Sixième homme

#DLSIxiemeHomme - J30 : Spencer Butterfield

Avec 18 d'évaluation, Spencer Butterfield a été étincelant avec Nanterre 92 pour mettre fin à la série de 10 victoires de la SIG. Il est élu #DLSIxiemeHomme de la 30e journée de Pro A.

 

 

Vous avez été nommé DLSIxième homme de cette 30e journée. Après les deux trophées collectifs gagnés la semaine dernière, quelle place donnez-vous aux distinctions individuelles ?

Oh là ! Cela n’a rien à voir. Les trophées individuels, c’est toujours sympa d’en recevoir un, ça flatte un peu l’ego, mais ça n’a finalement pas beaucoup d’importance. A l’inverse, gagner la Coupe de France et enchaîner sur le FIBA Europe Cup avec Nanterre, ça se sont de véritables accomplissements collectifs. Je n’ai jamais vraiment cherché à remporter des titres individuels, que ce soit en High School, à l’Université ou en Espagne et en Lituanie pendant mes deux premières années de carrière professionnelle. Je sais que c’est un cliché de dire ça, mais le plus important, c’est ce que vous gagnez avec l’équipe.

Et cette notion de sixième homme, pour un joueur collectif comme vous l’êtes, qu’est-ce qu’elle vous inspire ?

Je pense que c’est exactement le rôle que je tiens à Nanterre et que j’adore. : sortir du banc au bout de quelques minutes, apporter de l’énergie et surtout faire en sorte qu’à mon entrée, le niveau de jeu de l’équipe ne baisse pas. Mon job est d’apporter ce petit plus à l’équipe quand je rentre en jeu, une petite étincelle de plus qui fasse que l’équipe tourne au moins aussi bien et si possible mieux encore qu’avec le cinq majeur.

Cette saison, vous avez été parfois dans le cinq majeur, parfois non. Est-ce que ça fait une différence pour vous ?

Non, pas du tout ! Je peux être un starter ou sortir du banc. Franchement, les deux rôles me vont tous deux très bien. Ce n’est vraiment pas important pour moi. L’important, c’est plutôt d’être parmi ceux qui terminent les rencontres sur le terrain. De sentir que votre coach vous fait assez confiance pour que vous disputiez les dernières minutes des matches serrés. Je préfère de loin cette forme de reconnaissance là…

Y-a-t-il des 6e hommes qui vous ont marqué ?

Je suis né dans l’Utah, mais j’ai grandi à Sacramento, en Californie. Et l’un des meilleurs Sixth Men en NBA, quand j’étais petit, était Bobby Jackson (meneur-arrière, né en 1973 et en NBA entre 1997 et 2009, Jackson a passé six saisons aux Kings, dont sa meilleure, en 2002-03 : 15,2 pts et 3,1 pds, ndlr).  En fait, c'était mon joueur préféré et je n’avais même pas réalisé qu’il n’était pas un starter. C’est juste quand il a été en course pour le trophée de meilleur sixième homme de la NBA que mes parents m’ont expliqué qu’il sortait du banc et l’importance de ce rôle de premier remplaçant. Il était vraiment un bon joueur qui m’a vraiment pas mal inspiré.

Ces 15 derniers jours ont été incroyables pour Nanterre, avec une victoire en Coupe, une autre en FEC et même ce dernier exploit sur le terrain de Strasbourg, qui restait sur 10 victoires consécutives. Qu’est-ce qui vous a marqué sur cette période ?

Mon plus grand souvenir ? Sans doute les deux fêtes ayant suivi ces victoires en Coupe de France et en FEC. Et plus particulièrement celle après notre succès européen. Car pour la Coupe, même si nous avons un peu fêté ça, nous devions quand même rester très concentré sur la suite, vu que la finale retour se déroulait 72 heures après. Mais après notre victoire sur Chalon, ça a été une vraie communion avec le public du Palais des Sports puis une super fête avec tous les membres de l’équipe et du club. Je crois que je garderai toute ma vie souvenir de ces instants là.

Etait-il difficile d’enchaîner les deux compétitions en restant vraiment focus pendant sept jours de suite ?

Je pensais vraiment que ce serait difficile mais… en fait, quand nous avons été plongé dans cette semaine là, tout s’est plutôt déroulé naturellement. On a gagné la Coupe, on était heureux, mais le coach nous a rappelé de suite qu’il nous restait cette finale retour à disputer sur le front européen et… nous sommes restés très concentrés. Je crois que l’effectif est très pro, s’entend bien, et que tous, collectivement, avions vraiment très faim de victoires. Nous voulions ces deux trophées. Absolument !

Pensez-vous que Nanterre ait changé de statut juste avant de se lancer dans les Playoffs ?

Oui, je pense que ce que nous avons accompli a impressionné. Je pense que tout le monde, dans et autour de l’équipe, en a tiré une grande confiance. Nous sommes confiants en tant qu’individus, mais nous avons surtout énormément foi en nous, en notre groupe de joueurs et en le jeu que le coach nous a permis de mettre en place. Et je pense vraiment que c’est cette solidarité et cette confiance que nous avons les uns dans les autres qui nous a permis d’aller chercher ces deux Coupes…

Face à Strasbourg, personne n’a cartonné vraiment et vous vous en sortez sans Zanna et avec un Mathias Lessort à 0 points. Qu’est-ce qui rend cette équipe si spéciale ?

Je pense que c’est la preuve que ce groupe est vraiment spécial. Que cela montre vraiment l’esprit d’équipe qui règne parmi nous. Quand l’un d’entre nous est absent ou connaît un jour sans, il y a toujours quelqu’un pour reprendre le flambeau et élever son niveau de jeu pour compenser. Franchement, je n’ai jamais évolué dans un groupe aussi soudé et complet comme celui dont nous disposons cette saison. Je sais bien qu’on dit ça souvent, même quand c’est faux, mais nous nous entendons tous à merveille et il règne une ambiance géniale dans ce groupe, sur comme en dehors du terrain. Et ça peut paraître bête, mais le fait d’avoir envie de faire des choses ensemble dans la vie vous rend aussi plus solidaires, après, quand vous revenez au terrain. Et puis, le jeu que met en place Pascal Donnadieu donne confiance à chacun de nous. Nous croyons que le basket qu’on pratique peut toujours nous fournir les armes pour inverser des situations difficiles.

Quelles chances donnez-vous à Nanterre d’aller chercher le titre ?

Je pense sincèrement qu’avec toute la confiance que nous avons pu accumuler, nous avons vraiment des chances d’aller au bout. Il y a pas mal de très bonnes équipes en Pro A, Monaco bien sûr, mais aussi Chalon, Strasbourg ou encore l’ASVEL qui va forcément revenir, ou encore Pau. Là, il nous reste 4 matches de saison régulière et on doit se concentrer là-dessus, en essayant de surfer sur la vague de confiance que ces deux titres nous ont donné, pour tenter de terminer à la meilleure place possible. Après, il faudra qu’on avance étape par étape, match par match, en donnant tout pour aller chercher un troisième titre. Déjà, il va nous falloir dominer Limoges ce week-end, puis on a deux autres matches à domicile et un seul déplacement à Pau. Si on termine bien, on doit pouvoir aller chercher la 3e ou la 4e place et avoir l’avantage du terrain lors des quarts de finale.