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Benoit Mangin : "De cadet à espoir, j'étais un privilégié"

À 27 ans, Benoît Mangin, médaillé d’or à l’Euro U18 en 2006, puis de Bronze, au Mondial, l’année suivante, avec une génération emmenée par Batum, Diot ou Ajinça, s’impose de plus en plus comme l’un des joueurs français phares de la Pro B, avec Le Portel

Benoît, à 27 ans, vous voilà devenu un joueur plus que majeur, en Pro B, et l’un de ceux qu’on juge tout à fait capable d’avoir un rôle en Pro A. Est-ce qu’évoluer en Pro A, à court terme, devient un objectif majeur ?

Bah, oui, je ne m’en cache pas. Mais mon objectif, si j’ai re-signé au Portel, c’est de pouvoir évoluer en Pro A ici, avec mon club.

 

Cette année, Le Portel semble parti pour une superbe saison, avec de bons résultats depuis le début de la Leaders Cup et l’entrée dans votre nouvelle salle qui approche. Une montée, comme celle de Boulogne, est-elle envisageable et… envisagée ?

Envisageable, je ne sais pas encore. C’est difficile à dire aussi tôt dans la saison même si les résultats, jusqu’ici, plaident en notre faveur. Après, on ne va pas se cacher : en Leaders Cup, on termine premier de notre poule, comme l’an dernier, ce qui nous donne l’avantage du terrain. Mais l’an passé, malgré l’avantage de recevoir au retour, on a perdu en quart de finale face à Denain. Là, on va prendre les choses étape par étape et commencer par essayer de sortir Évreux en quart de finale. Pour le reste de la saison, on verra ça au fur et à mesure. On va avoir une nouvelle salle, c’est vrai. Un bel outil qui pourrait nous donner l’ambition de jouer en Pro A à terme. Elle va nous apporter beaucoup… À vrai dire, cela fait quatre saisons que je joue ici, au Portel, et je n’ai même jamais eu ne serait-ce qu’un vestiaire où laisser la moindre affaire d’un jour sur l’autre…

 

Vous êtes les nomades de la Pro B…

(Il rit) Oui, c’est rigolo, mais ça devient lassant à la longue et on a hâte d’entrer dans cette nouvelle structure et qu’elle devienne enfin notre propre terrain de jeu à l’avenir.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous fixer au Portel ?

Franchement, c’est le cœur qui a parlé d’abord. Je suis arrivé ici sur la pointe des pieds puis, au fur et à mesure, je crois que j’ai su évoluer dans mon jeu, m’imposer. Alors, arrivé en fin de contrat en juin dernier, je me suis dis : pourquoi ne pas continuer l’aventure avec Le Portel, avec cette nouvelle saison où tout allait être mis en œuvre pour que le club grandisse et que je dispose aussi d’un cadre top pour pouvoir poursuivre ma progression. Moi, je ne suis pas un showman, j’aime faire briller mes coéquipiers. Après, au fil du temps, on m’a aussi confié plus de responsabilités en attaque. Et j’ai su les prendre, aussi. Prendre un peu plus de tirs, le match en main, etc. Maintenant, c’est vrai que je ne me prends plus la tête si je rate deux ou trois tirs et j’essaie de compenser par d’autres aspects de mon jeu. J’ai même progressé au rebond, ce qui était un point faible pour moi jusque-là.

 

 

En jeune, vous avez fait partie de la Génération Dorée des 88-89, et remporté une médaille d’Or à l’Euro U18 en 2006, puis le Bronze au Mondial U19 en 2007. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Que des bons ! Franchement, c’est déjà vers nos 17 ou 18 ans qu’on vit nos plus belles années, mais là, pour moi, entre cadet et espoir, j’ai vraiment connu une période privilégiée. Je n’en garde que de bons souvenirs sur lesquels j’échange encore souvent avec Jesse Begarin, qui joue avec moi au Portel et était de l’aventure lors de ces deux médailles. Cela restera gravé dans ma tête pour toujours.

 

Et dire que Rodrigue Beaubois ou Thomas Heurtel, ou encore Carl Ona Embo, n’avaient pas fait partie de la sélection finale…

Oui, je me souviens très bien d’eux lors des stages. Ils avaient déjà du talent, mais ils ne rentraient pas forcément dans un profil complémentaire de celui d’Antoine Diot, qui était le leader de cette génération. Dans une équipe, il ne faut pas que des stars, mais de la complémentarité. Moi, je n’étais sans doute pas meilleur que ces joueurs-là, mais à un moment donné, il n’y a qu’un seul ballon. Et je pense que les coaches m’avaient pris en considérant que j’étais plus complémentaire avec les Nico (Batum), Diot, etc.

 

Conservez-vous des contacts avec les Batum, Ajinça, Diot ou Jackson, les leaders de cette génération dorée ?

Non, pas vraiment. Ou pas souvent. J’ai discuté l’an passé avec Antoine, quand Le Portel a joué en finale de Coupe contre Strasbourg. Ou alors avec Alexis, quand on était allé jouer à Souffelweyersheim et qu’il était à Strasbourg. Tout se passe bien à chaque fois, mais c’est vrai que je les ai un peu perdus de vue. En Pro B, il y a aussi Olivier Romain, qui est à Saint-Quentin, que je vois tous les ans.

 

Quels seront les clubs les plus dangereux, cette saison, en Pro B ?

Il y a Bourg, bien sûr, dont le recrutement est impressionnant. Boulazac aussi, qui dispose d’un gros budget et paraît très fort cette saison. Hyères-Toulon est à suivre, après leur super saison dernière. Après, il y a pas mal d’outsiders, qui sont les équipes qui terminent souvent en haut de tableau depuis plusieurs années, comme nous, Évreux, etc.

 

Et voilà Boulogne de retour dans la même division que vous. La rivalité est déjà relancée ?

Franchement, je ne l’ai pas encore sentie, même si on les a joués et battus deux fois en Leaders Cup cette saison. Mais il n’y a pas eu cette ferveur qui était présente ces trois ou quatre dernières saisons. Je pense que la pression va vite remonter quand on les jouera en championnat.