroCup ? 


Effectivement. Cela faisait juste 3 jours que je m’étais fait une entorse. Forcément j’avais encore un peu mal. Mais l’enjeu était important. Même si on a gagné avec une marge confortable, Ankara était l’un des favoris du groupe.

L’EuroCup est-elle la priorité du début de saison ? 


Non. Chaque match est très important. On essaie de les jouer tous à fond. On a un effectif qui a faim. Les mecs ont tous envie. Le match contre Ankara était aussi important que celui contre Chalon ou celui contre Limoges qui va arriver dimanche. Après notre défaite initiale à Valence, c’était important d’accrocher la victoire et d’être en positif à 2v-1d en EuroCup.

Vous avez inscrit 16 points en première mi-temps au Colisée, ce qui a fait dire à Jean-Denys Choulet que vous aviez « dû toucher la Vierge (sic) ». Est-ce qu’on n’aurait pas tendance à oublier que vous n’êtes pas qu’un défenseur, comme le prouvent vos statistiques cette saison (13,0 points en Jeep® ÉLITE et 13,7 points en EuroCup) ? 


Jean-Denys Choulet aime bien les petites polémiques, les petites phrases. J’ai souvent été bon contre Chalon. Je peux apporter offensivement, montrer que je suis bien en place en attaque. Après, c’est le travail. J’essaie simplement d’apporter à l’équipe, que ce soit au scoring ou en défense.

C’est la deuxième fois cette saison que vous ne démarrez pas dans le cinq, ce qui n’est pas dans vos habitudes (172 fois dans le cinq sur 186 matches de saison régulière sur les sept dernières saisons). Commencer sur le banc, cela change la perception du match ? 


Au début, ce n’est pas quelque chose à laquelle je m’attendais. Mais en parlant avec le coach et sachant qu’il aime bien changer les matchups et garder cette concurrence entre tous les joueurs de l’équipe, il ne faut pas se soucier des choix qu’il fait. L’important, ce n’est pas de commencer mais de finir les matches. Peu importe, quand tu rentres, il faut être prêt. C’est pareil pour tout le monde.

C’est aussi une grande force de l’ASVEL d’avoir énormément de solutions sur le banc. DeMarcus Nelson, A.J. Slaughter, vous sortez du banc. Cela permet aussi de mettre en confiance les jeunes ? 


C’est important que tout le monde soit en concurrence et progresse. On a aussi l’Euroleague en ligne de mire, qui va arriver très vite. Cela fera beaucoup de matches, de déplacements. On a besoin que nos jeunes joueurs progressent et arrivent au niveau de joueurs confirmés de Jeep® ÉLITE pour commencer. Ils ont besoin de vécu du terrain, que ce soit Maledon, Briki, Sow et Charles Galliou. On a besoin que les mecs soient au diapason. Le seul moyen c’est de prendre de l’expérience sur le terrain.

Vous vous retrouvez bien dans le coaching et la philosophie de jeu de Zvezdan Mitrovic ? 


Oui, je me retrouve bien dans cela. Il a une vision du basket qui est très simple. L’application et le sérieux sont très importants. Le plus important est d’être concentré. À partir de là, il y a pas mal de liberté dans le jeu qui est très ouvert. Il y a pas mal de circulation de ballons, d’où le fait que je sois plus impliqué en attaque. Je le fais à bon escient comme David Lighty ou d’autres joueurs qui peuvent sortir de leur boîte. Tous les week-ends, cela peut être un mec différent. C’est ce qui fait une équipe.

Trouvez-vous que le basket proposé par l’ASVEL cette année ressemble à celui de Monaco les années passées ? 


Non. Monaco jouait avec Cooper qui portait énormément la balle. Cooper est un très fort meneur, un très fort passeur mais il gardait la balle énormément. Là, pour que tout le monde soit impliqué, on a un passing game. La balle vit pas mal. Il y a plus de mouvement. C’est plus plaisant à voir et à jouer.

Jouer avec un meneur expérimenté et de la trempe de Mantas Kalnietis, c’est un plaisir particulier ? 


C’est un meneur qui lâche la balle et qui est porté vers l’attaque. Il a de l’expérience. C’est très bien pour progresser. Il apporte de la sérénité et toujours beaucoup d’envie et d’engagement. C’est un exemple pour les jeunes… et les moins jeunes aussi.

Vous êtes invaincus en Jeep® ÉLITE après cinq journées. Est-ce que pour autant, vous pensez que vous disposez encore d’une belle marge de progression ? 


Oui, j’en suis convaincu. On peut faire beaucoup mieux défensivement pour commencer. On a des moments d’errance où on perd un peu la concentration. Et offensivement on a encore deux joueurs à intégrer quand ils vont revenir de blessure, c’est Alpha Kaba et Livio Jean-Charles. Ils apporteront des options différentes dans notre jeu. Si on continue dans ce sens-là à partager la balle et à être très intense des deux côtés du terrain, on ne peut que progresser.