Sixième homme

#DLSIxiemeHomme de la saison : Louis Labeyrie

On a passé une heure à table avec Louis Labeyrie, le DLSIxième homme de l’année. On a parlé playoffs, cuisine, vin… Garanti sans langue de bois.



Nous avions rendez-vous avec Louis Labeyrie avant les playoffs. Las, la post saison approchant, il avait finalement décliné… mais avait promis qu’on le recroiserait en cas de victoire du PL face à Nanterre. Chose promise, chose due : nous voilà attablés dans une célèbre galerie marchande parisienne, vendredi dernier. Le garçon a ses habitudes, demande « la même chose que la dernière fois », et un duo jambon ibérique / vin rouge fait son apparition sur notre table. Il prévient : « J’ai énormément faim. »


« Avoir été désigné meilleur 6e homme, c’est super sympa. Ça me fait d’autant plus plaisir que la première fois que j’avais fait la soirée des trophées, j’étais reparti déçu (en 2012, Louis avait terminé 3e du trophée de meilleur jeune de Pro A, derrière Evan Fournier et Léo Westermann, ndlr). Après, le buffet m’a un peu laissé sur ma faim. Mais sinon, très bien. »

Bien manger semble plus qu’une nécessité pour l’intérieur du PL. « L’importance de la nourriture dans ma vie ? 90% », précise-t-il. « La spiruline, l’huile de coco… C’est bien gentil mais, une assiette de pata negra, gustativement, c’est autre chose. » En France, Louis est bien tombé pour assouvir sa passion. Depuis 2012 en région parisienne, il a eu le temps d’accumuler les « spots » niveau restaurants et autres commerces de bouche, qu’il énumère sans qu’on le pousse à le faire. Reste qu’après une telle saison (9,9 points, 8,6 rebonds, 16,2 d’évaluation en 22 minutes), il risque d’attirer les convoitises, notamment de l’étranger, où se nourrir n’est pas forcément un art de vivre…

« J’ai anticipé cette éventualité, donc je ne me suis pas privé. J’ai goûté beaucoup de chefs : Alain Passard, Guy Savoy… J’y vais avec ma femme. Tu prends le menu dégustation, t’y restes 3 heures. »


Une reconversion toute trouvée ?


En parlant d’heures, le temps passe. Une deuxième assiette de pata negra et un peu de viande rouge plus tard (il tiendra à régler la note dans son intégralité), direction le caviste de la galerie. L’ambiance est plus feutrée. « C’est magnifique ici », dit-il en contemplant l’alignement des bouteilles. Certaines sont « inaccessibles », de ses propres mots, chiffrant à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Déambulant entre les étals, nous agrémentant d’un « J’en ai à la maison » à côté de crus bourguignons ou encore d’un « Il y a eu 95% de gel en Bourgogne cet hiver, ça va pas être une bonne année », on le sent dans son élément. « Au niveau du vin, Nicolas Lang est mon gars sûr », informe Louis, qui a joué deux saisons avec l’arrière de l’ASVEL.

Son amour pour la gastronomie française nous amène forcément à la question suivante : pourquoi ne pas en faire son après-carrière ? « Tous les métiers de bouche, ou ceux liés au vin, sont très durs. Devenir critique ? Non. Franchement, je suis propriétaire d’un resto, le mec me descend, je lui en mets une. »




« On est tellement surprenant que les gens ne savent pas quoi penser de nous »



Le repas fini, la cave laissée derrière nous, parlons basket. Battre Nanterre avait-il une saveur particulière ? « Oui, oui, oui », opine Louis, dans l’escalator qui nous mène à la sortie. « Ca fait, très, très plaisir. Le côté petit poucet de Nanterre, ce n’est plus vrai, faut arrêter. » Ses applaudissements (ironiques) au public nanterrien, à l’issue du match retour à Levallois ? « Oui, c’est de la provocation. Mais il faut un peu de courage quand même, sachant que tu chambres 500 personnes en direct. Après, tu sais qu’il n’y en pas un qui osera te mettre une claque… donc c’est du courage mou. En Turquie, je ne l’aurais pas fait. » Sa première mi-temps à 14 rebonds ? « J’étais fléchi, j’ai sauté, j’ai attrapé les ballons. Ils rataient et il y avait un gars sous le cercle pour prendre les rebonds, c’était moi. C’est aussi simple que ça. Et puis, je me sentais bien physiquement. Ma cheville va mieux. »

Une bonne nouvelle pour le PL, avant d’aller défier l’Elan Chalon. « Le challenge, ce n’est pas de battre Chalon, de jouer Moustapha Fall… », tempère-t-il tout de suite, alors que nous sommes sur le point de nous séparer, dans les couloirs du métro. « Je ne suis pas dans l’irrespect ou le sur-respect. On jouera notre carte à fond, eux aussi, bonne chance. Franchement, le vrai défi, c’est de battre tout le monde et d’aller chercher le titre. Evidemment qu’on y pense ! Mais bon, tout le monde va croire qu’on va perdre, comme d’habitude… On est tellement une surprise depuis le début que les gens ne savent pas quoi penser de nous. »

Une étiquette d’outsider qui va si bien au PL et à son intérieur fantasque, que l’on laisse aller faire sa sieste. Pour digérer sa charcuterie, ses 19 rebonds de la veille… et pour rêver d’une première victoire en Bourgogne, demain ?


Le mot du partenaire du trophée, Grégoire Fernandez, responsable de la communication du groupe DLSI

« Depuis trois ans maintenant, notre groupe cherche à mettre en avant l’esprit d’équipe via ce trophée. Pour schématiser, nous avons deux activités principales : le recrutement, orienté vers les CDI, et le travail temporaire, à savoir l’intérim. Pour faire un parallèle avec le basket, les CDI seraient les membres du cinq de départ, les joueurs installés. Et, l’intérim étant notre activité prépondérante, on a voulu mettre en avant les 6e hommes, ces joueurs de l’ombre, temporairement mis en valeur, mais essentiels à leur équipe. »