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Interview –

Jordan Aboudou (Gravelines-Dunkerque) : « On veut vraiment avancer »

En progrès depuis trois matches à l’image de son équipe du BCM, Jordan Aboudou (2,01 m, 24 ans) espère continuer sur sa lancée.

Après votre dernière victoire au Havre, vous en êtes à trois victoires de suite. Comment analyses-tu ce retour au succès après une grosse période noire ?

Tout simplement parce qu’à l’entraînement on bosse super bien et malgré notre série de défaite, il n’y avait pas de manque d’envie. On a toujours eu l’envie de gagner, aujourd’hui c’est la même chose. Regardez Limoges, je ne suis pas avec eux mais ils en sont à 4 défaites d’affilée. On sait que dans un groupe qui tourne bien, à tout moment ça peut arriver. Maintenant on repart de l’avant et ça se passe super bien.

Tu dis que le groupe n’a jamais cessé de travailler mais tout de même, les chiffres parlent. On voit que depuis trois matches, vous arrivez à défendre fort à nouveau : Le Mans limité à 63 points, Lyon-Villeurbanne à 50, Le Havre à 62. On sent que vous avez fait des progrès dans ce domaine.

Oui c’est clair. Ca fait quelques matches qu’on a augmenté l’intensité défensive, surtout en deuxième mi-temps parce qu’on avait des problèmes pour attaquer les 3e quarts temps. La motivation a toujours été là et le travail qu’on fournit à l’entraînement paie.

Sur ces trois matches, deux ont été remportés à domicile, durant les fameux matches du Carnaval*. Peut-on y voir un lien ?

C’est vrai que c’est un gros événement dans le Nord. J’ai eu la chance de le connaître avec Chalon et là c’est la première fois que je le vivais en étant à Gravelines. Ca a peut-être amené un petit plus à la sauce mais je ne pense pas que ce soit grâce à cela qu’on a gagné ces matches. A Gravelines, la salle est toujours blindée et les supporters sont toujours derrière nous.

Toi qui arrives de Chalon-sur-Saône, où le public a la réputation d’être plutôt chaud, comment juges-tu celui du BCM ?

Comparée à Chalon, la salle est plus petite à Gravelines. On est très, très proche du public et ça donne encore plus envie de s’engager sur le terrain. Les supporters de Gravelines sont très, très chauds et il suffit que ça aille de l’avant deux ou trois actions d’affilée et boum, c’est parti. Le public est très chaud ici.

Avant cette période d’euphorie, vous aviez perdu neuf fois sur les dix derniers matches. Comment expliques-tu cette mauvaise passe ?

Honnêtement, on travaille toujours de la même façon à l’entraînement depuis le début de la saison. Quand on était à 7v-2d c’était avec cette équipe et quand on s’est mis à perdre c’était aussi avec cette équipe. J’ai du mal à expliquer ça, c’est très dur à analyser parce qu’on a toujours travaillé de la même façon. En plus c’est une situation qui ne m’était jamais arrivée auparavant.

Sur cette période, vous avez eu des vraies pannes d’adresse. C’est dû à la fatigue, aux défenses qui se sont adaptées ?

Je pense qu’il y a une grosse part qui est due au bon scouting de nos adversaires. Certaines équipes comme Strasbourg ont vraiment réussi à fermer notre jeu. Après, les tirs ouverts, on les avait en début de saison et on mettait dedans. Ensuite, on les avait aussi mais on ne mettait plus dedans. C’est le basket qui est comme ça mais individuellement à côté, les gars continuaient de venir à la salle et de faire leurs séances de tirs. Et mon exemple individuel est le parfait exemple : avant le match contre Le Mans, j’étais à 1/13 à 3-pts et là sur les trois derniers matches, je suis à  8/12. Ca peut arriver mais on continue de bosser. Moi, je vais à la salle et j’envoie, j’envoie… J’en parlais avec le coach et il m’a toujours dit que statistiquement, ça allait payer.

« J’en avais parlé avec le coach en début de saison et il m’avait dit que je serai prêt au mois de février »

Le BCM a retrouvé la victoire durant les matches du Carnaval. Pas forcément une coïncidence...

 

Ton match contre Le Mans, c’est celui où tu as très bien marché : 28 points à 11/12, 6 rebonds, 30 d’évaluation. Sur ce match, tu avais presque fait aussi bien en terme de scoring que sur tous tes matches précédents cette saison. Ce match a-t-il servi de déclic pour toi ?

Honnêtement, je pense que oui puisque avant cela, je revenais de blessure, et d’une blessure vraiment handicapante puisque c’était à la cheville. Mes premiers matches, je n’étais pas trop dedans physiquement, il fallait que je retrouve le rythme… En fait, c’était comme si je reprenais une préparation depuis le début. Ca a été très difficile mais je me souviens que j’en avais parlé avec le coach en début de saison et il m’avait dit que je serai prêt au mois de février. Le mois de février est arrivé, je me tenais prêt, j’ai travaillé dur et le coach m’avait dit que ça se passerait comme ça. Je devais juste attendre. C’était très frustrant pace que quand tu reviens de blessure, tu as envie d’être performant tout de suite mais tu te rends vite compte que va être beaucoup plus long que prévu. Mentalement, il faut être fort. Deux mois sans jouer au basket, c’est dur, il faut tenir.

Le plus frustrant c’est que sur la fin de saison dernière avec Chalon, tu avais été très bon, notamment en playoffs (17,3 d’évaluation durant la série contre Strasbourg). Ca t’a coupé dans ton élan ?

On peut dire ça comme ça parce qu’avec Chalon j’avais très bien fini. Après on a fait une bonne campagne avec l’équipe de France A’ cet été. Ensuite, je suis arrivé à Gravelines au top physiquement, on avait fait une bonne préparation et ça tournait très, très bien avec cette équipe. Mais on m’a toujours dit que c’est dans ces moments-là qu’on risque d’avoir un petit pépin. Pas de bol, ça m’est arrivé. Sur le coup, quand tu te blesses, c’est vraiment frustrant.

Revenons sur le BCM. Les résultats se sont inversés depuis quelques semaines mais l’équipe a aussi été remaniée, avec les départs de Lawrence Roberts et Trey McKinney-Jones et les arrivées de J.K. Edwards et Paul Harris en poste pour poste. D’après toi, l’équipe est-elle meilleure avec ces deux joueurs-là ?

Le truc c’est que Paul Harris a plus d’expérience que Trey McKinney-Jones, qui était un rookie. Un gars comme J.K. Edwards connaît très bien la France et Gravelines, donc il connaissait bien le coach. Ca, ça nous aide beaucoup. La Pro A est un championnat particulier où toutes les équipes peuvent frapper et avoir des joueurs qui connaissent ce championnat, ça peut jouer en notre faveur.

C’est ta première saison à Gravelines-Dunkerque après avoir fait toute ta carrière à Chalon, come se passe ton adaptation à ce nouveau club, ce nouvel environnement et aussi ce nouveau coach qu’est Christian Monschau ?

J’ai eu la chance d’avoir de très bons coaches, que ce soit en centre de formation avec Romain Chenaud qui a été élu une année meilleur coach espoir (en 2013). Après, j’ai eu Greg Beugnot qui m’a lancé et avec qui on a fait le triplé en 2012 ou encore après avec Jean-Denys Choulet, qui disait déjà du bien de mois à l’époque où il coachait à Roanne. J’ai eu beaucoup de chances d’avoir eu des coaches comme ça et c’est pareil avec Christian Monschau, qui donne beaucoup de confiance à ses joueurs. En plus le basket qu’il propose est un basket assez offensif, qui laisse de la liberté. Pour une équipe jeune comme nous, c’est très enrichissant.

« Le post-up, je l’ai beaucoup, beaucoup bossé avec Greg Beugnot »

Repositionné depuis peu sur le poste 4, Aboudou avait déjà travaillé le jeu poste bas à Chalon

 

Cette saison, tu alternes sur le poste 3, ton poste de formation et depuis quelques temps sur le poste 4. Comment vis-tu cette alternance ?

Tout dépend du style de jeu. Au début, quand Christian m’a positionné sur le poste 4, ça m’a fait bizarre mais avec le recul, tu te dis que c’est une bonne chose parce que de nos jours la polyvalence est très recherchée. Quand tu peux jouer sur deux postes et défendre du meneur au poste 4, c’est très enrichissant. Après, être sur le poste 4 avec Christian Monschau ça ne me dérange pas trop parce que les postes 3 et 4 se ressemblent un peu. Ce sont deux postes où on est souvent à l’extérieur à part que le poste 3 joue des picks and roll et de la transition. Dans le passé, je voulais vraiment jouer extérieur mais en fait, j’apprends d’autres choses, et je peux ramener des choses que j’ai apprises sur le poste 3 lors des mismatches. Ca ne me dérange pas du tout, au contraire, j’apprécie.

Poste 4 à Gravelines, c’est traditionnellement un poste où l’on tire beaucoup extérieur. Mais cela veut aussi dire d’aller dans la peinture, et développer du jeu au panier. Est-ce un domaine où tu te sens à l’aise ?

Si vous vous souvenez-bien à l’époque de Chalon, sur le poste 3, les systèmes étaient pour Blake Schilb  et il marquait la plupart de ses paniers au poste bas. Le post-up, je l’ai beaucoup, beaucoup bossé avec Greg Beugnot et je le maîtrisais assez bien, surtout sur ma main droite. Avec Christian, il y a beaucoup de tirs à trois-points mais je travaille aussi beaucoup sur le poste bas, parce que c’est très important et il pense que je peux dominer dans ce secteur.

Avec ta puissance et tes qualités athlétiques, tu penses être capable de t’installer durablement sur le poste 4 ?

Pour la Pro A, oui, je pense que ça peut être un avantage. Mais après, selon l’évolution de ma carrière, je pense que ça serait bien que je continue d’évoluer sur les deux postes parce que quand t’es poste 4 en Europe, tu te retrouves très vite face à des joueurs come Joffrey Lauvergne et là, la différence de taille est énorme. Donc ça peut être un plus sur la vitesse mais par rapport à la taille, en défense ça devient un gros inconvénient.

Tu parles de Joffrey Lauvergne, lui comme Clint Capela – un autre jeune sorti de Chalon – sont aujourd’hui en NBA. Et toi, qu’ambitionnes-tu pour la suite de ta carrière ?

Quand j’étais jeune joueur, il y avait ce buzz autour de moi, j’ai été aux Etats-Unis et ça s’est super bien passé. Mais aujourd’hui, je suis à Gravelines et je prends les choses comme elles viennent. C’est vrai que jouer en NBA ou dans des grands clubs européens, c’est un rêve de gosse mais il faut aussi être réaliste. Aujourd’hui je suis à Gravelines, je travaille dur et si je crois toujours en mes chances pour aller en NBA, on verra ce qu’il adviendra par la suite.

« On a l’ambition de faire les playoffs mais on n’est pas le seul club dans ce cas »

Jordan et le BCM parviendront-ils à rejoindre le Top 8 d'ici la fin de saison ?

 

Le BCM est un des clubs qui montait ces dernières années avec plusieurs saisons très performantes mais même si cela n’a jamais été concrétisé en playoffs. En plus de ça, il y avait ce projet de grande salle qui a été mis entre parenthèse avec le changement d’équipe municipale à Dunkerque. Aujourd’hui, y a-t-il toujours autant d’ambitions dans ce club d’après toi ?

Ah oui ! Quand les gens parlent ici, il y a toujours cette envie de faire du BCM un grand club. Après, ces histoires de salles, ça ne nous concerne pas vraiment. Mais niveau basket, il y a une équipe très jeune dont plusieurs joueurs se sont engagés pour plusieurs saisons et il y a vraiment l’envie de faire quelque chose de grand. En plus, et ça je veux vraiment le préciser parce qu’on n’en parle pas souvent, je pense qu’on doit faire partie des équipes de Pro A qui intègre le plus de jeunes de l’équipe espoir à l’entraînement. Et franchement, le travail effectué avec les jeunes ici à Gravelines m’a vraiment surpris.

Pour en revenir à la saison, votre mauvaise série entre fin 2014 et début 2015 vous a coûtés votre place à la Leaders Cup. Maintenant que les bons résultats reviennent, qu’espérez-vous pour la suite ?

On prend les matches week-end par week-end. On ne va pas se mentir, on a été très déçu de ne pas jouer la Leaders Cup mais maintenant, c’est derrière nous et on veut vraiment avancer. On a l’ambition de faire les playoffs mais on n’est pas le seul club dans ce cas. Je pense que ça va être une fin de saison très intéressante. Actuellement il y a 6 équipes à 11v-11d, toutes en embuscade pour les playoffs, donc ça va être serré jusqu’à la fin de saison.

Pour votre prochain match, vous affrontez Bourg-en-Bresse, l’un des deux relégables mais aussi une équipe qui revient bien et qui a gagné 3 de ses 4 derniers matches. Que penses-tu de cet adversaire ?

Ils sont très bons depuis plusieurs matches et ils tournent à 85 points sur les 4 derniers matches. J’allais dire que ça allait être un match offensif mais non parce que nous on veut avant tout bien défendre. Mais ça va être un match très intéressant parce que 85 points par match, ça n’est pas anodin et puis il y a leur nouveau meneur, Jordan Theodore, qui leur fait vraiment du bien.

Quand on s’apprête à jouer une équipe très offensive comme Bourg, est-on tenté de privilégier l’attaque ou la défense ?

Il faut défendre ! Si on veut jouer un basket offensif avec une équipe qui est déjà offensive, ça risque de faire un match pour le coup vraiment très offensif, où tout se joue sur l’adresse. Donc ce match, si on veut le gagner, il faut le gagner en défense, c’est clair et net.

*Le Carnaval de Dunkerque se déroule tous les ans sur l’ensemble de l’agglomération dunkerquoise entre les mois de janvier et mars, la célébration se déplaçant quartier par quartier chaque week-end. Durant cette période, le BCM organise plusieurs « matches du Carnaval » où l’entrée est gratuite pour toutes personnes déguisées.

par LNB
Source: Alain Christy

Betclic Game Center

Calendrier Pro A

Équipe domicile Score Équipe extérieur
24 mars (24ème journée)
77 – 68 Le Portel
LNB TV
61 – 52 Antibes
LNB TV
25 mars (24ème journée)
71 – 80 Monaco
LNB TV
69 – 76 Pau-Lacq-Orthez
LNB TV
82 – 74 Lyon-Villeurbanne
LNB TV
67 – 88 Gravelines-Dunkerque
LNB TV
78 – 68 Nancy
LNB TV
26 mars (24ème journée)
84 – 60 Chalon/Saône
LNB TV
27 mars (24ème journée)Pariez
20:30 Paris-Levallois
31 mars (25ème journée)Pariez
20:00 Orléans

Classement Pro A

PROA – Classement à la 24ème journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Monaco 88 21v - 3d
2 Pau-Lacq-Orthez 75 18v - 6d
3 Chalon/Saône 71 17v - 7d
4 Nanterre 67 16v - 8d
5 Strasbourg 63 15v - 9d
6 Paris-Levallois 61 14v - 9d
7 Gravelines-Dunkerque 59 14v - 10d
8 Lyon-Villeurbanne 50 12v - 12d
9 Limoges 48 11v - 12d
10 Le Portel 46 11v - 13d
11 Le Mans 46 11v - 13d
12 Châlons-Reims 38 9v - 15d
13 Dijon 38 9v - 15d
14 Hyères-Toulon 38 9v - 15d
15 Cholet 34 8v - 16d
16 Antibes 30 7v - 17d
17 Orléans 30 7v - 17d
18 Nancy 25 6v - 18d

Classement Pro B

PROB – Classement à la 24ème journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Bourg-en-Bresse 71 17v - 7d
2 Fos-sur-Mer 67 16v - 8d
3 Lille 63 15v - 9d
4 Blois 59 14v - 10d
5 Le Havre 55 13v - 11d
6 Charleville-Mézières 55 13v - 11d
7 Boulazac 55 13v - 11d
8 Poitiers 50 12v - 12d
9 Nantes 50 12v - 12d
10 Evreux 50 12v - 12d
11 Denain 46 11v - 13d
12 Saint-Quentin 46 11v - 13d
13 Rouen 46 11v - 13d
14 Saint-Chamond 42 10v - 14d
15 Roanne 42 10v - 14d
16 Aix-Maurienne 38 9v - 15d
17 Boulogne-sur-Mer 38 9v - 15d
18 Vichy-Clermont 34 8v - 16d

Matches TV

BILLETTERIE

  • Gravelines-Dunkerque
    Monaco

    PROA, 25ème journée

    Le 01 avril 2017 à 18h30

    A partir de 8,90€

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  • Dijon
    Limoges

    PROA, 25ème journée

    Le 31 mars 2017 à 20h30

    A partir de 8€

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  • Le Portel
    Orléans

    PROA, 25ème journée

    Le 31 mars 2017 à 20h00

    A partir de 7,50€

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  • Bourg-en-Bresse
    Boulazac

    PROB, 25ème journée

    Le 31 mars 2017 à 20h00

    A partir de 9€

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  • Lille
    Saint-Chamond

    PROB, 26ème journée

    Le 04 avril 2017 à 20h30

    A partir de 0€

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  • Nantes
    Charleville-Mézières

    PROB, 25ème journée

    Le 31 mars 2017 à 20h00

    A partir de 6,60€

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  • Le Havre
    Rouen

    PROB, 25ème journée

    Le 01 avril 2017 à 20h00

    A partir de 10€

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