Sixième homme

#DLSIxiemeHomme - J4 : Sergii Gladyr

Déjà élu #DLSIxiemeHomme la semaine dernière, Sergii Gladyr s'impose une nouvelle fois comme le meilleur remplaçant de la journée de Pro A.

 

A 28 ans à peine, Sergii Gladyr, arrière d’1,96 m, vient d’être élu #DLSIème homme de la 4e journée de Pro A pour la deuxième semaine de suite. Petit tour d’horizon autour de l’Ukrainien avec Pascal Donnadieu, son ancien coach à Nanterre.

 

La saison de Pro A n’en est qu’à sa quatrième journée, et Sergii Gladyr, l’ailier de Monaco, se voit déjà décerner un deuxième trophée de #DLSIxiemeHomme de la semaine. Pour le moment, son club se balade de week-end en week-end, l’ASM  ayant remporté ses quatre rencontres par un écart moyen de 21,5 points, mais surtout sans jamais descendre sous un « tarif minimum », pour le moment fixé à 16 unités. Sergii, lui, qui évolue en sortie de banc, tourne depuis le début de la saison à 12,3 points (55,2% aux tirs et 47,1% derrière l’arc), 3,8 rebonds, 1,3 passe décisive pour une évaluation de 13,5. Mais ces chiffres globaux traduisent encore assez mal l’impact que peut avoir le 6e homme de Monaco sur le rendement de l’équipe,. Car sur les quatre journées, l’international ukrainien s’est « troué », une fois, lors de la deuxième journée à Chalon : 0 sur 5 aux tirs, aucun point et juste un petit 1 d’évaluation. Sans cette rencontre, Sergii tournerait à 16,3 points de moyenne, en ayant converti 67% de ses tirs, dont plus de 57% de ses tentatives à trois-points. Impressionnant.

Donnadieu : "Il a le même rôle que l'an dernier, mais dans une plus forte équipe !"

Soit bien au-dessus de ses performances constatées l’an dernier, déjà avec la Roca Team, puisque avec un temps de jeu légèrement supérieur (21 minutes contre 20 cette saison), Gladyr apportait 5 points de moins (7,3 pts) et convertissait 15% de moins de ses tirs (41,4%, dont 32,5% à 3-pts). Alors, est-ce que Gladyr est en surrégime en cet automne 2016 ? Pas si l’on en croit Pascal Donnadieu, le coach qui, le premier en France, l’a recruté, à Nanterre 92, à l’été 2013. « En fait, Zvezdan Mitrovic l’utilise cette saison exactement dans le même rôle que la saison passée, en sortie de banc », analyse le nouvel assistant-coach des Bleus. « La différence, c’est que l’ASM étant encore plus forte cette saison, les adversaires ne peuvent pas défendre sur tous les dangers potentiels. Visiblement, les équipes se concentrent un peu plus sur Shuler, qui a fait une saison dernière exceptionnelle, et ça ouvre des opportunités pour Sergeii. »

 

Et les opportunités, celui qui évoluait déjà en pro, avec le MBK Nykolaiev, dans la seconde division ukrainienne, dès ses 17 ans , sait les saisir. Comme le démontrent ses 16 points, à 5 sur 6 aux tirs, dont un parfait 3 sur 3 à 6,75 m, en 17 minutes seulement, le week-end dernier, face à Hyères-Toulon. Une précision clinique !

Mais qu’est-ce qui avait d’ailleurs poussé Donnadieu, tout juste sacré Champion de France, à se tourner vers Gladyr au moment d’aborder l’Euroleague ? « Déjà, ce qui transparaissait chez Sergii, c’est sa connaissance du jeu. Son adresse de loin aussi, bien sûr, ça ne surprendra personne, mais surtout son intelligence et son Q.I. basket, qui sont largement au-dessus de la moyenne. C’est vraiment un joueur très intelligent. » Un bel hommage.

Mais l’on a vu aussi, à une époque où chaque club ou presque disposait d’un ou deux joueurs Bosman, souvent issus des ex pays de l’Est, nombre de joueurs référencés et performants en Lituanie, Russie ou ailleurs, ne pas parvenir à s’adapter à la Pro A. « En France, on a en plus un championnat atypique, qui peut représenter une grosse barrière pour certains Bosman pas assez athlétiques pour passer en Pro A, analyse le technicien francilien. Alors, quand, en plus, tu as un garçon comme Sergeii, qui possède un minimum de qualités physiques pour tenir la route sur ce plan-là, bah… c’est tout bénef’ Lui, il a du jump, de la vitesse et des qualités athlétiques. Un joueur de ce profil-là, avec cette intelligence de jeu et pas de tares rédhibitoires sur le plan physiques, c’est finalement assez rare. En plus, il a longtemps joué en Espagne. Et l’on sait que la Liga est un championnat de qualité avec toutes les exigences du très haut niveau. On savait donc qu’il était capable de s’acclimater hors de l’Ukraine, et que même s’il était dans de petites équipes en Liga, sa participation avec la sélection ukrainienne, dans des EuroBasket notamment, nous faisait dire qu’il n’aurait aucune difficulté à s’adapter. »

Donnadieu : "Ses genoux vont mieux, ce doit être le climat azuréen !"

Arrivé en France juste avant de fêter ses 25 ans, on a quand même plutôt l’impression que Sergii Gladyr, qui avait été drafté au deuxième pour (n°49) par les Atlanta Hawks en 2009,  est aujourd’hui, alors qu’il vient de fêter ses 28 printemps le 17 octobre, à son apogée. Il présente, en tous cas, les meilleures stats de sa carrière puisque s’il tournait à 11,7 points par match avec Nancy, en 2014-15, ses pourcentages au shoots étaient bien loi de leur niveau actuel (38,1% dont 34% à trois-points.

En conclusion, Pascal Donnadieu a peut-être une explication : « Quand il était chez nous, il était assez fragile au niveau des genoux, ce qui lui a fait manquer pas mal de matches en cours de saison. Mais là, depuis deux ans – ce doit être le climat de la Côte d’Azur -, il n’a semble-t-il plus aucun pépin à ce niveau. Chez nous, il avait fait un très bon début de saison,  puis il avait terriblement souffert du ménisque et n’avait pu reprendre qu’en janvier. Il s’était blessé au plus mauvais moment en plus, alors qu’il était en train d’exploser. »