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Interview –

Antoine Diot (Strasbourg) : « Je me sens très bien »

Très en verve depuis plusieurs semaines, Antoine Diot (1,93 m, 25 ans) est pour beaucoup dans la première place de la SIG au classement.

Samedi dernier, vous receviez Roanne, avant-dernier, en position de leader au classement. On aurait donc pu s’attendre à une victoire facile de Strasbourg et pourtant, vous avez beaucoup souffert pour l’emporter (66-65). Comment expliques-tu cela ?

Je pense déjà que Roanne a fait un très, très gros match, sur ce match, Roanne ne mérite pas sa place d’avant-dernier. Ils nous ont très bien contrés, ils ont vraiment déroulé leur jeu et c’est un peu eux qui ont dicté le rythme du match, ça nous a beaucoup gênés. A cela, il faut rajouter quelques erreurs de notre côté et le tout fait que ça a été un match très difficile.

Toujours est-il qu’avec cette victoire, vous avez quasiment enlevé toutes chances à Roanne de se maintenir. Est-ce quelque chose à laquelle on pense tout de même un peu ?

Oui, c’est sûr que c’est toujours difficile surtout que la plupart d’entre nous a des connaissances avec des gens de Roanne. Chacun sait que ce club a fait de très belles choses pour la Pro A alors les voir descendre fait qu’on a une pensée pour eux, très clairement. On a presque fait descendre un club qui il y a sept ans était champion de France donc forcément, ça fait quelque chose.

En revanche, cette victoire vous permet de conserver une petite avance sur les poursuivants. Dans un championnat aussi serré, est-ce vraiment significatif d’après toi ?

Etre premier, non. Mais avoir l’avantage du terrain pour les playoffs, c’est le plus important. Dans ce championnat, la première place ne veut rien dire parce que si tu perds deux, trois fois de suite, tu peux te retrouver en dehors des playoffs et à l’inverse, il suffit de gagner quelques matches de suite pour être premier. Mais ça va être important pour les playoffs, l’avantage du terrain est toujours un atout. Maintenant, comme on l’a vu contre Roanne, on n’a aucune marge sur personne donc il va falloir mettre les bouchées doubles pour les playoffs et continuer à progresser comme on le fait ces dernières semaines.

Au moins, vous, depuis deux semaines, vous êtes sûrs de faire les playoffs. C’est déjà une pression en moins.

Ah oui ! Dans ce championnat un peu fou-fou, le fait d’être sûr d’être en playoffs enlève une pression. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut arrêter de bosser, bien au contraire, pour surfer sur cette vague positive sans oublier les périodes de doutes qu’on a eues.

Les périodes de doutes, justement. Vous en avez connu une juste après la Leaders Cup avec trois défaites successives en championnat. Or depuis ça, vous restez sur victoires de suite en championnat. Avez-vous l’impression de jouer votre meilleur basket de la saison ?

C’est vrai qu’on joue très bien au basket. Il reste encore pas mal de points à améliorer, quand on va arriver sur les matches cruciaux tout se jouera sur les petits détails mais c’est vrai qu’on joue de mieux en mieux, notamment offensivement où on se trouve de plus en plus. Et notre défense est plutôt cohérente. Mais encore une fois, ce n’est pas parce qu’on a bien joué pendant six semaines qu’on peut s’arrêter de travailler. Je pense par exemple qu’on n’est pas l’équipe la plus physique du championnat donc il faut qu’on continue de bien se passer la balle pour pallier ce « manque » de qualités physiques, si on peut appeler ça comme ça.

« Je sais que j’ai beaucoup de responsabilités dans cette équipe »

 

Peu de monde arrive à contenir Antoine Diot cette saison

 

Avec la perte d’Alexis Ajinça fin 2013 et celle de Ricardo Greer fin février, on aurait pourtant pu craindre que l’équipe en pâtisse. Or il n’en est rien, si on se contente des résultats bruts, vous semblez même plus fort dans la configuration actuelle.

On a quand même eu des contrecoups à chaque fois sur ces départs. Mais c’est vrai que le club a été assez intelligent pour recruter des mecs humainement très bien et sportivement très intelligents pour s’adapter à l’équipe et non l’inverse. Je pense que Bootsy Thornton et David Andersen rentrent dans notre collectif de la meilleure des manières donc il faut les remercier de s’être intégrés si bien. En plus de cela, je pense que notre élimination en coupe d’Europe nous a laissé du temps pour bien travailler à l’entraînement et quand on connaît le jeu de Vincent Collet qui se joue sur les détails, ça fait la différence.

Dans votre série actuelle, tu as joué un très grand rôle puisque tu enchaînes les grosses performances individuelles (16,0 points, 4,0 rebonds et 9,0 passes décisives pour 24,0 d’évaluation sur les 6 dernières journées). Tu te sens en grande forme ces derniers temps ?

Oui, ne serait-ce qu’au niveau de la forme physique, je me sens très bien. Je n’ai plus aucun pépin physique, je me fais plaisir et quand on se fait plaisir, ça se ressent. Mais je sais très bien qu’il peut y avoir des matches sans et j’ai entièrement confiance en mes coéquipiers pour prendre le relai.

Tu as d’ailleurs été nominé pour le titre de joueur du mois de mars qui a finalement été remporté par Adrien Moerman, de Limoges. Est-ce une déception de ne pas avoir été élu et penses-tu que tu l’aurais mérité ?

Non, ce n’est pas une déception. Est-ce que je l’aurais mérité ? Ce n’est pas à moi de le dire. Mais il ne faut pas se mentir, si je l’avais reçu, j’aurais été bien évidemment très content parce que c’est une petite reconnaissance. Mais c’est loin de mes priorités, je préfère troquer douze trophées de joueur du mois contre le titre à la fin.

Si on se penche un peu sur la globalité de ta saison, on voit que tu es monté en régime depuis le départ d’Alexis Ajinça. Y vois-tu un lien de cause à effet ?

Oui, c’est parce qu’Alexis, je ne l’aimais pas ! (Rires) Non je rigole bien sûr… Je ne sais pas. A mon avis ça n’a rien à voir avec le fait qu’Alexis soit là ou pas, je pense qu’en début de saison je n’étais pas à 100% physiquement. Je m’entendais bien évidemment très bien avec Alexis, sur et en dehors du terrain et je pense que j’aurais fait la même fin de saison s’il avait été là.

Ce qui est incontestable en revanche, c’est que tu es le leader statistique de Strasbourg cette saison. Te considères-tu vraiment comme le leader tout court ? Le go-to guy, comme on dit aux Etats-Unis ?

Non. Je sais que j’ai beaucoup de responsabilités dans cette équipe mais encore une fois, c’est dans un collectif, jamais on va me filer la balle et me dire : maintenant tu te démerdes. Si j’ai des responsabilités c’est parce que l’équipe travaille pour et si j’étais dans une période un peu moins bien, on trouverait d’autres relai. En ce moment, c’est moi qui ai les shoots ouverts mais ce n’est pas dit que ce soit le cas demain.

« Beaucoup d’adversaires viennent me saluer mais je ne pense pas qu’ils me fassent de cadeaux sur le terrain pour autant »

 

Antoine est devenu l'un des leaders offensifs de Strasbourg

 

Penses-tu tout de même que ton titre de champion d’Europe remporté en septembre avec l’équipe de France a changé ton statut ? Ta confiance ?

Oui, forcément. Au niveau de la confiance, ça aide énormément. Maintenant je pense que c’est un gros atout, ça m’a peut-être un peu desservi en début d’année parce qu’il a fallu retomber de son petit nuage mais c’est sûr que tu es plus confiant après une aventure comme ça.

Et au niveau des adversaires, des arbitres, ressens-tu un changement à ce niveau-là ?

Je ne sais pas, c’est à eux qu’il faut le demander. Concernant les arbitres, je pense que ça va mieux depuis que j’arrête de leur parler. Après, tout le monde respecte ce qu’on a fait avec l’équipe de France, j’ai beaucoup d’adversaires qui viennent me saluer mais je ne pense pas qu’ils me fassent de cadeaux sur le terrain pour autant. Et c’est normal. Quand je revois Florent Pietrus, je suis le premier à lui mettre un coup et lui le premier à m’en mettre un.

Si ta saison est très bonne jusqu’à présent, elle était encore meilleure l’année dernière avec le Paris-Levallois d’un point de vue purement statistique. En revanche, les résultats collectifs n’étaient pas les mêmes. Du coup, on imagine qu’il n’est nul besoin de te demander laquelle des deux est la plus aboutie…

Ce sont des saisons totalement différentes. L’année dernière, je revenais de blessure et puis on a connu une saison un peu particulière. On était premier au classement en décembre et il ne fut pas oublier qu’on a gagné un titre (la Coupe de France). Mais je ne pense pas qu’il faille comparer.

Pour le moment, tu fais partie des meilleurs français du championnat à l’évaluation et ton équipe est première au classement. En général, ce sont des caractéristiques que l’on retrouve chez un MVP. Est-ce un objectif pour toi cette saison ?

Non, encore une fois ce serait une très bonne reconnaissance de l’avoir mais je pense que beaucoup de joueurs peuvent y prétendre. Edwin (Jackson) fait une saison remarquable, Amara (Sy) aussi, Adrien (Moerman) c’est pareil, Nobel (Bougou-Colo), Andrew (Albicy)… Je pourrais en citer encore beaucoup. C’est sûr que l’avoir serait un honneur mais pour moi, le but ultime reste le titre.

Entre ta très bonne saison, ta relation avec Vincent Collet et la probable absence de Tony Parker cet été en équipe de France, n’est-ce pas l’occasion pour toi de prendre encore plus de place en Bleu cet été ?

C’est clair. Je pense qu’effectivement, le poste de meneur sera plus ouvert avec l’absence de Tony donc à moi de faire mes preuves. Mais rien n’est acquis. Thomas Heurtel fait une saison extraordinaire avec Vitoria, il va vouloir lui-aussi prouver des choses. Je pense aussi à Fabien Causeur, à Andrew Albicy qui font tous de très bonnes saisons. Il va falloir se battre pour le bien de l’équipe de France. Je pense que c’est très bien quand il y a des concurrents, ça veut dire que l’équipe est très forte.

Tu pars tout de même avec un avantage. Andrew Albicy n’était pas là l’année dernière et Thomas Heurtel jouait beaucoup moins que toi.

Oui mais la hiérarchie change d’année en année. Il faut continuer à bosser. J’apporterai ce que j’ai apporté l’an dernier, peut-être avec plus de responsabilités mais ça ce n’est pas à moi de le dire, ce sera à Vincent (Collet) de mettre en place les choses pour que l’équipe de France soit la plus forte possible.

Il y a trois ans, en 2011, tu n’étais pas passé loin de signer à Fuenlabrada, en Espagne, mais ça ne s’était finalement pas fait. Aujourd’hui, est-ce toujours un objectif pour toi de partir jouer à l’étranger un jour ?

Oui, c’est toujours un objectif si j’ai l’occasion d’être dans une grosse équipe d’Euroleague. C’est toujours mon objectif, ça n’a pas changé mais il faut prendre les étapes les unes après les autres. J’ai appris à relativiser avec ma blessure au dos donc pour l’instant je suis concentré sur la fin de saison. Il ne faut pas faire de plans sur la comète. Mais c’est clair que je regarde presque tous les matches d’Euroleague qui passent à la télé, pourquoi pas la NBA non plus. Mais je me sens très, très bien à Strasbourg et j’espère vraiment remporter le titre avec ce club pour, pourquoi pas, rejouer l’Euroleague la saison prochaine avec la SIG.

« Le poste de meneur sera plus ouvert en équipe de France avec l’absence de Tony Parker donc à moi de faire mes preuves »

 

Avec Vincent Collet, également son entraîneur à la SIG, Antoine Diot a remporté l'or au dernier Euro

 

Revenons à Strasbourg justement. Vous avez été éliminés en Coupe de France et à la Leaders Cup et vous n’êtes pas parvenus à vous extraire de votre groupe, ni en Euroleague, ni en Eurocup. Du coup, il ne vous reste « plus » que le titre de champion de France pour remporter un trophée. Considèrerais-tu la saison comme « ratée » si tel n’était pas le cas ?

Oui et non. On avait une très belle équipe mais il ne faut pas oublier qu’il y a eu beaucoup de remaniements et ce ne sont pas choses qui sont évidentes. Et encore une fois, beaucoup de clubs peuvent prétendre à beaucoup de trophées en début de saison, c’est un championnat très dense, il n’y a pas de favori, il faut se battre journée après journée. Il est clair que l’objectif est le titre mais il va falloir se battre pour y arriver. Alors oui, ce serait une saison décevante mais il ne faut pas oublier les bonnes choses qu’on a faites non plus.

Etant donné que le classement est très, très serré, ne risque-t-on pas de voir de nombreuses surprises en playoffs, un peu comme ce fut le cas en NBA ces derniers jours ?

C’est sûr et certain ! Même les années où le championnat n’est pas aussi serré, il y a quand même des surprises en playoffs donc je ne vois pas pourquoi ce serait différent, encore plus avec un classement extrêmement serré. C’est pour ça qu’il faut être prêt et même si on finit premier, le 8e ne sera pas forcément un cadeau et on ne sera pas forcément favori. Je pense à une équipe comme Nanterre qui reste le champion. L’équipe qui tombera contre Nanterre s’ils arrivent à se qualifier… Le favori serait peut-être l’équipe la moins bien classée finalement.

Tu n’étais pas à Strasbourg l’année dernière mais tu as joué contre eux et tu as vu bon nombre de leur match. D’après toi, l’équipe de cette année est-elle plus fort que sa devancière, qui avait atteint la finale l’année dernière ?

J’en ai aucune idée. Je pense qu’on a peut-être plus de talent offensif cette année mais ils ont fait de très belles choses l’année dernière. C’est difficile de comparer les années, on a connu des équipes très talentueuses qui s’effondraient parce que le collectif n’était pas bien et des équipes peut-être moins fortes sur le papier mais qui se sublimaient sur les gros matches. Mais on ne se focalise pas sur l’année dernière.

Avant les playoffs, il y a la saison régulière à terminer. Pour vous, cela passe par un match à Dijon, seule équipe encore invaincue dans sa salle. Qu’est-ce qui fait que ton équipe peut réussir là où toutes les autres ont échoué ?

En continuant sur notre lancée. On a un capital-confiance élevé en ce moment, Dijon est une équipe qui défend très bien à la maison donc il va falloir se passer le ballon pour trouver nos shooteurs qui sont en confiance ces derniers temps. Dijon est très fort à domicile parce qu’ils arrivent à imposer leur rythme défensif comme offensif, à nous d’imposer le nôtre.

Lors de leur dernier match à domicile, contre Limoges (81-69), il y a eu un début de polémiques avec plusieurs déclarations côté limougeaud sur l’arbitrage supposé clément dont bénéficierait Dijon à la maison. Est-ce un paramètre à prendre en compte ou bien ces déclarations ont-elles été simplement dites sur le coup de la défaite d’après toi ?

Il faut jouer au basket, il ne faut pas s’occuper des arbitres. On en revient à ce que je disais tout à l’heure : depuis que je ne parle plus aux arbitres, je suis meilleur. Le coup de sifflet, il est pris de toute façon et il est ce qu’il est, on n’a pas de jugement à avoir. Il ne faut donc pas s’occuper de l’arbitrage.

par LNB

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Calendrier Pro A

Équipe domicile Score Équipe extérieur
25 septembre (1ère journée)
73 – 71 Strasbourg
LNB TV
26 septembre (1ère journée)
75 – 70 Dijon
LNB TV
30 septembre (2ème journée)Pariez
20:30 Hyères-Toulon
01 octobre (2ème journée)Pariez
18:30 Limoges
19:00 Chalon/Saône
20:00 Orléans
20:00 Pau-Lacq-Orthez
20:00 Le Portel
20:00 Châlons-Reims
02 octobre (2ème journée)Pariez
18:30 Lyon-Villeurbanne

Classement Pro A

PROA – Classement à la 1ère journée
Pos Équipe % Victoire Résultats
1 Chalon/Saône 100 1v - 0d
2 Nanterre 100 1v - 0d
3 Monaco 100 1v - 0d
4 Antibes 100 1v - 0d
5 Hyères-Toulon 100 1v - 0d
6 Paris-Levallois 100 1v - 0d
7 Limoges 100 1v - 0d
8 Pau-Lacq-Orthez 100 1v - 0d
9 Le Mans 100 1v - 0d
10 Strasbourg 0 0v - 1d
11 Cholet 0 0v - 1d
12 Dijon 0 0v - 1d
13 Nancy 0 0v - 1d
14 Gravelines-Dunkerque 0 0v - 1d
15 Châlons-Reims 0 0v - 1d
16 Lyon-Villeurbanne 0 0v - 1d
17 Le Portel 0 0v - 1d
18 Orléans 0 0v - 1d

Calendrier Pro B

Équipe domicile Score Équipe extérieur
27 septembre (Disneyland Paris Leaders Cup PROB)
73 – 86 Nantes
LNB TV
87 – 83 Aix-Maurienne
LNB TV
67 – 61 Vichy-Clermont
LNB TV
66 – 74 Evreux
84 – 69 Charleville-Mézières
93 – 87 Lille
LNB TV
30 septembre (Disneyland Paris Leaders Cup PROB)Pariez
20:00 Charleville-Mézières
20:00 Aix-Maurienne
20:30 Evreux
01 octobre (Disneyland Paris Leaders Cup PROB)Pariez
20:00 Vichy-Clermont

Classement Pro B

PROB – Classement à la
Pos Équipe % Victoire Résultats

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