Sixième homme

#DLSIxiemeHomme - J11 : Louis Labeyrie

Avec 21 points à 90% aux tirs et 7 rebonds pour 28 d'évaluation, Louis Labeyrie a été étincelant en sortie de banc pour aider son équipe à créer l'exploit et vaincre le leader monégasque sur son parquet ! L'intérieur parisien est ainsi élu #DLSIxiemeHomme

Pour la deuxième fois cette saison, Louis Labeyrie (2,09 m, 24 ans) a été désigné meilleur sixième homme de la semaine en Pro A. L’occasion d’échanger avec lui, sur un ton plus décalé, et de découvrir un personnage atypique du basket français.

S’il était son propre coach, est-ce que Louis Labeyrie se mettrait dans le cinq de départ ?


Aucune importance. Si j’étais mon propre coach, peu m’importerait. Je voudrais juste jouer, que ce soit en sortie de banc ou dès le début du match.

Louis Labeyrie n’a pas de poste, ou bien en a-t-il un ?

Je suis un poste 4. Après, aujourd’hui, c’est vrai qu’il me manque un peu d’expérience sur ce poste-là. Mais je peux shooter extérieur, comme les postes 4 d’aujourd’hui, qui s’écartent de plus en plus.

Sur quels aspects de son jeu Louis Labeyrie doit-il encore progresser ?

Gagner en constance. Et avoir plus de vice dans mon jeu.

C’est-à-dire ?

Savoir flopper, par exemple (se laisser tomber après un contact, ndlr). Etre « bien » auprès des arbitres, et être moins entier.

Quelle est la plus grande qualité de Louis Labeyrie ?

La persévérance. Je n’abandonne jamais. Ça vient sûrement de mon vécu, mais aussi de ma personnalité. Je ne suis pas du genre à m’arrêter parce qu’on me dit « non ». J’ai toujours voulu des choses dans ma vie, j’ai toujours eu des objectifs. Quand j’étais gamin, je voulais tel cadeau. Quand j’étais ado, je voulais sortir avec certaines filles.

Et alors, ça marchait avec les filles ?

Non. Mais aujourd’hui, je n’ai plus « d’objectifs féminins » à atteindre, je suis avec ma femme depuis cinq ans.

Comment Louis Labeyrie ado se voyait-il dix ans plus tard ?

Je ne me voyais pas ! Je ne faisais même pas de basket à cette époque-là. Si j’avais continué un cursus classique, j’aurais sûrement été un « petit con ». Le style de gamins qui a des acquis, mais qui n’en fait pas plus.

Qu’aurait fait Louis Labeyrie s’il n’avait pas été basketteur ?

Je ne sais pas, mais je me serais débrouillé. Je ne me serais pas posé de limites. J’aurais pu être politicien, par exemple.

« Je suis cette petite chose qu’on aimerait ne pas avoir avec soi, mais qui est là »

Comment Louis Labeyrie se définirait-il dans le monde du basket ?

Je suis « vrai ». Et je suis très déçu d’être tout seul dans cet état d’esprit-là, à dire la vérité, à ne pas faire attention à tout ce que je dis. Pourtant, la liberté d’expression existe !

Que pensent ses coéquipiers de Louis Labeyrie ?

Ils pensent que, parfois, je devrais me calmer ! Ils savent aussi que, peu importe mon humeur, je serai toujours à fond. Je suis un « forceur ». En fait, je suis cette petite chose qu’on aimerait ne pas avoir avec soi, mais qui est là.

Louis Labeyrie s’est-il déjà senti aussi fort ?

C’est vrai que je me sens bien en ce moment. J’ai du temps de jeu. J’ai un coach et des coéquipiers qui m’apprécient pour ce que je suis vraiment. Et tout va très bien dans ma vie hors basket, avec ma femme. J’ai mes deux chiens, je vis de mon sport… Et puis, j’aime bien manger et on est à Paris, donc je suis servi côté restaurants.

L’œil de Freddy Fauthoux :

Louis est un vrai personnage et moi, j’aime ça. Il faut s’attendre à tout avec lui et ça peut être sa grande force, autant qu’une faiblesse. Ce que l’on cherche à mettre en place ensemble, c’est de cadrer son jeu. Je lui demande des choses très précises, je ne veux pas qu’il s’éparpille en pensant qu’il peut tout faire. Il a des hauts, des bas, mais j’ai l’impression qu’il gagne en constance. Il fait moins d’erreurs, il sort moins des matches. Je suis vraiment content de lui ces dernières semaines.