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Actualité

Stephen Brun : « Je n’ai aucun regret »

L’intérieur de Cholet aux 17 saisons professionnelles revient sur sa décision de mettre un terme à sa carrière.

Tu as décidé d’annoncer ta fin de carrière à l’issue de l’actuelle saison, via les réseaux sociaux. Peux-tu expliquer ce choix ?

L’année dernière à Boulogne-sur-Mer, j’avais déjà dit plus ou moins que je comptais arrêter mais les choses ne s’étant pas bien terminées, je n’avais pas envie de finir sur une descente en Pro B. Mais cette saison avec Cholet m’a conforté qu’il était temps pour moi d’arrêter. Ce n’est pas vraiment une sensation d’usure physique parce que je me sens bien, je n’ai jamais été longtemps blessé mais voilà, j’avais dans un coin de ma tête une petite idée sur ce que je voulais faire après et on sait que c’est toujours compliqué d’arrêter sans savoir ce qu’il va se passer après. Là je ne pars pas dans l’inconnu. Et à côté de ça, j’ai de plus en plus de mal avec le basket professionnel. Moi quand j’étais jeune, j’avais beaucoup d’affinités avec les joueurs plus âgés, je buvais leurs paroles, leurs souvenirs de victoires, leurs anecdotes… Or là je me retrouve à être le plus vieux de l’équipe et je n’ai pas cette fibre de transmettre aux plus jeunes, je n’ai pas ça en moi. Et puis j’ai du mal avec le manque d’envie de certains coéquipiers que j’ai pu avoir. Quand dans le vestiaire, trois minutes après une défaite, ça rigole et ça met de la musique… Moi quand je perds, je fais la gueule, ça me touche, il me faut 24 heures pour digérer. Aujourd’hui les jeunes pensent surtout à l’argent qu’ils peuvent gagner, quel que soit le pays, moi quand j’avais 20 ans, je voulais jouer dans le meilleur championnat possible. C’est un choix que je respecte, ce n’est pas une critique mais moi j’ai du mal là-dedans, comme les mecs qui arrivent deux minutes avant l’entraînement tout au long de l’année. Ca me conforte dans le but de passer à autre chose.

Ce sentiment de ne plus être en phase avec la jeune génération de basketteurs, est-ce depuis cette année que tu le ressens ou bien est-ce plus vieux que cela ?

Déjà l’année dernière c’était un petit peu ça mais cette année, tout ce que je viens de décrire s’est passé cette saison. Mais encore une fois, ce n’est pas une critique, chacun a sa manière d’aborder les choses. Pour certains le basket est juste un métier, pour moi c’est plus que ça, c’est une passion.

L’année dernière, tu as choisi de rempiler en raison de la descente de Boulogne, et ta volonté de ne pas partir sur une relégation. Cette saison, Cholet semble assuré de son maintien. La mission est donc remplie ? Tu peux partir avec le sentiment du devoir accompli ?

La mission a changé au mois de décembre parce qu’à la base, on voulait absolument faire les playoffs. Mais au fur et à mesure qu’avançait la saison, on s’est rendu compte qu’il fallait surtout viser le maintien. Moi je n’ai jamais vraiment été inquiet, peut-être quand on a eu cette série de dix défaites de suite mais on a rapidement relevé la tête. Et puis heureusement pour nous, il y avait deux équipes en difficulté dans ce championnat. Donc le boulot est fait, oui, parce que le club est maintenu. Mais au mois d’août, les objectifs étaient totalement différents. Après, si Cholet était descendu, je serais parti quand même ! Mais ça m’aurait vraiment embêté de finir sur cette image de loser.

Terminer ta carrière à Cholet, le club où tu l’as commencée, est-ce une belle histoire finalement ?

Cholet, c’est quand même là que j’ai tout appris avec Jean-François Martin qui est encore directeur du centre de formation et que je croise tous les jours. J’étais très content de revenir à Cholet l’été dernier et je suis très content de finir ici, où j’ai grandi en tant qu’homme et en tant que basketteur. J’ai beaucoup de plaisir à revenir à la Meilleraie, chaque jour je revois des anciens collègues de la maison, je vois les bannières au plafond… C’est une belle histoire.

« Je suis très fier de ce que j’ai pu faire avec mes qualités parce qu’à la base je n’avais pas grand-chose »

 

En 2011 avec Nancy, premier titre de champion de France aux côtés de Kenny Grant

 

Tu as choisi d’annoncer ta retraite en publiant un petit texte sur les réseaux sociaux, un peu comme Kobe Bryant plus tôt dans la saison. T’es-tu inspiré de son exemple ?

Je ne voulais pas que les gens se disent : il se prend pour Kobe ! Je n’ai rien à voir avec lui, Kobe, c’est un joueur exceptionnel, un immense champion et je n’arrive même pas à sa cheville. Mais je me suis dit que je n’allais pas non plus faire une conférence de presse, comme la star que je ne suis pas pour annoncer ça. Donc j’ai eu l’idée de ce petit texte, sans prétention. Et puis avec les réseaux sociaux aujourd’hui, c’est un bon moyen d’informer les gens qui doivent l’être.

Tu as une carrière assez longue derrière toi, marquée par des échecs comme l’an dernier mais aussi des vraies réussites, comme ce passage en Bleu, ces deux titres de champion de France décrochés avec Nancy et Nanterre. Quel bilan dresses-tu de ta carrière ?

Je suis très fier de ce que j’ai pu faire avec mes qualités parce qu’à la base je n’avais pas grand-chose. J’étais grand, un peu adroit mais je n’avais aucune qualité athlétique et je n’étais pas un grand défenseur. Donc je suis fier de ce que j’ai pu accomplir, le basket m’a permis de vivre des moments incroyables, des émotions que seul le sport peut offrir : être champion de France, porter le maillot de l’équipe de France, c’était des moments incroyables ! Quand j’étais jeune ici en formation, jamais je n’aurais imaginé représenter un jour mon pays. Je remercie le basket pour toutes ces émotions, même les moments de tristesse car ça fait partie d’un tout. Il y a des joueurs qui ont gagné beaucoup plus que moi mais avoir gagné des trophées et les partager avec une équipe, ses coéquipiers, ce sont des moments incroyables.

Et as-tu des regrets ?

Il ne faut jamais avoir des regrets. J’ai fait des choix de carrière, des choix de clubs que j’estimais être les bons sur le moment et qui se sont avérés être des mauvais choix mais je n’ai aucun regret. Dans tous les clubs où j’ai été, j’ai tiré le maximum. Peut-être que je peux regretter certains comportements que j’ai eu sur le terrain mais ça fait partie de moi, je suis quelqu’un d’entier et je n’ai jamais changé. Je n’ai pas voulu donner une fausse image de moi, même si ça m’a parfois permis de connaître les bureaux de la LNB lors des commissions de discipline… Mais je ne regrette pas, ça fait partie de mon parcours.

Malgré tout, deux fois de suite quand tu es champion avec Nancy en 2011, puis Nanterre en 2013, tu n’as pas pu continuer avec ces équipes, et disputer l’Euroleague. N’est-ce pas là quelque chose qui ressemble à des occasions manquées ?

Quand tu es sportif de haut niveau, tu aspires toujours à jouer les meilleures compétitions et l’Euroleague est la plus belle des compétitions de clubs, hors NBA. Alors oui, je sais bien que je n’aurais pas eu le niveau mais simplement écouter l’hymne, regarder ça depuis le banc quitte à rentrer quelques minutes sur le terrain, voir tous ces grands joueurs sur le terrain… Ca m’a fait de la peine de ne pas avoir pu connaître ça avec Nancy et Nanterre mais les clubs font des choix pour leur bien, et c’est comme ça. Mais c’est sûr que c’est dur d’être champion et de ne pas pouvoir jouer l’Euroleague ensuite.

Tu passes pour un grand connaisseur du basket, français et européen. Tu as d’ailleurs connu deux expériences européennes, en Suisse en 2008 mais surtout à Split en Croatie en 2008, juste après Gravelines. Que retiens-tu de cette expérience ?

Pour moi, c’est une de mes meilleures expériences, tant au niveau basket que culturel. Après Gravelines, j’avais dit à mon agent que j’aimerais bien partir à l’étranger, découvrir une autre culture, mais je savais bien que je n’avais pas le niveau pour rejoindre un grand club espagnol, ou une grande équipe d’un grand championnat. Mais Split, ça me parlait parce que ça parle aux connaisseurs : un club qui a été plusieurs fois champion d’Europe, avec des grands joueurs et un président qui était Dino Radja quand j’y étais. J’avais envie d’aller là-bas, de découvrir cette culture basket des pays de l’Est, avec un coach très dur… J’ai adoré, vraiment. C’était une expérience très dure mais aussi très enrichissante. Tu es seul dans un pays que tu ne maîtrises pas, tu apprends beaucoup de choses sur toi-même.

« J’aurais bien aimé mettre un tir au buzzer pour la gagne »

 

Avec Nanterre lors du titre de 2013

 

Tu as déjà connu plusieurs expériences en tant que consultant télé, est-ce dans ce domaine que tu souhaites poursuivre après ta carrière ?

En partie, oui, j’aimerais bien être consultant pour des chaînes qui diffusent du basket parce que c’est quelque chose que j’apprécie. Mais je n’ai pas que ça en tête pour l’après basket, j’ai aussi quelques projets qui concernent toujours le basket, surtout outre-Atlantique, et j’ai des idées en tête qu’on va essayer de mettre en place  la rentrée prochaine avec quelques collègues. C’est d’ailleurs pour ça que je vais venir sur Paris à la rentrée.

Des projets outre-Atlantique ? C’est-à-dire ? Coacher en high school ? Devenir agent ?

Agent c’est pas possible, pour être agent il faut mentir et je ne sais pas mentir. Non, ce sont surtout des trucs dans l’audiovisuel, dans les médias... Mais on en parlera plus tard quand ce sera concret, même si ça prend plutôt une bonne tournure.

Sur l’ensemble de ta carrière, si tu devais ne retenir qu’un coach, lequel choisirais-tu ?

J’ai tiré du positif de tous mes coaches donc si je n’en cite qu’un, tous les autres vont mal le prendre, c’est dur ! Du coup je vais dire mon coach à Split en Croatie, comme ça il n’y aura pas de jaloux. C’était Slobodan Subotic, qui a aussi coaché Stéphane Risacher à l’Olympiakos, un homme aussi dur sur le terrain qu’humain en dehors, et surtout quelqu’un de très fort techniquement en termes de basket. Il m’a fait beaucoup souffrir durant les quelques mois qu’on a partagés ensemble mais c’était vraiment le top en matière de coaching et d’entraînement.

Un coéquipier ?

J’ai peu d’amis dans le basket mais j’en ai quelques-uns. Donc je ne peux pas en citer qu’un sinon les autres le prendraient mal. Je vais donc dire Xavier Corosine, Thomas Dubiez, Kenny Grant, Jeff Greer et Loïc Akono.

Et en termes de talent, qui a été le plus fort coéquipier ?

Il n’y en a qu’un, c’est forcément Tony Parker avec l’équipe de France, le plus grand basketteur français de tous les temps. Après en club, je vais dire Tremmell Darden avec Nancy, qui était incroyable, quelqu’un d’exceptionnel. Il jouait 40 minutes par match, avec une éthique de travail incroyable, et après il a fait une belle carrière en partant au Real Madrid.

Le pire adversaire ?

Quand j’étais à Gravelines, je me souviens d’un match contre Marc Salyers qui était à Roanne à l’époque. J’avais vraiment souffert, un cauchemar. En une mi-temps, il avait dû me mettre 18 points sur la tête. Déjà que je ne suis pas un grand défenseur… Il était innarrêtable à cette époque-là. Je me souviens que j’étais peiné à la mi-temps dans le vestiaire.

Un match en particulier qui te restera en mémoire ?

Le match 4 de la finale de Pro A avec Nanterre contre Strasbourg, en 2013. Je n’avais jamais vu Coubertin dans une ambiance pareille, ça résonnait de partout, la salle était toute en vert, aux couleurs de Nanterre et puis il y avait mon père, ma mère, mes frères, mon fils… Ce match a permis de rassembler toute ma famille et le dénouement était merveilleux.

Le pire moment ?

(Hésite longuement). C’est peut-être en ce moment, avec ma suspension.

Pour finir, qu’aurais-tu aimé faire sur un terrain sans jamais l’avoir fait ?

Arbitrer ? Non, je plaisante ! Contrairement à ce qu’on veut bien croire, j’ai déjà dunké (rires). Peut-être pouvoir shooter 30 fois dans un match comme Stephen Curry… Non en fait, j’aurais bien aimé mettre un tir au buzzer pour la gagne. J’ai déjà marqué des lancers francs pour gagner mais ce n’était pas au buzzer, il restait toujours quelques secondes. Mais le ballon que tu lâches, ça sonne, ça rentre et fait gagner le match, ça je n’ai jamais fait.