Sixième homme

#DLSIxiemeHomme - J12 : DJ Cooper

On peut être le MVP de PRO A en titre et sortir du banc. Tel est le nouveau rôle que connaît DJ Cooper cette saison dans le très dense effectif de Monaco. Et lors de la J12, ca lui a été bénéfique puisque sa prestation lui vaut d'être élu DLSIxièmeHomme !

L’automne 2017 de D.J. Cooper n’a rien eu à voir avec sa saison de MVP 2016-17. Passé de Pau à l’ASM en passant par la case BCM, D.J. revient en forme

L’incontestable MVP de Pro A 2016-17 est plutôt d’un naturel discret, préférant laisser ses tatouages – côté esthétique - et ses passes lasers – côté basket - parler pour lui. Ce qui ne l’empêche pas, sans trop faire de bruit, d’avoir tout de même, parfois un caractère ombrageux. Ni de s’être aussi bâti une réputation de trash-talker discret mais en mode Black Mamba, qui ont parfois fait sortir de leurs gonds joueurs ou coaches adverses.

En parallèle, tout le monde reconnaît au meneur de la Roca Team un incomparable talent de passeur comme une capacité à tuer les matches par quelques paniers de (parfois très) loin à des instants clés. A 27 ans, D.J. a déjà été élu MVP de sa conférence universitaire (la MAC), avec Ohio State (en 2013), a terminé top-passeur de l’ESAKE (la ligue grecque), en 2013-14 avec le PAOK Salonique (6,5 assists), de la VTB League (9,1 pds) et de l’EuroChallenge (7,9) la saison suivante avec le club russe de Krasnoyarsk, avant de terminer 2e en Pro A dans cette catégorie en 2015-16 avec Monaco (6,4), puis premier haut la main l’an passé avec l’Elan Béarnais (10,8). Impressionnant.

Yes but…

D.J. Cooper, en 4 saisons et demi de professionnalisme, aura quand même fréquenté 9 clubs différents, dont deux fois l’AS Monaco. Et s’il est resté une saison complète avec le PAOK et une autre avec Pau, il a fréquenté deux clubs en 2014-15 (Enisey Krasnoyarsk puis le Panathinaikos), trois en 2015-16 (Volgograd en Russie, l’AEK en Grèce puis Monaco) et déjà deux cette saison (Gravelines-Dunkerque et Monaco à nouveau). Un parcours plus proche du chasseur de prime que du « franchise player » à la Tim Duncan.

Voilà qui ne remet absolument pas en cause son indéniable talent, mais peut expliquer que même après une saison aussi étincelante que celle qu’il a produite l’an passé dans le Béarn (13,3 pts, 5,8 rbds, 11,1 passes pour 21,3 d’évaluation, n°1 aussi dans ce secteur), D.J. n’ait pas reçu d’offres fermes émanant d’équipes d’Euroleague et autres cadors continentaux.

C’était tant mieux pour le BCM, qui pouvait le signer au cœur de l’été à un tarif raisonnable. Mais Cooper n’allait jamais se sentir bien dans le Nord, disparaissant après les 4 défaites initiales du BCM, en étant apparu bien taciturne depuis son arrivée. Sur BeBasket, Cooper évoquait des promesses non-tenues de la part des dirigeants. Pas sûr que cela fasse rigoler Hervé Bedeleem, le président délégué du club, ni ses coéquipiers. Benjamin Sené l’a d’ailleurs admis à demi-mots la semaine dernière dans Buzzer, l’émission du lundi (juste après la rencontre de Pro A) de SFR Sport 2 : "Il (Cooper) n'avait pas une influence très positive sur le groupe." Dans une interview parue sur BeBasket, Cooper réfutait le fait que ce départ inopiné puisse nuire à sa réputation : « Cela fait partie du métier... En NBA, les supporters brûlent les maillots des joueurs. J'ai le sentiment que tout cela sera oublié d'ici deux mois. En attendant, mon objectif est d'aider Monaco à aller le plus haut possible et d'avoir une saison réussie. »

Les Cooper retrouve la Côte et D.J. sa motivation…

Revenu ensuite en terrain connu – et également sans doute dans un environnement plus agréable à sa compagne – sur le Rocher monégasque, en remplacement d’un Dru Joyce (signé depuis par Limoges), D.J. retrouve peu à peu des couleurs. Car malgré un temps de jeu bien plus limité qu’à Pau (un peu moins de 24 minutes contre 35 l’an passé), D.J. est bien revenu aux manettes et a repris la tête du classement des passeurs (8,0 de moyenne). Bien sûr, il produit moins avec le seul leader du championnat qu’il ne le faisait en Béarn (5,5 pts, 1,9 rbds et 12,2 d’évaluation contre 9,3, 4,3 et 20,3 l’an passé), mais la Roca Team n’a perdu qu’une seule rencontre en six matches depuis son arrivée et s’est ainsi replacée en tête de la Pro A.

Seul danger, l’excellent Aaron Craft, dont le début de saison avait été impressionnant (9,3 pts, 12,2 d’éval. sur les 6 premières journées), plonge un peu depuis qu’il doit faire face à la concurrence de Cooper (5,3 pts et 7,8 d’éval). A corriger, car cette paire de meneurs, tous deux à leur top, peut sans doute faire mieux que rivaliser avec celles de Strasbourg (Wright-Bost, tous deux à l’ASM l’an passé) ou le trio Roberson-Slaughter-Nelson de l’ASVEL…

Et le week-end dernier, lors de l’exécution en règle de la JDA en Bourgogne (71-99), D.J. Cooper a régalé de caviars Sergii Gladyr (30 pts, 9/10 derrière l’arc) et Gerald Robinson (23 pts) en cumulant 12 points à 4/5, 2 rebonds et 9 assists pour une évaluation de 23 lui valant le titre de #DLSIxiemeHomme de la 12e journée.