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Antoine Eito (Le Mans) : « On va être imprévisibles jusqu’au bout »

Champion de France en titre, le MSB monte en puissance au meilleur moment de la saison. Au point de bousculer l’ordre établi comme l’an passé ?

S’il n’est pas officiellement qualifié, le champion de France a fait un grand pas vers les Playoffs après sa série de cinq victoires. Sa saison n’a pas été un long fleuve tranquille, comme la plupart des champions de France ces dernières années, mais l’équipe mancelle a fini par trouver un bon équilibre ces dernières semaines. Si elle l’emporte à Dijon ce week-end, puis à Chalon lors de la dernière journée, elle finira avec le même bilan que la saison dernière. Un paradoxe que souligne son capitaine, Antoine Eito. Mais avant d’aller valider sa qualification pour la « post-season », le MSB a une finale de Coupe de France à disputer, ce samedi face à l’ASVEL. Et un nouveau trophée à aller chercher. Le sixième depuis 10 ans… 


 
Antoine, tu connais l’expression de Rudy Tomjanovich, l’ancien coach des Houston Rockets, « ne sous-estimez pas le cœur d’un champion ». Est-ce que cette phrase vaut pour le MSB ? 

Bien sûr, elle vaut pour nous. On est sur une bonne dynamique. L’état d’esprit aura mis du temps à prendre mais notre série de victoires sur la fin montre qu’il y a une équipe de caractère. Cela a pris, mais on n’est jamais à l’abri d’une rechute. Chaque équipe a son lot de hauts et de bas. On a réussi à élever notre dureté défensive et à montrer un état d’esprit. C’est intéressant.


L’équipe de l’an passé avait beaucoup de joueurs de caractères, de gros compétiteurs. Comment définirais-tu l’équipe de cette année ? 

Elle est imprévisible. Autant au niveau des résultats qu’en terme de caractère. C’est pour cela qu’on va être imprévisibles jusqu’au bout, et surtout en playoffs. On ne sera pas forcément faciles à manœuvrer.


Au début de l’année, Christophe Le Bouille a parlé d’un petit supplément d’âme qui manquait à l’équipe. Vous avez fini par le trouver ce supplément d’âme ? 

Oui, on a surtout trouvé un équilibre à dix, même si Kendrick Ray n’a pas joué le dernier match. Notre coach a réussi à s’adapter à un coaching à 10. Avec les victoires, on peut dire que c’est positif. On amène un peu plus d’intensité. Même si les matches ne sont jamais linéaires, on arrive à faire ce qu’il faut. On est allé gagner chez deux équipes qui jouaient leur peau pour rester en Jeep® ÉLITE. On a réussi à gagner chez nous contre Pau et Bourg-en-Bresse qui eux aussi jouent des choses, donc c’est intéressant.


On a observé un changement tactique intéressant depuis quelques matches. Will Yeguete a basculé au poste 4 dans le cinq de départ, aux côtés de Richard Hendrix… 

(Il coupe) Oui, pour commencer les matches, mais après il ne joue pas tout le match en 4. Il faut que les gens arrivent à comprendre que Wilfried Yeguete peut jouer sur les deux postes. OK, il ne shoote pas à trois-points mais il met énormément d’intensité. En taille, il est entre les deux postes. Et il a une vision de jeu assez intéressante pour pouvoir jouer au poste 4. Il comprend les choses et il peut défendre sur tout le monde. 



Will Yeguete, l'un des hommes en forme du MSB (Photo : MSB)

 
Cela permet de garder Cam Clark en joker sur le banc… 

C’est propre au coach. Quelque part, on s’en fout que Cam commence, que Petr, Richard ou Will commencent. Aujourd’hui, on a dix joueurs qui sont capables d’être très bons en Jeep® ÉLITE. On a deux cinq majeurs. Après, quand le coach voit que quelque chose marche, il le laisse. Il a vécu que Richard et Will, cela fonctionnait alors il continue, tout simplement.


Kendrick Ray vous a rejoint fin février. Il s’est mis en évidence sur ses deux premiers matches (19 points à Strasbourg, 18 points contre l’ASVEL). Et depuis, il est moins performant, assez irrégulier. Comment l’expliques-tu ? 

Oui, il a apporté beaucoup à son arrivée mais après il a fallu rééquilibrer les choses. Parce qu’avant qu’il arrive, on gagnait les matches. On voulait se servir de Kendrick comme un atout supplémentaire. Après, les défenses se sont adaptées aussi, parce qu’on a un championnat plus athlétique que ceux dans lesquels il a joué, en République tchèque (Nymburk) et en Israël (Maccabi Tel-Aviv). Cela reste un mec très, très talentueux qui peut t’en mettre 30 dans un grand soir - ce sera peut-être le cas en Coupe de France ce week-end. Il est très rapide, très athlétique, il peut shooter, c’est un pétard ambulant. Et il est jeune, donc cela explique son irrégularité. Avec l’expérience, tu apprends à faire autre chose sur le terrain quand tu n’es pas adroit. Il peut progresser là-dessus mais je ne suis pas inquiet. L’équipe a digéré son arrivée et on avance.



Y a-t-il eu une remise en question collective après votre élimination en BCL ? On se souvient que vous étiez passé à côté de votre 1/8e de finale retour à Bologne… 

Non, je pense qu’elle l’a été après le match de Limoges (25e journée). Après Bologne, on était tous frustrés parce qu’on avait loupé le match qu’il ne fallait pas. Derrière, on a fait deux bons matches de Coupe de France (victoires contre Dijon puis Levallois à Trélazé). Après Limoges, on s’est tous remis en question, pas seulement les joueurs. Cela a été le staff technique, le coach, les joueurs. 



Au final, vous avez encore la possibilité d'égaler votre bilan de la saison dernière (21-13) si vous gagner vos deux derniers matches, à Dijon puis à Antarès contre Chalon… 

C’est ça. C’est assez paradoxal. Mais cela ne veut rien dire pour la suite, parce que l’année dernière on a fini sur une série de défaites. Il va falloir aller gagner à Dijon, qui est très costaud à la maison, et on recevra Chalon-sur-Saône qui n’aura rien à perdre. Dans la logique des choses, si on prend l’un des deux, on finirait à 20-14, ce qui ne serait qu’à un match de l’année dernière. Et si tu arrives à choper la Coupe de France samedi, ta saison est réussie. 


Antoine Eito, mardi, lors de la victoire mancelle face à Pau (Photo : MSB)  


S'il se qualifie, est-ce que le MSB va aborder ces Playoffs de la même façon que la saison dernière ? 

On ne peut pas comparer, parce qu’on n’a pas les mêmes joueurs. Déjà, il y a encore une infime chance qu’on ne fasse pas les Playoffs. Depuis la fin du match hier soir (mardi soir), on ne pense qu’à une chose, c’est la finale de la Coupe de France, rien d’autre. Donc je suis incapable de te dire, tout de suite, dans quel état d’esprit on sera. Mais quand tu es dans les huit derniers, tu dois être conquérant. Surtout avec ce championnat qui est vachement homogène.


Vous allez affronter l'ASVEL en finale de Coupe de France, une équipe que vous avez battue à Antarès il n’y a pas si longtemps (89-83, 22e journée). Comment vois-tu cette finale ? 

Je le vois avec une équipe de l’ASVEL en pleine forme contrairement à la période où on l’a joué la dernière fois. C’est une finale, cela ne se joue pas, ça se gagne. Il faudra être prêt mentalement. Cela va être un vrai combat. Les 20 joueurs auront faim. Cela promet. Tu joues devant 15 000 personnes. Et puis c’est un titre. 

  


Un trophée que tu as gagné déjà une fois, c’était en 2008 avec l’ASVEL…

Oui, et dans la foulée on a gagné le titre en 2009. J’aimerais bien la gagner, parce que cela serait un cinquième titre, après une Coupe de France, deux titres de champion et une Leaders Cup. Pour moi qui suis lié au Mans – je viens de prolonger de 3 ans -, mes stats personnelles importent peu. Je veux gagner le plus de match possible, gagner des titres, briller à travers le club et laisser une empreinte.