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Pro B, 32e journée : présentation –

Alain Thinet (Saint-Chamond) : «Je rêve de derbies contre la Chorale et l’ASVEL»

Alors que se déroule ce soir la 2e partie de la 32e journée, parole est donné à Alain Thinet, coach de la surprenante équipe de Saint-Chamond.

Meneur de poche de la JA Vichy à cheval sur les années 70 et 80, Alain Thinet, né à Montbrison, autre bastion basket du Sud-Loire situé à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Chamond, le 15 novembre 1953, a effectué l’essentiel de sa carrière de joueur et coach dans la région. Il s’est notamment battu pendant des années pour qu’un club d’élite pérenne existe à Saint-Etienne. Aujourd’hui presque à l’âge de la retraite, le coach de l’équipe surprise de la saison (5e de Pro B après 31 journées), goûte avec délice une superbe saison et la perspective de voir se construire enfin un grand club de la métropole stéphanoise…

Pour commencer, Alain, quelle est la principale différence entre le groupe qui, l’an dernier à pareille époque, se retrouvait en N1, mené de 21 points à 9’30 de la fin de votre dernier match à Roanne, et celui qui joue pour une place dans le Top 4 cette saison ?

C’est la complémentarité d’un groupe. Un état d’esprit aussi. L’été dernier, on a aussi récupéré Grismay Paumier, qui avait été l’une des pierres angulaires de l’équipe pendant plusieurs saisons et nous avait vraiment manqué l’an passé. Son retour a permis de stabiliser la peinture. Et puis, les anciens ont retrouvé des couleurs. Par anciens, j’entends Jonathan Hoyaux, Mathieu Guichard et Jean-Stéphane Rinna, qui sont tous les trois parmi les 12 meilleurs JFL de la Pro B. Et puis les recrues ont toutes apporté leur écot. Si on prend Milutinovic par exemple, il était en dedans quand il est arrivé, mais on lui a laissé le temps et il apporte énormément sur la fin de saison. Mes deux Ricains, Juwan Staten et Tanner McGrew, sont des jeunes joueurs qui ont su parfaitement accepter leur rôle, ce qui n’est pas toujours le cas. Et même nos moins de 23 ans, Lucas Hergott et Matteo Legat ont amené beaucoup à l’équipe, surtout quand on a eu des blessés. Après, tout va très vite. La confiance est là, tu te mets à enchaîner les victoires, même ceux que, normalement, tu ne devrais pas gagner mais qui se mettent à basculer pour toi… Mais notre bonne spirale, elle commence quand on passe ces 28 points en 9’30 à Roanne pour nous sauver l’an dernier. Voilà, c’est tout ça qui fait que tu passes d’une saison à 14 victoires à une autre où tu es au-dessus des 20. Parce que l’an dernier, le championnat était hyper serré, on n’était pas à 5-6 victoires non plus, on en avait remporté 14. Au final, cela tient à peu de choses, il n’y a pas une si grande différence, mais il y a des petits riens qui changent tout.

L’ancrage de votre recrutement, l’été dernier, aura-t-il été de faire revenir Grismay Paumier ?

En Pro B, dans la raquette, il n’y en à pas beaucoup des comme lui. Et puis, il connaissait la maison, il avait passé 3 ans ici et avait très envie de revenir. Autant quand il est arrivé en 2013, il était plutôt introverti. Autant là, c’est devenu le premier à booster tout le monde sur le terrain comme dans les vestiaires. Et ce sont des choses qui ne se quantifient pas mais qui sont importantes. Mais Grismay est loin d’être la seule cause de notre belle saison. Lui a apporté une assise, mais je souhaite vraiment insister sur ma triplette de JFL…

Grismay Paumier, clé de voute de la raquette de Saint-Chamond

Effectivement, l’impression, de l’extérieur, c’est aussi que votre montée en puissance correspond à celle de Mathieu Guichard et Jonathan Hoyaux, qui ont pratiquement doublé leur apport statistique…

Tout à fait. Et même, l’an passé, quand on était à la ramasse en décembre, mes dirigeants souhaitaient tout changer au niveau des étrangers. Mais je savais que ça venait du fait que mes JFL n’étaient pas à leur vrai niveau. Ils ne trouvaient pas leur place, J-S Rinna était aussi en dedans… Cette saison, le changement est énorme. Jonathan (Hoyaux, qui vient de re-signer 3 ans, ndlr), c’est devenu un vrai leader, il donne confiance à tout le monde et fait preuve d’un calme et d’une sérénité incroyable, même dans les moments chauds. Et tout le monde suit ! Ce trio, il fait une saison remarquable.

Votre « monument » local, l’intérieur, Jean-Stéphane Rinna (2,05 m, 34 ans), est aussi toujours là, avec des stats en progrès lui aussi par rapport à l’an passé…

C’est sa 3e saison en Pro B et c’est de loin sa meilleure année. Il a retrouvé de la sérénité et surtout il fait parfaitement ce qu’il sait faire de mieux. C’est le meilleur contreur de la division, mais au-delà de ses contres, il remplit bien les espaces et est hyper précieux en défense. Et en attaque, il a retrouvé de l’adresse à trois points, même s’il lui arrive de dévisser parfois. Et avec Paumier, il a retrouvé ses automatismes et forme une paire très rentable. Alors, oui, notre monument, il tient bien encore. Solide sur son socle et imperméable aux attaques des pigeons. Il fait le sale boulot aussi et ça donne de la confiance à tout le groupe. Dessous, on a Paumier pour fixer en attaque et J-S en défense pour combler tous les trous. Pour une équipe, c’est déjà une base intéressante pour construire.

Dans une Pro B où les budgets sont assez équivalents, donc les renforts US finalement assez proches, un socle JFL performant, est-ce la clé ?

Pour nous ça a été essentiel en tous cas. Et je vais inclure Paumier dans mes JFL, parce qu’il est là depuis tellement de temps, parle français, vient de prolonger deux ans. Dans un groupe, il fait donc partie des éléments de stabilité comme les JFL. Et le fait d’avoir une base importante de joueurs qui connaissent bien la maison, sont contents d’être ensemble, cela rend le groupe beaucoup plus facile à coacher. Là, pour la saison prochaine par exemple, on est déjà hyper rassuré parce qu’on sait qu’on aura au moins 6 joueurs qui prolongent et seront avec nous.

Saint-Chamond tourne avec 8 joueurs tous entre 7,5 et 15 points de moyenne (idem à l’évaluation). La grande force de ce groupe est-ce… le groupe, justement ?

Oui, exactement. Même si Jo (Hoyaux), est notre pistolero en chef, je crois que derrière, on a une qualité de partage du ballon indéniable. Nous sommes, je crois, n°2 aux passes décisives et dans le haut du tableau à l’évaluation. Cela démontre qu’il y a une vraie envie de travailler et gagner ensemble. On manque un peu de qualités physiques, mais on compense par un très bon Q.I. basket, des joueurs à l’écoute. On a un staff… (il marque une pause) Oui, on a un staff, comme veut absolument me le faire dire Matthias (Manca, l’assistant-coach, que l’on entend exploser de rire dans le bureau et hurler : « Oh non arrête ! »). C’est vraiment lui qui a tout révolutionné ! Non, sérieusement, nous nous sommes, c’est vrai, mieux staffé. Romain Paour est passé préparateur physique, Matthias Manca est arrivé en plus. On a un trio, là-aussi, qui fonctionne bien.

Vous étiez partis doucement (3V-3D mi-novembre), avant d’aligner sept succès consécutifs. Avez-vous senti très vite que ce groupe ne vous donnerait pas les mêmes frayeurs que celui de l’an passé ?

Oui et non. Sincèrement, les matches amicaux et la Leaders Cup ne m’avaient pas particulièrement rassuré. Nous étions mieux qu’un an avant, mais pas transcendants non plus. En décembre, Tanner McGrew se blesse. Et on a la chance de tomber sur Ron Anderson Jr, qui nous fait une pige de toute beauté. Derrière, Juwan Staten se blesse et manque 5 matches. Et pourtant, c’est bien cette série de 7 victoires en étant diminués qui nous lance sur une saison magnifique. C’est là que j’ai senti que ce groupe avait quelque chose de spécial. Mais au départ, non, nous ne montrions pas qu’on allait tout révolutionner. Il a fallu qu’on prenne le temps, que chacun trouve sa place et qu’on intègre bien tout le monde. Mais sur cette série, je veux aussi souligner l’apport de nos deux jeunes, Lucas (Hergott) et Matteo (Legat), parce que nous ne savions pas s’ils passeraient le cap et pourraient vraiment avoir déjà un rôle à ce niveau.

Lucas, c’est bien le fils de Bertrand Hergott, l’ancien joueur de Nancy ?

Oui, à Vichy aussi, j’avais joué avec lui. C’est marrant d’ailleurs d’avoir joué avec le père et de coacher le fils… Mais Lucas a aussi été très bien formé à l’ASVEL et qui dispose d’un Q.I. basket et d’une éthique de travail très au-dessus de la moyenne. Et il a entraîné dans son sillage Matteo qui, lui, est vraiment un pur produit du club. Un Couramiaud pur et dur !

Quels sont vos objectifs pour cette fin de saison et les playoffs ?

D’abord, il nous faut jouer à fond notre rôle d’arbitre jusqu’au playoffs. Demain on va à Fos (cet entretien a eu lieu le 3 mai), on ira à Blois et on joue Le Havre. Pour ces deux derniers clubs, qui jouent la montée pour l’un et le maintien pour l’autre, nous n’avons pas le droit de lâcher et ainsi de fausser la fin de championnat. Après, en playoffs, on a gagné le droit de les disputer et on fera tout pour aller le plus loin possible. L’avantage, c’est qu’on n’a pas une pression négative sur les épaules. On n’a aucune obligation de monter de suite, etc. On prend ça comme du bonus ce qui ne nous empêchera pas de tout donner pour montrer qu’on mérite ces playoffs. Pour les joueurs, les dirigeants et surtout les fans, c’est important que tout ça soit aussi une belle fête.

En cas  d’épopée vous menant jusqu’en Jeep® ÉLITE, est-ce que le club est prêt ?

Dès cette saison je ne sais pas, mais la Jeep® ÉLITE se doit d’être un objectif à moyen terme. Nous avons une salle dont on va poser la première pierre d’ici un an. On aura donc un Palais des sports de 3.500 / 4.000 places situé entre Saint-Chamond et Saint-Etienne. On va devenir – et on est déjà un peu – le club de la métropole stéphanoise. Et la métropole, ce sont 400.000 habitants, donc un bassin suffisant pour exister dans l’élite. On a donc une ambition mesurée, mais un vrai projet de grandir encore. Pour moi, l’avenir de Saint-Chamond, avec la Vallée du Gier et Saint-Etienne, c’est d’être en Jeep® ÉLITE dans les années à venir. Le budget peut et doit grossir, il y a un engouement derrière nous, et on va bientôt avoir un outil de travail digne de ce nom. Il n’y a donc aucune raison qu’on ne fasse pas aussi bien que d’autres… Le club est bien géré, mais il faut qu’on construise sur ces bases qui sont très saines. La Loire est un département basket. On a Roanne au Nord, mais au Sud, via Saint-Etienne Métropole, on a tout pour réussir. Moi, j’imagine bien de sacrés derbies avec la Chorale et l’ASVEL en Jeep® ÉLITE.

C’est quoi d’ailleurs cette sale habitude de torturer son voisin roannais (6 victoires et 0 défaites en Championnat sur les 3 dernières saisons) et peut-être de les priver ainsi d’une accession à la Jeep® ÉLITE ?

(Il rit) C’est vrai que ça fait trois ans qu’on fout un peu la merde chez eux, entre guillemets, parce qu’ils ressortent de ces rencontres pas bien contents… J’espère donc qu’ils ne vont pas monter. Ou plutôt non, qu’ils vont monter et qu’on montera avec eux. Parce que hein, commencer la saison avec deux victoires programmées, ce n’est quand même pas mal ! Non, plus sérieusement, on a aussi eu beaucoup de réussite. Mais surtout, et c’est ça qui est important, en trois saisons, on a connu déjà pas mal de matches épiques. La folle remontada du dernier match de l’an passé, mais il y a deux ans, on gagne aussi à Vacheresse sur un dernier tir au buzzer… C’est déjà devenu un vrai derby et c’est vraiment marrant et passionnant de jouer contre eux. A l’aller, on a fait 5.200 personnes à Vacheresse, avec les guichets fermés la veille du match. Même en Euroleague, ils n’avaient pas fait ça.

Et quid de l’avenir d’Alain Thinet, doyen des coaches LNB à 64 ans ?

Et bah… déjà, j’ai été prolongé pour un an. Enfin les dirigeants m’ont demandé assez vite de confirmer la 2e année de mon contrat 1+1. Je serai donc là l’année prochaine. Après, ce sera peut-être la retraite, on verra bien. Mais c’est vrai que c’est déjà une belle satisfaction d’être le doyen, comme je le suis depuis deux ou trois ans. La carrière a été bien remplie, et ça m’a permis de croiser plein de générations, d’avoir plein de beaux souvenirs aussi. Et puis, cette année, avec moins de stress, moins de pression, et ça permet d’en profiter pleinement. Mais oui, ma carrière est quand même plus derrière moi que devant…

Ils étaient sympa Lucienne Velu et Etienne (dit) Roland (deux stars du basket des années 1920 et 30) ?

Oui, c’est un peu ça… Parmi les coaches, il y a quand même aussi Greg (Beugnot, 60 ans) qui a un passé énorme. Mais il est beaucoup plus jeune, c’est encore un gamin pour moi ! Comme Savo (Vucevic), qui a je crois le même âge. C’est vrai que les grands dinosaures ont arrêté il y a deux ou trois ans, comme Alain (Weisz), Jean-Luc (Monschau), etc. J’avoue que c’était un peu un souhait de devenir le doyen de la LNB. Voilà, c’est fait ! (éclat de rire) Non, mais sérieusement, c’est une fierté d’avoir tenu aussi longtemps. Je ne pensais pas que ma carrière serait aussi longue. Ca a représenté beaucoup de plaisir…

par LNB
Source: Saint-Chamond

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Calendrier Pro A

Équipe domicile Score Équipe extérieur
05 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
80 – 60 Strasbourg
LNB TV
06 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
76 – 71 Monaco
LNB TV
07 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
82 – 89 Strasbourg
LNB TV
08 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
83 – 94 Monaco
LNB TV
09 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
79 – 85 Le Mans
LNB TV
13 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
81 – 77 Le Mans
LNB TV
15 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
77 – 87 Le Mans
LNB TV
18 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
84 – 72 Monaco
LNB TV
20 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
69 – 78 Monaco
LNB TV
24 juin (Jeep ÉLITE - Playoffs)
74 – 76 Le Mans
LNB TV

Classement Pro A

Jeep® ÉLITE – Classement à la 34ème journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Monaco 74 25v - 9d
2 Strasbourg 71 24v - 10d
3 Le Mans 62 21v - 13d
4 Limoges 59 20v - 14d
5 Dijon 59 20v - 14d
6 Lyon-Villeurbanne 56 19v - 15d
7 Nanterre 56 19v - 15d
8 Pau-Lacq-Orthez 53 18v - 16d
9 Bourg-en-Bresse 50 17v - 17d
10 Levallois 48 16v - 18d
11 Le Portel 48 16v - 18d
12 Chalon/Saône 45 15v - 19d
13 Gravelines-Dunkerque 45 15v - 19d
14 Châlons-Reims 45 15v - 19d
15 Cholet 42 14v - 20d
16 Antibes 39 13v - 21d
17 Boulazac 36 12v - 22d
18 Hyères-Toulon 18 6v - 28d

Calendrier Pro B

Équipe domicile Score Équipe extérieur
27 mai (PROB-Playoffs Accession)
60 – 73 Fos-sur-Mer
LNB TV
28 mai (PROB-Playoffs Accession)
77 – 76 Orléans
LNB TV
30 mai (PROB-Playoffs Accession)
85 – 86 Rouen
LNB TV
02 juin (PROB-Playoffs Accession)
83 – 36 Lille
LNB TV
79 – 75 Rouen
LNB TV
04 juin (PROB-Playoffs Accession)
70 – 92 Fos-sur-Mer
LNB TV
77 – 52 Roanne
LNB TV
07 juin (PROB-Playoffs Accession)
71 – 55 Lille
LNB TV
11 juin (PROB-Playoffs Accession)
68 – 72 Fos-sur-Mer
LNB TV
14 juin (PROB-Playoffs Accession)
76 – 70 Roanne
LNB TV

Classement Pro B

PROB – Classement à la 34ème journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Blois 80 27v - 7d
2 Roanne 77 26v - 8d
3 Orléans 74 25v - 9d
4 Fos-sur-Mer 71 24v - 10d
5 Lille 68 23v - 11d
6 Saint-Chamond 65 22v - 12d
7 Nancy 56 19v - 15d
8 Rouen 50 17v - 17d
9 Evreux 48 16v - 18d
10 Denain 48 16v - 18d
11 Aix-Maurienne 45 15v - 19d
12 Vichy-Clermont 42 14v - 20d
13 Nantes 36 12v - 22d
14 Caen 36 12v - 22d
15 Quimper 33 11v - 23d
16 Poitiers 33 11v - 23d
17 Le Havre 30 10v - 24d
18 Charleville-Mézières 18 6v - 28d

Matches TV

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