Sixième homme

#DLSIxiemeHomme - J32 : Jakim Donaldson

Pour la première fois de la saison, Jakim Donaldson a débuté la rencontre sur le banc. Mais l'Américain a été exceptionnel en réalisant un triple double ! Il est donc élu #DLSIxiemeHomme de la 32e journée de Pro A.



Jakim Donaldson est un joueur adulé au Portel. Lui, le gamin de Pittsburgh, une ville de « cols bleus » de ses propres mots, se retrouve bien dans les valeurs de la ville du Nord. « Chez moi, tu dois bosser très dur pour y arriver », commence Jakim. « C’est dans mon éducation. A l’âge de 10-11 ans, je faisais déjà des petits boulots, parce que je n’avais pas toujours ce que je voulais à Noël ou pour mon anniversaire ! Au Portel, c’est un peu le même style de mentalité, où les gens savent que, dans la vie, rien est acquis. »

« C’est un professionnel hors normes, comme on en voit très peu », enchaîne Eric Girard, qui classe Donaldson dans la même catégorie que Stéphane Ostrowski ou encore Paul Fortier au niveau de l’éthique de travail. « Il arrive 30 à 45 minutes avant l’entraînement. Pendant, il est à 200 % et c’est lui qui repart le dernier… Il a 33 ans et il s’entraîne plus dur que les jeunes de 25 ans ! » Une « machine », son surnom, et même « un exemple » pour son coach, « notamment pour les nouveaux venus, qui pourraient penser qu’ils peuvent s’entraîner tranquille. C’est fabuleux pour un entraîneur, et pour un club au sens large de pouvoir compter sur un tel joueur. » « Je suis fier de faire partie de ce club, où l’on rend l’impossible possible », répond Jakim. « Transmettre cette mentalité aux nouveaux joueurs, c’est quelque chose qui me fait avancer, jour après jour. »

Rendre l’impossible possible, comme claquer un triple-double… en sortie de banc ! « C’était une première pour moi cette saison », éclaire Donaldson. « J’avais sûrement plus faim que d’habitude une fois sur le terrain ! » « Je savais que Jakim allait répondre présent car ce n’est pas le genre de joueur à se vexer s’il ne commence pas le match sur le terrain », poursuit coach Girard. « Cette notion de 6e homme est capitale, et ça a sûrement été l’une des clés qui nous a permis de l’emporter à Antibes. »


« Jakim est quelqu’un d’extraordinaire, dans tous les sens du terme »


Altruiste, travailleur, le co-capitaine de l’ESSM est également dans la transmission quand il rentre chez lui, tous les étés. En 2010, il lance, avec son père, son propre camp de basket via son association : P.R.O.M.I.S.E. (promesse, en VF). A l'époque, il finance tout sur ses propres deniers, faute de sponsors. « Nous avons lancé ce projet pour garder les gamins loin de la rue et de tous ses problèmes », explique Jakim. « Tout cela, on le fait aussi pour mon frère, Jehru, qui a été tué en juillet 2007, lors d’un car-jacking qui a mal tourné. »

Un événement tragique qui l’a poussé à créer son camp pour « essayer de sauver le maximum de vies grâce au basket. » « J’ai appris beaucoup de choses sur le jeu à travers mon expérience aux Canaries, en Israël, en France… et j’essaye de transmettre tout cela aux enfants », poursuit l’intérieur du Portel. « C’est sympa de revenir tous les ans les voir, passer une semaine ensemble… Et puis, ils progressent tellement vite ! Tu vois qu’ils prennent du plaisir, et ça me rend d’autant plus heureux. J’espère vraiment pouvoir développer ce projet dans le futur. » « Jakim est quelqu’un d’extraordinaire, dans tous les sens du terme », conclut Girard. A l'image de son club, qui pourrait connaître les playoffs dès sa première année dans l'élite...